‹ Notre-Dame des Victoires pendant la Commune, ou, Lettres justificatives & documents conservésChapitre 26 sur 58 · MA · texte numérisé non relu

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gieuse. Puis les jeunes filles vêtues de leurs habits de fête, les enfants de nombreuses écoles.

« Rien n'était plus naïf et touchant que de voir ces petits enfants de six à neuf ans tenir chacun à la main les ganses d'une corde qui les reliait les uns aux autres pour les faire marcher en bon ordre. Après les écoles de filles, on voyait l'ancienne bannière de la confrérie de Notre-Dame des Vertus, et toutes les associées vêtues de robes bleues et la tête couverte d'un voile blanc. MM. les Curés du Bourget et de la Cour-Neuve conduisaient eux-mêmes leurs paroissiens en procession avec leurs diverses bannières. C'étaient ensuite les dames et demoiselles venues de Paris ou des environs, les dames du Comité des pèlerinages, presque toutes tenant un cierge d'une main et un chapelet de l'autre ; plusieurs parmi elles avaient suspendu à leur cou la grande médaille de Notre-Dame des Vertus.

« On voyait se dérouler ensuite la procession, les diverses écoles de garçons, puis les hommes très nombreux, les officiers, le piquet de soldats et beaucoup d'autres militaires venus librement, la musiciue militaire du Sg" régiment d'infanteiie de ligne, enfin le clergé, So membres du séminaire de Saint-Sulpicc, à Issy, conduits par M. l'abbé Maréchal. Il est inutile d'ajouter que l'on voyait briller dans les airs et voltiger au gré du vent plus de 400 oriflammes ou bannières (6). Après la symphonie harmonieuse de la musique, on entendait des chants de triomphe en l'honneur de la Reine du ciel, tantôt c'étaient les litanies de la Sainte Vierge, le Magnificat et VAve mari s/e/Za, tantôt les cantiques du Sacré-Cœur de Jésus ou de la très Sainte Vierge, Rien de plus touchant ; les anciens jours revivaient.

(6) Les ouvriers des sriin*'»'» usines élaicnt inoiités sur les toits pour jouir de ce speelacle religieux et manifeslaieul leur sympathie. Voir Tableau des établissemenls industriels (A) dans V Appendice.

La procession se développait sur une longueur de plus d'un kilomètre. C'était un beau spectacle à considérer sur ce nouveau boulevard, que l'on devrait bien appeler du nom de boulevard tfe la T'rocession (7).

« Autant le jour s'était annoncé beau et spiendide au matin, autant il devenait nuageux au moment de la procession. Aussi, cette cérémonie dut-elle s'achever rapidement, à cause de quelques gouttes d'eau qui commencèrent à tomber vers cinq heures et s'arrêtèrent immédiatement.

« Pendant la procession, on avait eu soin de faire enlever les chaises et les bancs des deux nefs latérales de l'église, et ainsi, à leur rentrée, presque tous les adultes purent trouver place dans l'église et debout (8).

«■ La consécration fut faite à la très sainte Vierge par M. le curé de Notre-Dame des Vertus, qui auparavant adressa à l'auditoire quelques paroles vivement senties et sorties d'un cœur plein d'amour pour Marie. Puis M. le doyen des chanoines de Notre-Dame donna la bénédiction du très Saint-Sacrement, où Ton entendit de nouveau la musique militaire du fort d'Aubervillicrs et la voix douce

(7) Quand parut le récit de l'Univers, Monseigneur Guibert, archevêque de Paris, se trouvait à Rome où il était allé recevoir le chapeau cardinalice. Comme tant d'autres, il lut ce récit avec une agréable surprise. Dès son retour, il voulut venir à Notre-Dame-des- Vertus. Les autorités civiles le reçurent solennellement et vinrent en procession à sa rencontre jusqu'à la jonction de la rue du Midi avec la rue de Pantin, nommée actuellement avenue de la République.

Son Eminence profita de leur présence pour leur recommander l'OEuvre du Pèlerinage. Ensuite on revint processionnellement à l'église. Monseigneur l'archevêque marchant sous le dais.

On sait que le Nonce du Pape, Mgr Mcglia, y vint, en 1877, que le célèbre

Père Matignon lit entendre sa voix, devant Son Excellence et que Mgr Ricliard,

actuellement archevêque de Paris, y est venu souvent. Enfin on y a vu beau-

loui) d'autres évêques de fii7''i à 188G.

(8) Les officiels du Fort comptèrent 4.000 personnes présentes sinuiltanémeut dans l'église après la Procession. Ces personnes sortaient successivemenl pour i-n laisser entrer d'aiilres. à tour de rôle. C'était un spectHcle religieux digue des plus beaux jours.

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et vibrante de cœurs dévoués à Marie. C'étaient les mêmes voix qu'on avait entendues avec tant de suavité à l'office du matin. Enfin la cérémonie fut terminée par un cantique en l'honneur de la très sainte Vierge.

« Le soir, à huit heures, une nouvelle réunion avait lieu et on comptait plus de 500 personnes qui assistaient à ce dernier office.

« Quelle bonne et douce journée ! Toux ceux qui ont pu y prendre part en garderont un heureux souvenir. Et si on leur demande : Qu'étes-vous allés faire dans cette église ? ils diront : Nous avons assisté à la restauration d'une oeuvre grande et sainte ; nous sommes allés voir Marie en son vieux sanctuaire, nous avons chanté ses louanges et prié pour ce peuple qui contredisait son Sauveur et son Dieu.

« L'effet moral est déjà grand ; l'effet religieux ne sera pas moindre. Dieu manifeste ses desseins ; il semble vouloir restaurer le sanctuaire de Notre-Dame des Vertus et lui rendre son ancienne vie. Le courant est rétabli entre Paris et Notre-Dame des \'ertus, et nous avons appris que, depuis ce jour, de nombreux pèlerins se succèdent sans cesse dans ce temple de Marie.

« Aucun des auditeurs n'ignorait que M. le curé de Notre- Dame des Vertus avait reçu de ses supérieurs ecclésiastiques la mission de rétablir cet ancien pèlerinage et de lui ramener de nouveau des Ilots de pèlerins (g). Il a marché dans l'obéissance la plus aveugle, et le résultat ne s'est pas fait attendre,

(9) M. l'abbé Fraiii;ois Ainodrii avait fait beaucoup île rechorclies savantes sur le pèlerinage de Notre-Dame des Vertus. (îràee à soa travail et à celui de son frère, l'église, en moins de deux ans, avait retrouvé son histoire et ses beaux jours. Les murs, restés nus depuis 1793, étaient tapissés de marbres bisloriques et d'ex-voto que l'on y voit encore. — Par les soins de M. le Curé, lieux classes étaient établies, à ses frais, au-de.ssus et à côté de la sacristie, pour une maîtrise projetée, d'accord avec le frère irlide. On voyait aussi le bureau du l'asteur, comme dans les paroisses bien tenues du diocèse de Paris. (À' buriMU élait alors indispensable au poini de vue adniiuisrralif et religieux.

tant est grande la bonté de Marie pour ceux qui mettent en elle leur confiance. Préservé par une protection évidente de la très-sainte Vierg-e des barbares cruautés de la Roquette, par elle il a été non moins soutenu dans sa nouvelle mission.

« Tout était impossibilité pour le rétablissement de ce pèlcT

La vie chrétienne avait repris son cours dans une paroisse qui, en 1886, à l'époque de la mort de notre cijer ami, comptait 22.223 habitants. Ceux qui voudraient savoir les résultats religieux obtenus, n'auront qu'à consulter le Registre des archives, celui des premières communions et celui des administrations de malades ! On verra que cette paroisse si redoutée et si douloureusement dépeinte, n'occupait pas un des derniers l'angs en ce qui regarde le salut des âmes.

Cette réflexion sei'vira de réponse à des paroles que nous avons entendues nous-mêmes et qui causaient im vrai chagrin à notre cher ami, l'abbé François. Il nous en a parlé, souvent .

Prévoyant dans l'avenir un plus grand développement de la ville d'Aubervilliers, les deux frères s'entendirent pour créer une nouvelle chapelle dans le quartier le plus populeux, siu-noiumé la Cité. L'avenir dira s'ils ont eu raison Là de rudes épreuves les attendaient au milieu d'intrigues diaboliques. Hélas! c'est en ce lieu que notre très cher et très n^gretté ami conmiença à ressentir les premières atteintes de la maladie qui l'emporta quatre jouis après, le 1" février 1880. L'œuvre que les deux frères voulaient établir n'existe plus. Inittticus homo hoc fecil. ... Il n'y a plus nulle part trace de la même (Huvre ni de l'esprit qui devait l'animer. C'est auprès de son frère aine que l'abbé François avait puisé l'inspiration de cette œuvre apostolique presque réalisée par les deux frères.

On trouvera dans le livre des archives de Notre-Dame des Vertus l'explication d'un fait qui eut un grand retentissement en France. L'abbé Amodru expHqua ce fait à Mgr Guibert, trois mois avant le décès de Son Eminence.

Mgi' Guibert, surpris par cette révélation inattendue, parut sortir de son calme habituel et répondit avec vivacité : « Mais je ne savais pas cela t »... H s'agissait de la suppression d'une paroisse, suppression dont Monseigneur ignorait la principale cause.

A cette même époque, on créait en face d'Aubervilliers et non loin de cette chapelle, dédiée à Ste-Eu[(héinie, l'un des plus vastes cimetières de Paris dont les abords attirent toujours un accroissement de population. Tout cela était prévu par l'abbé François et son fréi'e. Etait-ce là encore de V exaltation cl ik' V enthousiasme ! Plaise à Dieu que beaucoup d'autres en aient autant !

On sait que la construction de cette chapelle est due à leur générosité ou à celle de leur famille Nous tenons à spécifier ce dernier point [)our l'édification [uibliquc et pour ié[)0ndre à des insinuations uiaKeilliintes et absurdes.

J.-J.-L. Bakgks.

rinage. L'ignorance des choses religieuses est grande parmi les habitants de ce pays ; nos révolutions les ont éloignés du prêtre. Ils en ont peur. Ce pays fertile, qu'un poète du dix-septième siècle appelle VAtiberv illier s si <renlille, à cause des arbres qui l'environnaient, n'a plus un seul arbre depuis la guerre. L'aspect en est désolant ; on ne voit autout de soi, sauf des terres cultivées, que de monotones usines, dont les cheminées vomissent trop souvent une épaisse fumée. (A)

« N'importe ! le sanctuaire de Noire-Dame des \'ertus sera désormais visité par tous ceux qui auront besoin de force, de consolation, d'espérance. On y viendra pour la prière et non pour le plaisir. Ce sanctuaire sera aussi visité par des âmes qui rendront à Marie des actions de grâces pour les bienfaits qu'elles en auront reçu. Ne voit-on pas sur les murs de l'Eglise plusieurs ex-voto pour des conversions et d'autres grâces obtenues par l'intercession de Notre-Dame des Vertus ?

« Les principaux faits historiques du sanctuaire n'ont-ils pas été à nouveau inscrits sur le marbre ? et ne sont-ils pas aujourd'hui livrés à la connaissance de tous ? Les érudits seuls pouvaient les découvrir, on les trouve aujourd'hui sur les murailles de cette église, et c'est le cas de redire avec l'évangéliste (Saint Luc. XIX, 40), lapide^ claniabunt, les pierres parleront ( i ).

« Que dire de plus } Notre-Dame des Victoire^ est venue au secours de Notre-Dame des Vertus, et M. le curé de Notre-

(A) Dans Y Appendice, on lira la iKurifiiclatiire de Hv> usines, ètahlies dans la conimune d'Aidiervilliers.

(1) Nous ne pouvons nous enipiHiier de sijfnaler l'esprit a|iostoli(pie des deii\ frères qui sentendaienl si bien. Lablié Franrois est mort, son frère est dans la i-etraite. Et voilà que tous deux, par le moyen de ces marbres, parlent encore aux pèlerins. Plusieurs inscriptions sont relatées dans le Manuel des Pèlerins, imprimé en 187S. V. cli, '2, p. 31 et l'Appendice.

Dame des Victoires aura beaucoup contribué pour sa part à la renaissance de ce sanctuaire. Désormais, Notre-Dame des Victoires et Notre-Dame des Vertus se donnent la main.

« C'est la fille venant au secours de sa mère. Gloire à Marie !

« Un Pèlerin. »

Tel est, mon bien cher frère, l'extrait littéral du récit publié par l'Univers, le 19 mai 1874.

S'il ne s'agissait que d'une question personnelle, j'en aurais vite fait le sacrifice ; mais l'histoire ! mais l'avenir ! mais l'édification publique ! Il faut y songer, car l'histoire de N.-D. des Victoires touche à tout l'univers, et j'ajoute : dans le présent, N.-D. des Vertus touche à N.-D. des Victoires.

Quelques-uns pensent que nous déployons une trop grande activité. Hélas ! savent-ils combien de temps il nous sera permis de la déployer?... Hora est jam nos de somno surgere, nunc tempiis acceptabile. Les coups terribles que nous avons reçus en 1870 et 1871, en punition de nos fautes, appellent des prières publiques. Je suis convaincu que la prospérité de la France dépend de ces prières.

Adieu, mon cher François, vous m'avez beaucoup aidé dans cette œuvre de régénération, comme vous l'aviez fait à N.-D. des Victoires, je vous en remercie; vous' m'aiderez encore, car il s'agit de la gloire de la très sainte Vierge et de notre patrie.

.\ bientôt le plaisir de vous voir. Je vous embrasse en N.-S.

Votre frère, L. A.

OBSERVATIONS DE L'ÉDITEUR

Si l'on compare ce récit avec la description d'Aubervilliers citée à la page 105, on reconnaîtra que Dieu se plaisait à bénir les efforts des deux frères et les prières des pieux fidèles de l'Archiconfrérie. Ainsi que nous l'avons dit, l'abbé François aida beaucoup son frère dans cette œuvre de résurrection, il fit beaucoup de recherches historiques qui, nous l'espérons, ne seront pas perdues. Elles sont actuellement entre les mains de son frère, qui a bien voulu nous les communiquer. C'est ce qui nous a permis de juger de leur importance.

Nous intéresserions vivement le lecteur de cette publication, si nous faisions connaître comment fut découverte la mystérieuse relation existant entre les deux églises de Notre- Dame des Vertus et de Notre-Dame des Victoires.

Il y a là un fait providentiel qui, nous l'espérons bien, sera clairement raconté dans un autre ouvrage, peut-être dans la biographie de notre cher et regretté ami l'abbé François.

En attendant ces détails intéressants, nous devons dire que cette découverte est due a la prière qu'il fit aux pieds de l'autel de Notre-Dame des Vertus, le jour où il était déterminé à ne plus continuer ses recherches à ce sujet, malgré les vives instances de son frère aine, qui lui dit que puisque les moyens humains ne suffisaient pas, il ferait bien d'aller prier Notre-Dame des Vertus. Ce cher ami le fit volontiers ; il était encore à genoux priant devant la sainte image de Marie, quand son frère revenant d'administrer une malade (M"^" Cousin), lui frappa doucement sur l'épaule et lui dit : « Regardez ce vieux cadre \ermt)ulu ! La sainte Vierge vuu>

« a exaucé. Pendant que vous étiez à genoux et que je (' regardais les caricatures tracées par les Prussiens sur les « murs de la maison d'où je sors, mes yeux se sont portés « tout à coup sur ce vieux cadre. Là, il y a le Document « que vous avez cherché en vain jusqu'à ce jour. Rendons « grâces à la Ste- Vierge. » Les yeux de notre cher et toujours regretté ami se mouillèrent de larmes et il continua à prier. — Plus tard, il découvrit le même Document dans la Bibliothèque nationale au département des Estampes. Le lecteur trouvera dans {'Appendice la reproduction de cette pièce qui remonte à l'année 1727 (i).

Ce fait nous en rappelle plusieurs autres qui furent publiés dans les Annales de JV.-D. des Victoires (mai 1872). Peut-être n'ont-ils pas été assez remarqués. Nous allons les citer de nouveau.

« On sait que le 17 Mai. veille de l'Ascension, l'église de Notre-Dame des Victoires tomba au pouvoir des impies, mais on ignore peut-être que le 24 Mai. jour où Ton célèbre la fête de Notre-Dame Auxiliatrice, cette même église fut reprise par l'armée française, à huit heures du matin.

« Or, les jours précédents, des tonneaux de pétrole avaient été amenés dans la cour qui longe l'église, et du haut des fenêtres voisines on avait aperçu les pré-

(1) Ce dot-ument de l'année 1727 est reproduit dans V Appendice de ce volume et gravé sur le inarhre. Il est cité dans le Manuel des Pèlerins, publié en 1875 par l'abbé Aniodru, ch. 3. page 38 ; il fut répandu par niillieis d'exemplaires au verso d'une image lithographiée de N.-D. des Vertus.

En 1889, les marbres liistoriques fixés au mur de l'église cliangérent de place. Primitivement, ils étaient placés (de 1872 à 1886) selon l'ordre chronologique des recherclies et des découvertes. Actuellement ils sont artistement posés (;a et là sur les murs. Voir le Manuel des Pèlerins. Appendire par l'abbé Amodrn. Cet ouvrage est en préparation.

paratifs de l incendie qui devait consumer et l'Eglise et la Mairie, et rétablissement du Timbre et la Bourse, et la Banque de France et beaucoup d'autres édifices.

« Malgré tous ces préparatifs, pas une seule maison de la paroisse na été brûlée, et plusieurs des profanateurs payèrent de leuF» vie le crime qu'ils avaient commis.

« L'enfer régna à Notre-Dame des Victoires pendant sept jours. Ce fut un règne beaucoup trop long, mais il aurait pu durer davantage. Dans les desseins de la Providence, il fallait peut-être cela pour démontrer au monde ce que sont les hommes qui professent la haine ou la négation de Dieu. Ils pillent, ils détruisent, ils persécutent, ils massacrent, ils violent les tombeaux, ils ne respectent rien, parce qu'ils ne respectent pas Dieu.

« Nous avons vu ces hommes, nous les plaignons sincèrement, et nous aurions bien voulu les ramener à de meilleurs sentiments. Ils venaient de l'Italie, de l'Allemagne, de tous les pays voisins et de toute la France. La plupart faisaient partie de certaines sociétés condamnées par l'Eglise, et ils avaient des signes au moven desquels ils se reconnaissaient. Imbus des doctrines perverses contenues dans les journaux et les livres impies qu'ils avaient lus. ils proclamaient hautement le triomphe de la science sur la religion.

« Pour eux, Dieu n'était plus qu'un mot ^ide do sens.

« Quoiqu'il en soit, il restera établi que le 24 Mai. fcte de Noire- Dafuc Au.xilialricc. l'église de Notre-

Dame des Victoires fut reprise et arrachée aux mains de l'impiété, et d'après les révélations faites aux Conseils de guerre, il restera pareillement établi que le même jour on voulait exécuter tous les prêtres emprisonnés à la Roquette. L'ordre en avait été donné ; soixante-huit victimes devaient succomber en même temps que Mgr l'archevêque, mais au lieu de soixantehuit, il y en eut six. Soixante-deux furent sauvées.

« Veut-on savoir ce qui se passait dans la prison à l'heure où l'horrible décret de mort était porté? Nous le dirons pour l'édification des enfants de Marie.

« Les prêtres priaient et ils disaient entre eux : « Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Vierge, secours des chrétiens, invoquons-la, demandons instamment son secours : Elle nous protégera, (i) » Hélas! on put un instant douter de son intervention, quand nous entendîmes les coups de feu qui donnaient la mort à six nobles victimes : Mgr Darboy, M. BonjEAN, Tabbé Deguerry, le P. Ducoudray, le P. Cler et l'abbé Allard.

« Mais aujourd'hui que la lumière sest faite, il n'est plus permis de douter de l'insigne faveur que la Vierge, secours des chrétiens, accordait aux prisonniers le 24 Mai 1871 .

« Plusieurs fois, chers Associés, vous avez assisté, le dimanche, à l'office de l'Archiconfrérie et vous avez sans doute remarqué que, pendant le chant solennel des litanies, tous les assistants tombent à genoux répétant trois fois de suite : Auxilium christ ianorwn,

(Il W^v Siirat, 1" ari;hidiai:rL', vicaire-gcnéral de Pai'is, nuns ciii^'a^'ca à l'aire un vœu à la Sic Vierge.

— iU ora pro nobis. Secours des chrétiens, prie^ pour nous. Ainsi l'avait réglé M. Des Genettes.

« Ne vous semble-t-il pas que ce cri de détresse trois fois répété à genoux, chaque dimanciie depuis la fondation de l'Archiconfrérie, a eu son écho dans l'église de Notre-Dame des Victoires et dans la prison le jour de Notre-Dame Auxiliatrice ? C'est pour ce motif que nous venons de placer dans la chapelle une bannière portant ces mots : Aiixilium christianorum . Cette bannière y restera pendant tout le mois de Marie. »

« La statue de Notre-Dame des \'ictoires a été conservée tandis que d'autres ont été brisées et détruites.

« Nous lavons revue à notre retour de la Roquette ;

MAIS EN PARTANT NOUS AVIONS DÛ PASSER PARMI LES LIVRES LACÉRÉS, LES REGISTRES DÉCHIRÉS, LES PAPIERS EN LAMBEAUX ET FOULES AUX PIEDS. NoUS PENSIONS, HÉLAS ! QUE TOUS LES REGISTRES IMPORTANTS DE lAr- CHICONFRÉRIE ÉTAIENT TOTALEMENT DETRUITS. C était

une erreur. La sainte Vierge qui \eillait sur son image vénérée mettait aussi la main sur l'œuvre de l'Archiconfrérie. Avant l'envahissement, il y avait CENT soixante VOLUMES in-quarto de lettres authentiques d'affiliations. Les cent soixante volumes

ONT ÉTÉ RECUEILLIS ÇA ET LA DANS L EgLISE, IL n'eN manque PAS UN SEUL, TOUS LES TITRES AUTHENTIQUES

qu'ils contenaient y sont encore.

« Ne nous est-il pas permis de proclamer que la sainte Vierge a mis la main sur ces écrits, diiiant à Satan : « C'est mon œuvre, tu ne la détruiras point. ^*

« Pour que nos lecteurs comprennent bien l'importance de ces titres authentiques, nous dosons dire

de quoi ils se composent. Quand un prêtre veut affilier une paroisse ou communauté à l'Archiconfrérie, il écrit au Directeur à Notre-Dame des Victoires; sa lettre doit être accompagnée d'une ordonnance de l'Evêque approuvant rétablissement de la Confrérie et son affiliation. Ces deux pièces constituent un acte authentique qui est soigneusement conservé dans nos archives. Chaque année, on relie ensemble ces divers actes à peu près comme les notaires ont coutume de relier les leurs. C'est ainsi qu'on avait pu composer cent soixante volumes de lettres d'affiliation.

« Nous invitons tous les associés à témoigner avec nous leur reconnaissance à la Sainte Vierge de ce que ces titres précieux ont échappé à la destruction.

« Parfois on nous demande avec surprise comment il se fait que l'Eglise de Notre-Dame des Victoires soit aujourd'hui aussi belle et aussi resplendissante qu'autrefois ? Notre réponse est bien facile. La piété des fidèles y a pourvu immédiatement et y pourvoit encore tous les jours. C'est ce qui nous fait espérer que Paris et la France seront sauvés. Non-seulement la générosité chrétienne se manifeste autour de nous, mais elle s'en va au loin secourir les œuvres catholiques ; les Annales de la propagation de la foi constatent avec bonheur que, malgré ses malheurs, la France, en 1871, a donné 800.000 francs de plus que l'année précédente. Une nation qui donne son sang eu la personne des missionnaires martyrs, qui malgré ses désastres ne diminue rien de ses œuvres de charité et qui, par-dessus tout, se place hautement sous la protection de la sainte Vierge ne peut pas périr. Bientôt^

pour le bonheur du monde, on la retrouvera à la tête des nations catholiques, pour cela, il faut que la presse irréligieuse cesse d'empoisonner le peuple, il faut que l'instruction religieuse et morale soit donnée à ce peuple le saint jour du dimanche : il faut enfin qu'une éducation chrétienne remplace l'éducation inditïérente ou impie trop longtemps donnée à la jeunesse française.

« Nous supplions le Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, d'exaucer nos vœux ( i ).

• Laurent Amodru,

Sous-Directeur général de l'Archiconfrérie. »

(1) Extrait des Annales île N.-D. des Victoires, mai 1872.

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