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CHAPITRE IX

LA CHAPELLE gr LE CULTE DE SAINTE GENEvIÈèvE

je avons déjà noté que la chapelle

Sainte-Geneviève attenante à l’église de Notre-Dame des Victoires fut commencée et continuée en même temps que l’église ellemême. Nos pères avaient apporté de Francé; avec toutes les autres traditions religieuses, le culte de la première patronne de Paris. Le culte de sainte Geneviève remonte ici aux jours de Mgr de Laval et peut-être

RE même plus faut, dans les commencement:

de la colonie française. Dans l’histoire de l'Église de France, il remonte au berceau même de la France catholique. Elle fut contemporaine de Clovis et de saint Remi, contemporaine de saint Léon le Grand, contemporaine de la grande invasion d’Attila.

En France, le culte de sainte Geneviève a repris une nouvelle ferveur depuis le commencement de la grande guerre; elle eut une action marquée dans la victoire de 1»

Marne et aussi dans la résistance victorieuse organisée par le grand général de Castelneau au Grand Couronné de Nancy. De solennelles et ferventes supplications lui furent adressées qu’elle semble bien avoir favorablement entendues. : — L'histoire si belle de sainte Geneviève est d’ailleurs restée populaire dans le peuple de France. On se souvient que. la première

aa mention qui est faite dans l’histoire de l’existence et aussi de la sainteté de la vierge de Narterre, fut à l’occasion du passage dans sa ville natale de deux grands évêques de France, saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes, qui, se rendant en Grande-Bretagne Pour ÿ porter secours à la religion menacée, ÿ découvrirent l’admirable jeune enfant et la consacrèrent solennellement à Dieu. Ainsi signalée par ces saints à l’attention du peuple, la sainteté de Geneviève n’en parut que plus éclatante et les merveilles commencèrent bientôt à se multiplier à l’intercession de ses prières, auxquelles elle ajoutait des mortifications sévères et continuelles. Guérison des malades et surtout des énergumènes, multiplication du blé et du pain dans une grande famine, don de prophétie manifestèrent plus d’une fois sa puissance auprès

de Dieu et sa bonté envers ses concitoyens.

C'est à l'efficacité de sa prière, et après avoi été rassuré par sa prédiction, que Paris attri bua d’avoir été épargné par Attila, en 451 lors de la formidable invasion du ‘“‘ fléau d Dieu ”.

Les rois francs Childéric et Clovis recon:

naissaient la sainteté de Geneviève et se laissaient toucher par ses prières. Elle se faisait auprès d'eux l’avocate des pauvres et des condamnés. C’est pendant que Clovis faisait le siège de Paris que Geneviève réussit miraculeusement à ravitailler la ville et obtint une paix bienveillante pour ses concitoyens.

On peut dire en toute vérité que sainte Geneviève eut sa part d’heureuse influence, avec saint Remi, sainte Clotilde et tous les saints évêques de cette époque, dans la conversion de Clovis et de tout le royaume des Francs. C’est elle qui décida Clovis à cons-

NOTRE-DAME DES VICTOIRES 127 ne ma truire à Paris une église dédiée à saint Pierre et à saint Paul, C’est dans la crypte de cette église du Mont Lutèce que Clovis reçut la sépulture royale en 511 ; et c'est là aussi que fut enterrée Geneviève, l’année suivante.

Relisons ici une page éloquente du grand historien belge, G. Kurth, dans son “ Histoire de Clovis ” :

“Avant que la femme et les enfants de Clovis fussent allés le rejoindre dans le repos du tombeau, la crypte royale avait donné l’hospitalité à une gloire qui devait faire pâlir la leur aux yeux de la postérité. Quand Geneviève mourut après avoir été pendant plus d’un demi siècle le bon génie de Paris, la re- Connaissance publique ne trouva pas d’abri plus digne de ses cendres que le souterrain où dormait son roi. La vierge de Nanterre y fut déposée dans un sarcophage ; mais dès

128 L'ÉGLISE DE —————————— que cette royauté pacifique eut pénétré dan le caveau, son nom et son souvenir y éclipsi rent tous les autres. L'église Saint-Pierr du Mont Lutèce ne fut plus pour les Pari siens que l’église Sainte-Geneviève. Ce nom le plus populaire de tous ceux du sixième siè cle, se communiqua au monastère et à le montagne elle-même. Du haut de sa colline Geneviève fut la patronne céleste de Pari:

adolescent ; de là, comme un phare tran:.

quille et lumineux, sa pure et touchante mé.

moire brilla sur la grande ville qu’elle aimait et sur la dynastie dont le fondateur reposait à son ombre, comme un client fidèle. Aucune gloire française n’est composée de rayons plus purs : aucune n’a pénétré à une telle profondeur dans l’âme du peuple, pas même celle de Jeanne d’Arc, cette Geneviève du

quinzième siècle, sœur cadette de la vierge de Paris.”

em”

On comprend que les grands chrétiens fran- Gais qui implantèrent au Canada la foi et la civilisation de la France catholique y apportèrent aussi le culte vivace de sainte Geneviève. Ce culte s’est conservé fidèlement dans sa chapelle attenante à N otre-Dame des Victoires. A Québec comme à Paris, ce culte est resté populaire.

Chaque année, le jour de la fête de notre sainte, une population débordante envahit la rhapelle et l’église pour assister à la messe solennelle qui y est chantée ce jour-là. C’est à cette messe, pendant le chant du Gloria, que le célébrant, en vertu d’une tradition immémoriale, bénit de petits pains minuscules, qui sont distribués par milliers — on en distribua huit mille cette année — aux dévots clients de la sainte. Les petits pains de sainte Geneviève sont très recherchés de toutes les infortunes et de tous les malades :

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