L. T. Tougas, Commissaire-Ordonnateur
contre se fit sous les auspices du curé, dans les murs mêmes de Notre-Dame.
A la Société Saint-Jean-Baptiste de Notre-Dame, longue vie, prospérité toujours croissante, couronne de bonnes œuvres. (*)
Société Saint-Hyacinthe.—Elle fut fondée le 14 mai 1868, compta dans ses meilleurs jours 57 membres, et fut close le 13 février 1870. (+)
Nous citons avec bonheur les belles paroles dont la Société Saint-Hyacinthe fit son préambule ;—“ De tous les dangers qui menacent la foi et les mœurs des Catholiques dans les Etats- Unis, nous n'en connaissons pas un qui nous paraisse plus à craindre que celui du respect humain. Seul, il a perdu peut-être plus d’âmes et causé plus de maux que tous les autres réunis. Comme il ne se présente d’abord que sous les apparences d’une simple complaisance, d’une concession facile et sans conséquence, il effraie peu, et l’on ne manque pas de prétextes pour céder à ses exigences. Mais, hélas ! avec quelle déplorable rapidité ne nous fait-il pas ensuite perdre peu à peu les éléments mêmes de la piété ! On cède une seconde fois, parce qu’on a cédé une première ; chaque nouvelle faiblesse est une chaine qui nous lie. Après s'être contenté de sourire à un propos contre la religion, on y applaudit ensuite ouvertement ; peu après on se le permet à soimême. La gravité d'un danger qui menace tant de personnes à la fois, nous a frappés, «et nous avons cru répondre à un besoin
(*) Les officiers actuels de la Société sont :—«
MM. P. L. Piquet, Président.
J. Marchessault, ler Vice-Président, ; P. D. Lajoie, 2nd Vice-Président.
L. Allen, fils, Secrétaire-Archiviste, J. Granger, Secrétaire-Financier.
Ed. Lecours, Ass.-Secrét.-Financier.
A. B LeBlanc, Secrétaire-Correspondant.
N. Boulé, Secrétaire-Trésorier.
G. N. Reid, Commissaire-Ordonnateur.
Ed. Rochette, F. X. Gosselin, Jos. Lajoie, Jos. Bleau, L. H. Rocheleau, Directeurs,
(t) Les fondateurs furent :—
MM. Edouard Lafaille, Président.
Frédéric Allen, Vice-Président.
Moïse Allen, Secrétaire-Archiviste,
Joseph Bellerose, Assistant-Secrétaire.
Paul Langlois, Trésorier.
P. A. Lemay, Trésorier-Collecteur.
Tréflé Boudreau, Assistant-Collecteur,
MM. Narcisse Giroux, Alphonse Allen, J. B. Allen, Parfait Allen, Louis Lan-
glois, du Comité de Régie; MM. Nazaire Lucier, Parfait Provost, Chs. Fontaine, J. B. Verner, Alphonse Duquet.
de nos compatriotes des Etats-Unis, en formant la constitution et les règles de la Société Saint-Hyacinthe. Cette société sera comme un stimulant pour tous les catholiques, en les encourageant à être franchement ce qu’ils doivent être : c’est-à-dire catholiques et Canadiens dans l’âme.”
En effet, aucune société ne fut plus catholique que la Société Saint-Hyacinthe ; aucune n'a jamais montré un meilleur esprit. Elle a réellement Passé en faisant le bien, non-seulement à ses membres, mais encore à des compatriotes nécessiteux qu'elle a assistés jusqu’à leurs derniers moments, pour qui elle a fait offrir le sacrifice de propitiation. Ce bien demeure.—Lors de sa dissolution, elle remit à Notre-Dame ses archives, sa bannière, son trésor, de $197.00. Le magnifique ostensoir de Notre- Dame restera comme un monument de sa foi. Ceux qui ont appartenu à la Société Saint-Hyacinthe se rappellent avec bonheur que c’est le jour de leur fête patronale, le 11 septembre 1869, que le nouveau missionnaire canadien, curé de Notre- Dame, chanta sa première messe, dans l’église de Sainte-Anne, le lendemain de son arrivée à Worcester. Il y a là, ce nous semble, un privilége, une récompense, un souvenir qui ne s’efface pas.
Le Club dramatique.—Nous aimons à faire mention spéciale du “ Club dramatique Canadien-Français” de Worcester, parce qu'il a généreusement contribué à l’œuvre de Notre-Dame, et procuré plus d’une fois à la paroisse d’agréables et joyeux moments. Nous aimons ces utiles et douces récréations d’un peuple qui travaille. Honneur aux jeunes gens qui savent les lui donner, et trouver dans les nobles exercices littéraires, l'aliment dont a besoin leur vive énergie.
Le Club dramatique, fondé le 1er décembre 1869, (*) a donné
(*) Voici les noms des fondateurs :—
MM. Zélipha La Flotte.
Ferdinand Gagnon.
E. Fauteux.
Joseph Olivier.
Alfred Lalime. Eugêne Lalime.
G. Arthur Demers.
Herménégilde Couture.
Napoléon Olivier.
Horace Olivier.
Les premiers officiers furent :—
MM. Zélipha La Flotte, Directeur.
Ferdinand Gagnon, Régisseur.,
six ou sept soirées au profit de Notre-Dame et offert à l'église un cadeau de $227.00.
Le Corps de Musique Canadien.— date de l'année 1868.
Les instruments qu’il possède ont coûté $700.00.
Sous la direction de monsieur Baribault, le Corps de Musique Canadien a noblement joué son rôle. Il a relevé chaque année l'éclat de la Saint-Jean-Baptiste et des grandes solennités de Notre-Dame. (*)
L'Etendard National. —Nous saluons avec bonheur l'Æfendard National.
C'est un nom plein de sympathie.
C'est un rôle patriotique.
L'Etendard National n'est pas étranger à Notre-Dame-des- Canadiens de Worcester. C'est là en effet qu'il fut fondé, le 10 novembre 1869, par une sociêté d'actionnaires, et qu’il s'imprima jusqu’au 10 novembre 1870.
Monsieur F. Gagnon, écuier, avocat, en était le gérant et le rédacteur.
Monsieur F. Houde, aujourd’hui rédacteur de l'Avenir National de Saint .sfbanc fut aussi, pendant quelques mois, attaché à sa rédaction.
Lorsqu'il fut réuni à l'Opinion Publique de Montréal, le 10 novembre 1870, l'Etendard National comptait 750 abonnés.
Joseph Olivier, Trésorier.
Les messieurs suivants firent aussi partie du Club :—
MM. Jean-Baptiste Olivier.
Félix B. Olivier.
Joseph Tougas.
Adrien D. Girardin.
Alf. Tisdelle.
Ant. Tisdelle.
Jos. Labrecque.
F. Houde.
(*) Il a compté parmi ses membres les plus actifs :—
M. Alex Baribault, Directeur.
MM. Arthur Dion.
Théoph. Lamoureux.
Jos. Granger.
Sem, Pilette.
Damase Lajoie.
Alp. Allen.
Fr. Allaire.
F. X. Raymond.
Godf. Aussand.
IOI
Il en compte aujourd'hui 3,276.
Monsieur F,. Gagnon continue à le rédiger.
Nous devons à l'Etendard National l'histoire de plusieurs faits relatifs à Notre-Dame.
Un mot de la presse canadienne aux Etats-Unis.—On dit que la presse, en général, est une puissance. Celle dont nous parlons en particulier, n'a pas encore atteint cette hauteur. Mais elle est jeune, et ce qu'elle a fait déjà doit allumer dans son cœur d’heureuses.ambitions.
Quant au domaine de cette jeune institution, il est immense comme la terre où elle habite. Oui, elle peut jeter ses regards du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, par-delà les fleuves et les montagnes, et sur tous les points, elle est certaine de retrouver les siens, enfants de la rnême patrie, au milieu desquels elle doit être bien venue à poser le pied et faire entendre sa voix.
Sa mission est belle :—Relier les groupes dispersés, apporter à chacun d'eux, avec l’enseignement de la vérité et du bien, les joies et les douleurs des autres ;—rendre en quelque sorte les frères présents à leurs frères, les unir étroitement, leur inspirer force, courage, confiance ;—s’occuper de leurs intérêts ;—parler aussi, et beaucoup, de la patrie lointaine, en réchauffer dans toutes les poitrines le souvenir et l'amour ;—par-dessus tout garder vive et ferme au fond des cœurs, contre les séductions de la parole et de l'exemple, la foi de nos pères, la seule vraie, la seule bonne, la seule qui ait les promesses de la vie présente et de celle qui sera.
Devant elle est une riche moisson. Ce n’est pas en effet, aux limites du Canada que s'arrêta la brillante activité de nos pères. Elle a franchi les espaces.— Partout, en Amérique, dans les villes, aux sources des fleuves, au sein des forêts, dans les vastes plaines, nos aïeux ont imprimé leurs traces ; et là, il y a du sang, des os, de la bravoure, de l’audace, de l’héroisme qui nous appartiennent.
Recueillons ce qui est à nous.
Dirions-nous trop, aussi, si l’histoire même de tant de colonies canadiennes, les épreuves et les exploits de ceux qui travaillent aujourd’hui méritaient d’être enregistrés, et d'échapper à l'oubli ?
C'est à la presse canadienne des Etats-Unis qu'il appartient, dans une large mesure, de creuser le sol riche, et de recueillir la moisson à mesure qu’elle arrive à maturité.
Nous serait-il permis d'ajouter qu'il devrait y avoir une plus large communication de pensées et de souvenirs, par la presse même, entre les frères de la patrie et ceux de l'étranger. La ligne géographique ne saurait y faire obstacle. Le sang & cœur
ne reconnaissent pas cette barrière. Il en résulterait du bien, gi de sympathie, une union plus étroite et de bon augure pour ’avenir.
Tel est, à nos yeux, le rôle de la puissance dont nous parlons. Il est noble et patriotique.
Oui ! Dieu protége la presse canadienne ! Puisse-t-il, groupant toutes les forces de son peuple en un seul faisceau, en faire un jour, et bientôt, dans toute la rigueur de l'expression, une Puissance pour le bien.
Nous ne ferons pas d’allusion aux travaux historiques exécutés et conduits à bonne fin, parmi nous, par des hommes dont les noms nous sont chers et n'ont pas besoin d'être rappelés.
Nous devons cependant nommer ici, et avec reconnaissance, à côté de l’Etendard National, le Courrier de l'Illinois et V' Avenir National. Et c'est de toutes les forces de notre âme que nous faisons appel à nos frères des Etats-Unis, pour leur dire: Aimez, protégez, encouragez la presse qui travaille au milieu de vous. Nous sommes, croyons-nous, plus de 600,000 ; il est reconnu que la population canadienne lit plus aux Etats-Unis, qu'au Canada.
On a donc le droit de compter sur élle.