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CHAPITRE XI

L'enfant.

Un léger croissant de lune égayait le ciel calme et les flots civilisés.

Seule une barque glissait, rapide, vers la haute mer.

Après un long moment, les rames immobiles comme un oiseau qui plane, retombèrent, lassées, l'homme s'accroupit au fond de l'esquif et chanta...

(]e furent de puériles tristesses qm .>\monèrcnt dans la claire nuit. Et parfois on en tondait des pleurs au milieu des chansons.

Il redit les souffrances subies avec des rondes, puis, des berceuses maternelles :

Le petit va bientôt dormir.

Le petit va bientôt dormir.

Do... do...

Do.

Et puis encore :

Au jardin de mon père, Il y a un rosier.

Ou la Légende des cloches :

Il fit trois tours et le voilà noyé, Il fit trois tours et le voilà noyé.

Il aperçut les étoiles et leur conta des histoires d'amour, avec des baisers pour les plus brillantes.

Il leur donnait des noms de femmes et des caresses.

Des mots s'échangèrent, que le vent emporta.

Puis, la brise devenant plus forte et les vagues plus grandes, il prit les rames qu'il jeta à la mer. Et sa voix très douce reprit :

Il fit trois tours et le voilà noyé, Il fit trois tours et le voilà noyé.

Alors la barque frêle fut ballottée de çà, de là, au caprice des ondes certaines d'u|ie proie. Et l'homme dressa sa nudité.

Curieuses, les étoiles le virent et ne rougirent pas.

C'est vers elles qu'il étendit les mains.

L'aube était venue; comme elles palissaient, une à une, il leur dit :

— Oh! mes amours jolies, attendez-moi. Je viens.

Et la barque fragile disparut, perdue aux brumes matinales, comme il chantait une dernière fois :

11 était un petit navire, Il était un

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