CHAPITRE VII
BEL HOMMAGE À N.-D. Des VICTorREs
Êe ler mai 1855, moins de cinq mois après la définition dogmatique de l’Immaculée | Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, : Mgr Baillargeon, de pieuse mémoire, alors administrateur de l’archevêché de Québec, | publia une très belle lettre pastorale “ pour | encourager le culte de la Sainte Vierge dans | l'église de Notre-Dame des Victoires de la | basse-ville de Québec ”.
| Cette lettre assez longue, couvrant dix Ê grandes Pages, ne peut être citée ici intégra- : 6
lement, mais nous en reproduirons du moins quelques passages principaux. En voici le début suivi d’extraits qu’on aimera sans
doute à trouver ici :
“ Nous bénissons le Seigneur, comme d’une grande grâce, Nos Très Chers Frères, de ce qu’il à ‘bien voulu, dans sa bonté, placer la cathédrale et le diocèse de Québec, sous le patronage de sa très sainte Mère. Aussi regar-
dons-nous toujours comme un de nos devoirs les plus sacrés, celui d’exciter et d’entretenir, dans vos cœurs, une sincère dévotion à l’Im.
maculée Vierge Marie, et une vive recon-
naissance pour les nombreux bienfaits dont
notre chère patrie lui est redevable. Nous
avons donc été comblé de joie, lorsque nous
avons été témoin du zèle que les citoyens de
cette ville ont dernièrement déployé, pourk
réparer l’antique église de NoTRE-DAME DEs
NOTRE-DAME DES VICTOIRES 93 LS SR Vicroes, ce monument de la teridre dévotion de nos pères à leur auguste et puissante protectrice. Que le Dieu de miséricorde, source de tout bien, qui leur a inspiré cette sainte pensée, récompense au centuple les offrandes que leur piété lui a présentées pour rétablir et orner ce temple, où sa sainte Mère a été honorée depuis tant d’années, parmi nous...
“ De la vieille France, solennellement consacrée à Marie, nos pères apportèrent avec eux, dans leur nouvelle patrie, la dévotion à ‘Ala Sainte Vierge. En face des dangers auxquels ils se voyaient exposés, dans ce pays sauvage, ils se hâtèrent de se mettre sous sa protection. Agenouillés au lieu où est au-
jourd’hui l’église de Notre-Dame des Vic-
toires, Champlain et ses compagnons rendijrent d’abord de solennelles actions de grâces à Marie, comme à l'étoile bienfaisante de la
mer, qui avait guidé leur vaisseau, et l’avai heureusement ,conduit au port ; puis ils le prièrent de leur servir de mère sur cette terre barbare, et de prendre en sa sainte garde l:
petite colonie, qu’ils étaient venus fonder au milieu de nations infidèles et féroces.
“ De ce moment, le culte de la Sainte Vierge semble être demeuré attaché à ce lieu, où dut être dite aussi, dans une des chambres de l’habitation de Champlain servant de chapelle, la première messe célébrée à Québec, lorsque les enfants de saint François y arrivèrent en 1615.”
Mgr Baiïllargeon rappelle ensuite la fondation de l’église, en 1688, et les deux exemples de protection spéciale qui lui firent donner son titre de Notre-Dame des Victoires, puis il ajoute cet important témoignage :
‘ Depuis cette époque, l’église qui rappelle à tous les fidèles du pays, le souvenir de si
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NOTRE-DAME DES VICTOIRES 95 x RS 2e
grandes faveurs, obtenues de Dieu par l’intercession de la Sainte Vierge, fut toujours considérée comme un sanctuaire privilégié où elle se plaisait à répandre, avec plus d’abondance, ses bienfaits sur ses enfants, et ne cessa jamais d’être visitée par ceux qui désiraient obtenir de Dieu quelque grâce signalée, par son intercession. Là, les pauvres et les afHigés semblaient s’être rapprochés du trône de cette mère de miséricorde ; là elle semblait prêter une oreille plus attentive à leurs humibles prières, et disposée souvent à opérer des merveilles en leur faveur.
“Nous sommes heureux, N. T. C. F., de vous rappeler ces faits qui sont aussi glorieux à la Mère de Dieu qu’ils sont propres à
nous mieux faire connaître le zèle de nos pères pour son culte. Si, dans ces derniers temps, le souvenir semble s’en être un peu effacé, nous sentons qu’il est de notre devoir de le
réveiller, afin de ranimer votre confiance cette douce et miséricordieuse Vierge, et vous engager à venir implorer sa protectic et son assistance, dans le sanctuaire qu’el semble avoir choisi parmi nous, pour y établ le trône de ses miséricordes, et pour y distr buer ses bienfaits. .
“ C'était pour récompenser la piété de vw pères, et pour glorifier le courage des zélé missionnaires qui, autrefois avant de part:
pour arroser de leurs sueurs et de leur san les pays des Hurons et des Iroquois, venaien dans son église la saluer, et mettre leurs tra vaux apostoliques sous son auguste patrona
ge, qu’elle se montrait si compatissante, s bonne et si libérale.”
Après avoir rappelé ces touchants souve: nirs, le pieux évêque adressait une pressant invitation à tous les fidèles de venir implore: Marie dans son sanctuaire privilégié :
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‘Venez donc, serviteurs de Jésus, enfants de Marie, venez tous aux pieds de cette douce image de votre mère : venez, avec amour et confiance, lui offrir vos hommages et implorer son assistance. C’est dans ce sanctuaire vénéré, comme dans son palais, que cette Reine du ciel et de la terre attend votre visite, et qu’elle daigne vous inviter à vous approcher d’elle. C’est là que ses yeux seront ouverts sur vôs misères, et ses orcilles attentives à vos prières. C’est là qu’elle sera toujours prête à vous éclairer, à vous fortifier, à vous soulager, à vous consoler, à vous bénir.
“Venez-y navigateurs échappés à la tempête et au naufrage, pour la remercier de vous avoir sauvés du danger, la prier de vous protéger encore...
“Venez-y, voyageurs de tout âge et de toute condition, afin de lui demander de gui-
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der vos pas, et de vous conduire heureusement au terme du voyage...
“Pauvres pèlerins, exilés infortunés, qui cherchez une autre patrie, venez, entrez dans ce temple ; vous pourrez y oublier un r0ment que vous êtes étrangers en cette terre vous y trouverez une mère compatissante, que l’Église appelle la vie, l'esrrance des pèlerins et des voyageurs, à à laquelle il a été donné de consoler les enfants d’Adam exilés dans cette vallée de larmes. ”
Suivait un appel spécial aux “ Membres de la Société de Tempérance, associés de la Croix ”, pour les engager à mettre leur é énergie et leurs résolutions sous la protection de Notre-Dame des Victoires, puis une invitation à tous les voyageurs :
“Qui que vous soyez, et de quelque part que vous veniez, en arrivant en cette ville,
part ille,
rappelez-vous que vous entrez dans le demaine de Marie, dans une cité dont elle est la patronne, la princesse et la dame ; qu’elle y a sa demeure, son palais de réception, où elle veut bien recevoir les voyageurs et les étrangers, où elle daigne même les inviver à se présenter ; et puis songez qu'elle est grande
| Dame, bonne, charitable et puissante ; que
quelles que soient vos craintes et vos espérances, vos joies ou vos peines, vos besoins de l’âme et du corps, vos souffrances, vos afHictions, vos tentations, elle peut vous soulager, si vous consentez à lui rendre visite, et à implorer son assistance. Oh! ne manquez donc pas d’aller la saluer, à votre arrivée, pour lui rendre vos hommages, et implorer sa protection ; et à votre départ encore, pour lui demander sa bénédiction.” Les habitants de Québec étaient ensuite
| particulière” ent invités :
gl ro Et Me Et e
“ Citoyens de Québec, il vous a été dom d'avoir Marie pour reine et pour patronn vous avez le bonheur d’être ainsi, d’une mu nière toute spéciale, ses sujets et ses enfant Elle attend donc de vous un respect, u amour, un dévouement et des hommages sir guliers. Vous avez aussi un droit tout pai ticulier à sa protection et à son assistanc( c'est votre piété qui lui a élevé l’Église d N.-D. des Victoires ; la construction de c sanctuaire est l’œuvre de vos pères, sa répa ration récente et son embellissement, ains que la magnifique statue qui en fait aujour d’hui l’ornement, sont les fruits de votre libé ralité et de votre zèle pour la gloire de cette sainte mère. A vous donc, avant tous, de l’honorer dans ce sanctuaire. A vous le privilège de recueillir les premières et les plus précieuses faveurs qu’elle veut y distribuer à ses enfants. A vous aussi, de vous montrer
é donné tronne, ne manfants.
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