‹ Notre-Dame-des-Voluptés-sans-nombreChapitre 134 sur 136 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

— Combien?

— Toujours...

— Ah ! ! ! Alors, on ne se verra plus ? demanda Mourrette.

— Non, plus, dit-il simplement.

— Mais... tu m'écriras, n'est-ce pas?

— Peut-être !

Sans plus dire, ils se prirent la main, puis ils s'attirèrent l'un vers l'autre, et leurs lèvres s'accouplèrent dans un baiser qui prit toute leur âme.

— Alors, jamais plus?

— Plus jamais, répéta Gabriel.

Perdigal revenait, toujours remuant, rapin quand même, le feutre en bataille, la pipe aux dents à la main il portait la valise de son cousin.

— Zou faï ta malo (allons, fais ta malle), s'écria-t-il ; en route !

— Que diable, laisse-nous faire nos adieux, dit Mourrette avec un sourire indécis — ces sourires qui sont si près des larmes.

Gabriel embrassa la bonne vieille maman et le petit Perdigalet qui pleurait, voulant accompagner son père.

— Eh! va donc, fontaine ! fit Perdigal d'une voix si terrible que le gosse s'en alla cacher sa tète morveuse dans les jupes de sa grand'mère.

Et Gabriel, du bout des lèvres, effleura Mourrette, n'osant lui donner une plus grande caresse oîi ils eussent peut-être succombé.

— Adieu, m'amour, chuchota-t-elle.

— Adieu, ma jolie.

Perdigal était déjà dans la rue. Ils se retrouvèrent seuls dans le vestibule qu'ensevelissait un demi-jour d'ombre discrète, alors ils se prirent une dernière fois, éperdument.

— Encore... encore... disait-elle.

Et il lui mettait des baisers brûlants, au hasard, dans le cou, sur l('s you\. sur les lèvres...

— Oh ! reviens, reviens, reste.

Il se détacha de son étreinte.

— Non, non, jamais plus, jamais plus, adieu... Perdigal grondait dehors :

— Ben quoi, on ne part plus maintenant?

— Au revoir, m'amour, redit encore Mourrette.

— Adieu, ma joie.

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