IV
législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif ? Quelles sont en détail les fonctions de chacun de ces embranchements ? Au fur et à mesure que nous rencontrions les doctrines erronées, nous avons entrepris de les réfuter.
Le second livre traite de. Tautorité concrète. C'est de la constitution de l'autorité concrète que dépend la forme du gouvernement. Comment déterminer la personne, physique ou morale, qui a le droit de commander ? Comment l'autorité se transmet-elle ? Quel droit de résistance à l'autorité civile faut-il reconnaître ? Quelle résistance faut-il condamner ? Quelle est l'histoire de l'idée gouvernementale ?
Après avoir traité de l'autorité, il reste à traiter des sujets. On peut distinguer dans l'organisation sociale les assises fondamentales, et l'organisation plus superficielle. Le troisième livre a pour objet les assises fondamentales de la société civile : la Religion, la Famille, la propriété. Les questions de Religion ne comprennent qu'un seul chapitre. Ensuite vient la famille. Nous avons suivi celle-ci dans son développement naturel, le contrat matrimonial, l'éducation des enfants, l'hérédité. Même, ce que nous avons dit de la propriété dans le troisième livre, se réduit à l'hérédité, réservant la question plus générale de la légitimité de la pro-
priété privée au livre suivant, où nous sommes amenés naturellement à l'étude du socialisme.
Au quatrième livre, nous commençons par exposer l'égalité et l'inégalité sociales, sans excepter l'inégalité qui résulte de la propriété privée. L'inégalité sociale répartit les sujets en trois grandes classes sociales : la noblesse, la bourgeoisie, le prolétariat. Pour chacune de ces trois grandes classes, nous examinons ce qu'il faut pourqu'elles soient organisées sainement, et qu'elles puissent apporter à l'Etat l'appoint de force et de solidité que le bien commun peut en attendre. Ainsi nous sommes amenés à étudier de plus près le socialisme contemporain, et l'influence de la morale chrétienne sur la question économique actuelle. Nous en venons à préconiser le régime de la corporation chrétienne, qui, à notre avis, est la seule solution pratique de la question ouvrière.
Voilà tout le plan de l'ouvrage. Est-il permis d'espérer qu'on le trouvera logique et suffisamment complet ? Voilà ce que pourront décider ceux qui nous font l'honneur de nous lire attentivement. Nous appelons du reste sur notre travail les jugements de la critique.
L'ouvrage a été publié d'abord en Flamand, sauf des ajoutes assez considérables qui se trouvent au quatrième livre, Flamand nous-même, nous nous
adressions à des Flamands, pour les détourner du libéralisme non seulement au nom de leur foi religieuse, mais encore au nom de leur patriotisme. Nous avons cru qu'un moyen très-efficace pour atteindre notre but était de stimuler en eux l'amour de la langue maternelle, et de transformer celle-ci en digue, campée entre eux et la France révolutionnaire, centre actuel d'où partent par rayonnement toutes les doctrines les plus funestes. Des Français comprennent mieux que nous, que le français est « le véhicule de la révolution « (i), puisqu'ils sont venus nous le dire : du reste, la presse libérale ne se gêne pas de le répéter à leur suite. Quand nos pères craignaient l'invasion de l'océan, ils élevaient des digues :
Quali i Fiamminghi tra Cazzante e Brugia, Temendo il fiotto che in ver lor s'av venta, Fanno lo schermo perche il mar si fuggia. (2)
Nous avons tenté la même tactique. Malheureusement, il y a beaucoup de Flamands qui n'y croient pas. Il y a donc bon nombre de nos amis qui nous ont engagés à traduire l'ouvrage, au service des Flamands, qui ne savent ou ne veulent pas lire le Flamand, et au service d'autres catholiques qui
(1) Entre autres, Mgr Dupanloup à Anvers.
(2) Dante. « Tels les flamands entre Cadzand et Bruges, craignant la « mer qui s'avance vers eux, se protègent, pour l'éviter. »