CHAPITRE VII
Un jour qu'il pleuvait...
Il pleuvait sur la mer immense, et Gabriel, balancé dajis son « rocking-chair », regardait an travers de la vérsinda, les vilres qui pleuraient doucement, et plus loin, là-bas, les barques, comme des goélands effarouchés, qui rentraient, h l'abri du port, dans la petite-darse.
Il lisait Monsieur de Phocas de ce Lorrain (pu montra si bien les travers, les vices et les tares du cosmopolisme envahisseur; mais le livre, à reliure fine, avait glissé de ses doigts et il était resté, les feuillets larges ouverts, sur le tapis aux arabesques multiples.
En ce jour maussade, Gabriel avait la nostalgie du soleil ; et les mirages exquis que faisait
l 'S'I \OTHK-I)AME-I)ES-VOLUPTÉS-SANS-NOMBUi:
miroiter le délicat conteur devant ses yenx, n'avaient fait qu*aiig:menter la désespérance de son regret.
Il rêvait d'un Orient lointain, des sveltes minarets et des mosquées dodues, aux émaux (jui étincellent.
Il laissait aller son àme à la mélancolie.
Il avait des nonchalances soudaines dans la quiétude et l'égoïsme de son amour.
Dans les abstractions continuelles de son esprit, il ne voyait plus qu'un être unique, qui se dressait, grandiose, dans la puissance de sa beauté : sa femme, sa Maud bien-aimée.
Son art, il l'avait asservi aux caprices de sa maîtresse, aux désirs incessants de sa volonté.
Lorsqu'il jouait encore ce n'était plus animé d'une étincelle divine, ni transporté dans le hors-là des célestes musiques, mais seulement heureux si Maud lui disait: « C'est bien, » dans les caresses attendues en récompense du plaisir satisfait.
La femme qu'il avait espérée comme la f flamme sacrée qui devait ranimer les superbes triomphes, cette femme, cette Muse s'était