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Notre droit national et la révolution

Cet ouvrage a été écrit dans le but, sinon d'arrêter (ce qui eut été une illusion présomptueuse), au moins de harceler la diffusion des doctrines libàrales dans les provinces flamandes de la Belgique. Le libéralisme religieux, qui est le naturalisme politique, ou la négation des obligations qui découlent de la loi surnaturelle dans l'ordre politique, a été combattu victorieusement en cent rencontres. Parmi les classes cultivées, il trouve peu de créance quand il vante son respect pour la « religion de ses pères. ^ Néanmoins, malgré l'histoire du libéralisme contemporain dans tous les pays où il sévit, un très-grand nombre de citoyens s'obstinent à ne pas croire, qu'il vise à l'extirpation de la religion et du sentiment religieux. Ils croient, que l'objet du litige consiste uniquement dans une différence d'appréciation sur la dose d'ingérence qu'il faut permettre ou refuser au clergé dans les questions, appelées politiques ; qu'il

ne s'agit que d'une certaine fluctuation à produire ou à éviter dans le chiffre des prêtres rétribués, dans le chiflre de la rétribution, ou dans le chiffre des secours à accorder aux fabriques d'Eglise.

Laissons ces naïfs, ces préhistoriques de la controverse, aux rêves qu'ils caressent ; et croyons-en Laurent, quand il dit, que le <^ le Libéralisme est la libre pensée ou qu'il n'est rien. » Notre but n est pas cependant de traiter plus spécialement du libéralisme religieux.

Nous combattons, à côté du libéralisme religieux, le libéralisme politique et le libéralisme économique. Cette erreur, aussi mortelle que toute autre grande erreur, a pénétré jusqu'au cœur de toutes les institutions contemporaines. S'il en est, (et il en est beaucoup), qui croient encore que le libéralisme n'est funeste qu'à la religion, ceux-là sont en proie à une étrange illusion. La liberté et la paix sociale, aussi bien que la prospérité religieuse, sont l'enjeu de cette lutte qui se déroule de nos jours entre les vrais conservateurs et les soidisant libéraux. Le libéralisme, sous toutes ses faces, voilà ce que nous appelons la Révolution.

Nous avons donc voulu montrer tout ce que cette secte, antireligieuse, despotique, antisociale a de funeste. A cet effet, nous avons opposé le droit ancien, notre droit national, au droit nouveau, le

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droit révolutionnaire ; et nous en avons foit la comparaison au point de vue de la raison et du bon-sens chrétiens. Tel est le procédé invariable dans chaque question traitée. Quel est le droit ancien ? Quel est le droit nouveau? Qu'en pense le bon-sens chrétien?

La matière était vaste, immense. Il eut été trop long de tenter cette comparaison jusque dans les détails. Afin de ne point encourir ce défaut dont menace le dicton : qui trop embrasse mal étreint, nous avons nous-môme limité notre cadre, restreignant notre examen aux questions sociales, et, dans celles-ci, aux principes fondamentaux.

Voici maintenant Tordre des questions traitées.

La société se compose d'une autorité et de sujets. Comme l'autorité est Tâme de la société, nous commençons par elle. L'autorité peut être considérée à l'abstrait et au concret. A l'abstrait, elle n'est autre que le droit de commander. Au concret elle est la personne, physique ou morale, qui a le droit de commander.

Le premier livre, après quelques questions générales sur la société (qu'est ce que la société en général ? Comment les sociétés se divisent-elles ? L'Etat est-il une société nécessaire ?), traite de l'autorité considérée à l'abstrait. Quelle est sa mission ? quelle est son origine ? Quelles sont ses limites ? Quels sont ses embranchements, savoir le pouvoir

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