TROISIÈME PARTIE 13o
glissée en ennemie dans son àme hospitalière.
Et la guerre avait éclaté sourdement, de puissance à puissance, mais avec des armes inégales, pour la conquête de ce cœur qui ne pouvait être à deux.
La Femme terrassait l'Art par l'étreinte de ses voluptés sans nombre.
Si, pareil aux pliœnix fabuleux, l'art essayait (le renaître sous les cendres du foyer, une caresse plus sensuelle l'annihilait à tout jamais.
Gabriel assistait — sans voir et sans savoir — au tournoi oii se disputaient, àprement, les lambeaux de sa chair mutilée.
Une tempête morale déferlait en lui, furieuse, et au travers de ses paupières mi-fermées, il voyait grandir la colère des flots qui faisaient fnir, plus rapides, les fragiles esquifs des pécheurs attardés.
Un sautillement d'oiseau lui fit deviner Maud qui entrait.
Elle se pencha. Ils se prirent, longtemps, comme toujours, un baiser sur la bouche.
Les idées mauvaises et les mélancolies s'enfuirent à tire-d'aile.
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Tout de suite Maud gronda, gentiment maternelle :
— O my dear, o'est fou dètrc ici à une heure pareille. Le froid va vous gagner.
Et, entourant son cou de son bras, elle se mit sur ses genoux, poursuivant :
— Oh ! le petit enfant terrible, vous êtes .i;îacé ; rentrez vite, vite, vous faire dorloter par les càlineries de votre Maïul aimée, qui vous gâtera beaucoup, beaucoup.
Gabriel la baisa encore.
Puis il sourit, reprenant la gronderie commencée :
— Encore « vous », fît-il, si c'est possible, un vieux ménage comme le nôtre?
— Pardonnez, darling, nous n'avons pas, nous autres, élevés dans la raideur anglaise, cette aifection qui rapproche les Ames sous une même pensée... je ne sais pas, voyez-vous, si je jiourrai le dire....
— Voyons, essaye... Conuncnt dis-lu?
Et Maud rougissante, en petite fdle, prononça avec un zézaiement léger :
— Je t'aime.