‹ Notre-Dame des Victoires de Québec [microforme]Chapitre 14 sur 24 · LE DEUXIÈME CENTENAIRE, EN · texte numérisé non relu

LE DEUXIÈME CENTENAIRE, EN

LÉ deuxième centenaire de la fondation de Notre-Dame des Victoires fut célé-

bré, en 1888, avec toute la solennité qui convenait. à Comme préparation à cette solennité et aussi comme souvenir devant en perpétuer la mémoire, surtout comme hommage de piété envers la Mère de Dieu, protectrice de Québec et de la Nouvelle-France, les fabriciens de Notre-Dame de Québec, d’accord

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106 L'ÉGLISE DE mn avec son Éminence le cardina! Taschereau décidèrent de faire décorer l’intérieur de 1: modeste église de la basse-ville. Ces déco rations symboliques, dont les plans fureni approuvés par un comité formé de S. É. Je Cardinal Taschereau, de Mgr B. Paquet et de M. l’abbé Audet, chapelain de Sillery, furent confiés à M. Tardivel, peintre décorate, de cette ville, qui s’adjoignit M. Masselotte, pour l’exécution de ces travaux. Ces peintures, qui viennent d’être nettoyées et rendues plus visibles, sont d’un bel effet, donnent à toute l’église une lumière plus douce et plus chaude et racontent, à leur manière, la gloire de Notre Dame.

C’est ainsi que dans la voûte des emblémes suffisamment clairs rappellent les principaux privilèges de la très sainte Vierge. Du côté de l’évangile, à gauche, Marie est célébrée comme Reine du Rosaire, comme Mère

la chapelle de Sainte-Geneviève

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très pure, comme Mère de la grâce divine, comme Vase insigne de dévotion; à droite, du côté de l’épître, toujours dans la voûte, c’est Marie Reine des Martyrs, Porte du Ciel, Miroir de Justice et Rose mystique.

Dans les décorations murales, on remarque, du côté de l’évangile, les armes de S. É. le Cardinal Taschereau et celles de Jacques Cartier, ainsi que plusieurs petits écussons portant des inscriptions en l'honneur de Marie, que l’on trouve aussi de l’autre côté, où sont représentés les écussons de Mgr de Laval et. de Champlain. On trouve aussi dans les Panneaux la représentation des trophées remportés en 1690 .et en 1711. Deux fresques, au-dessus de l’autel, représentent, à droite, la délivrance de Québec — Kebeka liberata— et à gauche le naufrage de l’amiral Walker — Deus providebat. Sur le mur également, du côté de l’épître, se trouve l'inscription

110 L'ÉGLISE DE om nm citée plus haut, rappelant la fondation de l’église. L'autre inscription du même genre se trouve dans la chapelle Sainte-Geneviève, dont elle rappelle aussi la fondation.

Ainsi embellie et comme remise à neuf en son intérieur, l’église de Notre-Dame des Victoires était prête pour la solennité de son deuxième centenaire, à laquelle voulut contribuer toute la population de ses dévots amis et clients. Le jour choisi pour cette célébration fut le 23 mai. Des décorations de verdure, de fleurs et de drapeaux ornaient magnifiquement la place Notre-Dame et toutes les maisons environnantes, ainsi que la rue Notre-Dame et la Côte de la Montagne, par lesquelles devait passer le cortège cardinalice, pour aller à la messe pontificale.

Dès cinq heures du matin, une foule de pèlerins emplissait l’église et débordait sur la place. On distribua la sainte communion

à plusieurs centaines de personnes. Des messes basses furent célébrées toutes les demiheures à l’autel Notre-Dame et à l’autel Sainte-Geneviève, depuis cinq heures jusqu’à huit heures. Parmi ceux qui célébrèrent leur messe au maître-autel, on remarqua M.

l’abbé G. Lemieux, du séminaire, qui y avait célébré sa première messe le 23 mai 1881, M.

l'abbé A.-H. Paquet qui l’y avait célébrée le 23 mai 1869, et M. l’abbé A.-N. Rhéaume qui l’avait célébrée là aussi, le 23 mai 1875.

La messe pontificale fut chantée par S. É.

le Card. Taschereau, qui se rendit solennellement du palais cardinalice à l’église de la basse-ville, dans son carrosse trainé par quatre chevaux, où avaient pris place avec lui, Mgr Cameron, évêque d’Antigonish, Mgr Edmond Langevin, Vicaire Général de Rimouski, et Mgr C.-E. Légaré, Vicaire Général de Québec. Les autres prélats ainsi

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112 L'ÉGLISE DE ne — que le curé de Québec suivaient dans d’autres carrosses.

A neuf heures, Son Éminence descendait sur la place Notre-Dame, où se pressait une grande foule, et faisait son entrée solennelle dans l’église, avec le nombreux clergé qui l’accompagnait et le suivait. L'exiguité de l’église ne permit pas à toute l’assistance d'y entrer, mais on avait réservé des places aux notabilités civiles et religieuses spécialement invitées, principalement au premier ministre provincial, au maire de Québec et au marguillier en charge.

Son Éminence chanta la messe, accompagnée de Mgr B. Paquet, comme archi-prêtre, de MM. les abbés F.-H. Bélanger et J.-B.C.- Dupuis, diacres d'honneur, Pagé et Mathieu, diacre et sous-diacre d’office.

La partie musicale, sous la direction de MM. G. Gagnon et E. Chouinard, fut par-

me” ticulièrement brillante, avec la coopération du septuor Haydn. Le sermon fut prononcé par M. l'abbé G. Côté, curé de Sainte-Croix et ancien chapelain de Notre-Dame des Victoires, qui appliqua à Marie et aux catholiques canadiens la parole du prophète Ezéchiel (16, 60) : “ Et recordabor ego pacti mei lecum in diebus adolescentiæ tuæ et suscitabo tibi pactum sempiternum. Je me souviendrai de l'alliance que j'ai faite avec toi au jour de ton adolescence : je la renouvellerai et elle durera éternellement. ”

Dans un style élégant et avec une belle ardeur oratoire, le prédicateur rappela Ja dévotion singulière de notre peuple à la très sainte Vierge, dès les tout premiers débuts de notre histoire ; il rappela aussi la protection particulière de Marie pour nous, protection

* dont cette église est le témoignage reconnaissant. Il dit les tribulations et les gloires de

114 L'ÉGLISE DE ————— me me la vieille petite église ; célébra le zèle ardent et efficace que déploya en son honneur Mg Baillargeon, et le renouveau de piété qui se manifesta, sous l'inspiration de ce pieux évéque, envers la Mère de Dieu, dans son église votive de Notre-Dame des Victoires. C’est sur ces faits publics et nombreux qu'a été établie l’alliance de notre peuple avec Marie.

Cette alliance se renouvelle aujourd’hui magnifique, dans la restauration de cette église et dans la fête si solennelle de ce deuxième centenaire. Cette fête évoque d’une façon si vive le souvenir de tant de personnages illustres, les pères de notre église et de notre patrie. Les fils et les successeurs de ces pères augustes sont encore aujourd’hui réunis autour du vénérable cardinal archevêque de Québec pour renouveler leurs hommages publics à Marie. Le prédicateur a

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quelques mots d’éloges pour chacun et il termine son sermon par cette belle invocation :

‘O Marie, Ô notre mère, en ce glorieux anniversaire de la fondation de cette église qui vous est si chère, voyez devant vous ceux que vous daignez appeler vos enfants. Vous contemplant avec bonheur sur ce trône deux fois séculaire que vous offrirent leurs pères et qu’ils entourent eux-mêmes aujourd’hui d’une si profonde vénération, ils viennent vous présenter les hommages et les prières de tout un peuple. Au souvenir des bienfaits que vous n’avez cessé de verser sur la Nouvelle-France, et en particulier sur ce coin de terre que vous avez choisi pour le lieu de votre demeure et le théâtre de tant de merveilles, ils vous bénissent du fond de l’âme, d’avoir voulu être pour eux la plus puissante des protectrices et la Mère de toutes les vic-

toires : ils vous bénissent surtout d’avoir gardé si fidèlement l'alliance sacrée que vous leur avez offerte et que vous avez contractée avec eux dès les premiers jours de leur existence. Cette alliance sainte, qui a été le principe de leur bonheur dans le passé, et qui sera le secret du bonheur dans les jours à venir, ils sentent le désir et le besoin de la renouveler solennellement en ce beau jour.

O Marie, O Marie, entendez leur voix ! que désormais encore, votre force soit leur force, votre vie soit leur vie, votre amour leur ameur. Tous ensemble nous nous dévouons et nous nous consacrons à vous pour toujours, avec tout ce qui nous est cher. Gardez-nous vous-même contre tous les dangers.

Sanctifiez les âmes. Que votre protection maternelle s’étende non seulement à ceux de vos enfants qui sont ici présents, mais encore à tous ceux qu'ils portent en ce moment

ee dans leurs cœurs. Benissez-les tous : bénissez leurs familles, bénissez cette ville de Québec qui fut toujours la vôtre, et pour couronner tant de bienfaits, 6 bonne Mère, faites que ce peuple privilégié du Canada qui vous appartient, demeurant fidèle à ses saintes traditions, et s’avançant avec confiance vers ses sublimes destinées, soit à jamais le noble héritage du Christ et le plus beau fleuron de la couronne immortelle de Notre-Dame des Victoires ! ”

Depuis ces fêtes du deuxième centenaire, le culte-de la sainte Vierge et l’empressement des fidèles n’ont pas diminué, ils ont au contraire augmenté à Notre-Dame des Victoires.

Il n’est guère d’heure de la journée, même sur

| semaine, où l’on ne trouve quelques fidèles

en prière dans le modeste sanctuaire de la basse-ville,

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En 1917, l’année dernière, trente pèlerina ges organisés sont venus offrir leurs homma ges et présenter leurs pétitions à la protectric. de notre ville et de tout notre pays. On y:

vu venir un nombre considérable de pèlerins ges privés, surtout dans le mois de mai. fidèles se montrent toujours assez généreux pour l'entretien de la petite église, qui n’a pas de revenus réguliers. Ainsi l’an dernier les offrandes en argent pour la chapelle se sont élevées à quelques trois cents piastres, sans compter un montant plus considérable souscrit pour l’achat du nouvel orgue. Ces dons en argent servent à l’entretien et à l’ornementation de ce sanctuaire national que tout Canadien doit avoir à cœur d’honorer.

A Québec, comme à Paris, comme à Lourdes, les pèlerins et les fidèles gardent la belle coutume d'offrir un cierge qu'ils allument eux-mêmes devant l’autel de Marie. Té-

nc,

moignage de leur dévotion, ce cierge offert ne parle pas seulement à Notre Dame ; ilest un témoignage public qui prêche à sa façon la confiance en la puissante médiation de la Reine du ciel. Il faut lover et encourager cette pratique.

Une autre pratique qu’il faut faire connaftre et encourager, pratique qui existe mais qui pourrait prendre une plus grande extension, c’est celle de voir les pèlerins de Sainte- Anne de Beaupré s'arrêter, à l’aller ou au retour, en passant à Québec, à la si pieuse église de Notre-Dame des Victoires. Il serait même facile d’avoir là, pour les pèlerinages organisés, la bénédiction du T.S. Sacrement.

Les pèlerins emporteraient de cette visite de nouvelles grâces, de nouvelles consolations et la salutaire et réconfortante impression que laisse dans l’âme de tout canadien une visite pieuse à ce sanctuaire, véritable

A relique de notre vie religieuse et de notre con servation nationale.

Il serait bien aussi à souhaiter, pour le bien de notre peuple autant que pour l’honneur de Notre-Dame des Victoires, que les pèlerinages de confréries y fussent plus nombreux encore. Il est si facile de les organiser, surtout dans les paroisses de Québec et des environs.

Ce mouvement de pèlerinage et de piété vers Notre-Dame des Victoires sera accru par l'établissement dans cette église de la confrérie du très saint et immaculé cœur de Marie pour la conversion des pécheurs, extension chez nous de l’archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires de Paris, si féconde

en grâces signalées. Ainsi qu’on l’a vu dans la lettre de Son Éminence le Cardinal Bégin, publiée en tête de ce volume, cette confrérie vient d’être établie par Son Éminence et tous les fidèles sont invités à s’y inscrire. On

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trouvera dans un des appendices, les règles et pratiques de cette confrérie, les avantages spirituels qu’elle offre à ses membres et les conditions faciles à remplir pour y être admis.

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