‹ Notre-Dame-des-Voluptés-sans-nombreChapitre 135 sur 136 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

La porte se referma, brusque. -Il crut entendre comme un déchirement.

En face, dans la chapelle, la voix des prêtres montait, très fausse, avec des chants latins, sur des airs de De profundis et de Miserere...

— Arrive donc, criait Perdigal, tu manqueras le train. -

Il suivit machinalement, comme il aurait suivi un cortège de mort.

Perdigal, bavard, reprenait ses histoires :

— Ah ! mon vieux, tu as de la veine de revoir Paris. Ah! ce cochon de Paris, te souviens-tu?... C'était bath tout de même... et Oustalet, et Louchon et ma Mourrette... ah ! nom de Dieu !..

Mais Gabriel n'écoutait pas, perdu, très loin, dans un rêve.

La voix des prêtres restait à ses oreilles comme un bourdonnement.

Manquer le train ! ah ! ça lui était bien égal ; il avait manqué sa vie, que lui importait alors?... Il partait, et jamais il ne s'était senti aussi seul, aussi désolé. Ce n'était plus maintenant des tristesses puériles, ni des regrets.

Avant, il ne savait pas, il ne comprenait pas

mais aujourd'hui ses yeux voyaient clair dans son âme.

Une cassure profonde, irréparable, s'était produite en lui...

Les promesses de femmes, mensonge, mensonge, mensonge ! Rien n'était vrai.

Il sentait que c'était fini, qu'elle était morte à tout jamais, la bote qui lui rongeait le cœur.

Et le Spasme, et la Volupté, et l'Amour?

Tout cela c'était de la blague. C'était fichu et bien fichu, le spasme était mort, l'amour était mort, la volupté aussi !

Oïl était-elle la « Notre-Dame-des-Voluptcssans-nombre » qu'ils espéraient tous glorifier?

Ali! pauvre bougre, c'était ]>i<Mi fini !

Il se sentait devenir vieux

Page 1