‹ Notre-Dame-des-canadiens et les Canadiens aux États-UnisChapitre 29 sur 46 · RESOLUTIONS · texte numérisé non relu

RESOLUTIONS

Adoptées par les délégués à la septième Convention nationale des Canadiens émigrés :

Considérant que les avantages et la nécessité pour un peuple d’avoir à son service une presse bien inspirée et vraiment éclairée, dirigée par des hommes instruits et bien disposés, sont compris par tous les délégués et tous leurs constituants ;

Considérant que la supériorité et le mérite relatif d’une presse nationale, ayant spécialement en vue les besoins et l’avenir de la population canadienne des Etats-Unis, sont également indéniables ;

Considérant que nombre de journaux, hostiles à notre religion propagent chaque jour des objections, des attaques et des préjugés contre la religion catholique romaine, et qu’il est indispensable d'opposer une digue à ce torrent d’impiété, d’ignorance et de mauvaise foi ;

Considérant que notre presse nationale des Etats-Unis est plus immédiatement en rapport avec ces journaux et ces pamphlets, et se trouve par là même plus en état que tout autre de rétablir et de défendre la vérité, d’affermir la foi et de conserver pures les mœurs et les traditions nationales ;

Résolu que nous approuvons la conduite sage et patriotique de notre presse canadienne des Etats-Unis ; reconnaissons les grands services qu’elle a rendus à la cause nationale et religieuse, et recommandons fortement à nos compatriotes de donner à nos journaux canadiens des Etats-Unis l’appui et l’encouragement mérités, et ce, de préférence à tous les autres journaux qui, quoique bien inspirés, ne sont pas aussi exclusivement publiés dans les intérêts nationaux et religieux des Canadiens émigrés.

Considérant que pour maintenir et améliorer notre position sociale, au milieu des nationalités étrangères qui nous environnent, il faut, non-seulement le respect de soi-même et des talents naturels ; mais de plus une instruction anglaise et française solide et spécialement adaptée à notre condition exceptionnelle de Français vivant dans un pays, où la langue anglaise est officielle et dominante ;

Considérant que la génération des Canadiens aux Etats-Unis, court beaucoup plus de dangers de perdre sa nationalité, sa langue et ses mœurs que celle née et élevée au Canada ;

Considérant que le seul et infaillible moyen pour cette nouvelle génération de rester canadienne-française est de parler et d’apprendre notre belle langue maternelle, de lire nos journaux canadiens et notre littérature nationale ;

Considérant que pour arriver à ce résultat si nécessaire au maintien de la nationalité canadienne-française aux Etats-Unis, il est urgent de posséder dans chaque centre important des écoles publiques où la langue française puisse être enseignée aux jeunes Canadiens :

Résolu que nous conjurons fortement tous les Canadiens des grands centres favorisés de la fortune, de travailler sans retard et énergiquement à l’établissement d’écoles françaises publiques ; que nous conjurons aussi fortement les autres centres, moins populeux, moins fortunés ou occupés déjà à de grandes œuvres religieuses et patriotiques, d'établir des écoles françaises du soir pour les adultes et les enfants, et d’avoir au moins une école du jour régulière, pendant les grandes vacances de l’été.

N. B. Pour arriver à ce résultat inappréciable, nous croyons pouvoir compter, à l’avenir comme par le passé, sur l’initiative et la coopération intelligente, dévouée et active du clergé.

Considérant qu’il est très regrettable que les Canadiens émigrés n’aient aucune participation officielle à la régie des affaires publiques et locales en ce pays ;

Considérant que, pour assurer le succès de nos œuvres nationales et religieuses, il est indipensable que nous obtenions par le droit de vote une valeur réelle auprès du gouvernement américain ;

Considérant que la naturalisation seule peut nous octroyer avec le titre de citoyen américain tous les préviléges qui en ressentent, le droit de vote, de protection, de propriété, etc., et l’influence morale, efficace dans toutes questions et mesures où les intérêts canadiens sont plus ou moins en jeu :

Résolu que les délégués de cette convention sont d’opinion qu’il est à peu près indispensable et qu’ils demandent, pour la prospérité matérielle, sociale et religieuse des canadiens émigrés, que ceux d’entre nous qui doivent demeurer aux Etats-Unis, s’empressent de devenir citoyens américains, et que les indécis fassent au moins application à cet effet, pour être plus tôt en demeure de se faire naturaliser selon leur désir.

Considérant que notre condition matérielle est encore très-

précaire et que nous avons à compter avec des compétiteurs très-intelligents et très puissants ;

Considérant qu’aux Etats-Unis encore plus qu’ailleurs, il est nécessaire d’économiser pour prendre possession du sol et assurer son existence contre les hasards de la fortune et les accidents de tous genres ;

Résolu que cette Convention, éclairée par l’expérience du passé, recommande spécialement l’établissement de sociétés de secours mutuels, les assurances sur la vie et contre les accidents, l’application des économies à l’acquisition de propriétés foncières, ici ou en Canada, un support mutuel, vraiment libéral et à peu près exclusif entre tous les membres de la communauté canadienne-française.

Considérant les services immenses rendus par les sociétés canadiennes de secours mutuels, à notre religion et à la nationalité canadienne-française ;

Considérant que la prospérité et le complet succès de l’Union des sociétés décupleront la force de ces associations et les avantages qu’elles garantissent à leurs membres ;

Considérant que cette Union, étant toujours franchement catholique et canadienne comme à présent, peut et doit être le boulevard de notre existence nationale.

Résolu : que nous invitons toutes les sociétés canadiennes présentes et futures de bien examiner d’abord la constitution qui régit l’Union canadienne de secours mutuels, et de s’enrôler, si les circonstances le permettent, sous la bannière de cette association nationale.

Page 1