QUATRIÈME PARTIE
Vous savez bien que vos lèvres mentaient lorsque vous les livriez à nos tendresses dévorantes.
Pourquoi leur faisiez-vous murmurer des mots d'amour?
Pourquoi? Si c'étaient des mensonge^.
Tout n'est que tromperie en vous, il n'est de \Tai que le cri arraché de force à votre volupté dans le spasme jouisseur du moment.
Ah ! pute ! ah ! pute !
De ses larges poings, il meurtrissait le corps de sa Notre-Dame qui s'obstinait à lui sourire.
Soudain il se retourna.
Il aperçut au travers des vitres, rapprochés par l'épouvantement, les indiscrètes figures de Maud et de Gabriel, pâles comme la mort.
Surpris, comme une bete affolée qui cherche à fuir, il courut lourdement au travers de la chambre, hurlant, délirant, enragé.
La chasuble, déchirée, pendait eu lambeaux.
De ses ongles il labourait sa poitrine poilue qui, ensanglantée, était horrible. Ses pieds aussi étaient meurtris.
— Ah ! vous avez vouhi voir, s'écria-t-il.
eh bien! regardez ce que c'est que l'Amour.
Voilà la femme, procréatrice qui sut rester stérile dans sa volupté... et maintenant elle est vieille, elle est lasse, son ventre est ridé et flétri, ses mamelles sont vides et sèches.
Nous avons exprimé le suc de ses perversités.
Elle est pourrie, ignoble, ses membres sont grêles, ses mâchoires ébréchées et branlantes...
Holà! fossoyeur immortel, viens jeter cette chair bleuie au fumier des pourritures éternelles.
Ses gestes le rendaient plus hideux encore, laissant voir sa nudité.
Il s'adressait maintonaiil à lldole :
— Femme, voyons, montre ton cœur, ton à me, ta beauté !
On te voit, allons, fais-toi belle !
Vite des poudres, des houppes et des fards, on te voit, bombe ton torse rayonnant, gonfle tes seins, étends les bras, arque tes cils, et que l'iris se glisse au fond de ta prunelle.
Sois provocante, allons, ils le payeront cher, très cher.
Ah! tu ne peux plus le prostituer, on l'a
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vidée enfin, outre inféconde, la peau de ton ventre retombe sur tes os.
Et tes lèvres sont repues. Mais ris, ris donc quand même au monde qui passe; tu es à moi, ris, je le veux.
Accroupi, il lui soufflait des injures à la face, et de sa main il lui tirait des poignées de cheveux.
Puis, d'un bond, il se précipita, se vautra, se roula, insensé.
L'autel croula, parmi les cierges renversés.
Seul le Bouc était debout, qui ricanait dans sa barbe longue.
Il le prit par les cornes et l'envoya d'un geste terrible vers les amants, dans les vitres qui éclatèrent.
Mais pris de peur, Gabriel s'était enfui soutenant Maud qui défaillait.
N'ayant plus rien à détruire, le pauvre fou mordait la cire des cierges en riant.
Puis nu, entièrement, il courut encore dans la grande salle bouleversée, enfin il sortit et son hurlement se perdit dans la nuit.