‹ Notre ennemi le luxeChapitre 32 sur 41 · I. Voyez page · texte numérisé non relu

I. Voyez page

club ; on ne les rencontre jamais dans les lieux ou l'âme s'élève au contact de l'art ou de la pensée.

Pour justifier cette vie inutile, ils déclarent ne pouvoir servir un Régime qui n'est pas le leur, et, en attendant leur Prince, ils se croisent les bras !

Le gouvernement, appréciant ce qu'ils valent, ne se montre point, il est vrai, empressé de réclamer leur concours; mais il ne leur ferme ni ses écoles, ni surtout la carrière accessible à tous et chez nous trop peu en faveur de l'initiative privée. Qu'ils ne sollicitent pas d'emplois publics et s'éloignent même systématiquement des examens qui y conduisent, qu'ils se tiennent à l'écart du mouvement politique fait autour d'un drapeau, personne ne songe à les en blâmer : on se passera d'eux; mais que, du moins, dans leur propre intérêt, ils ne demeurent pas les bras croisés au milieu de l'activité générale, qu'ils se fassent artistes, écrivains, agriculteurs, commerçants, orateurs ou soldats * !

1. La nouvelle loi militaire, par lorganisalion do la garde na-

Le spectacle de Toisiveté cause autant de mal que l'exemple du travail peut faire de bien. Une société dans laquelle une classe travaillerait sans relâche tandis qu'une autre classe se reposerait toujours, serait menacée de perdre son équilibre.

Ceux qui travaillent n'ayant plus d'autre ambition que de partager le sort de ceux qui ne font rien, un jour viendrait où cet état mal équilibré pencherait sur l'abîme comme un bâtiment dont on aurait mis tout le lest d'un côté. La production ne se trouverait plus en rapport avec la consommation, la torpeur gagnerait cette société malade par excès de richesse, elle ne saurait plus ni se nourrir ni se défendre ; et bientôt, sans même que le monde s'en aperçût, elle disparaîtrait, absorbée dans quelque nationalité nouvelle.

On ne peut adresser, d'une manière absolue,

tionale mobile, soumettra à Tavenir la plupai^t de ces jeunes gens à un service transitoire. Ce sera tout au moins une intemip' tion à leur vie inutile. A ce point de vue la loi produira un heureux effet, dont les conséquences sociales et morales ne me paraissent pas avoir été suffisamment mises en lumière par ceux qui ont eu à en apprécier la portée.

le reproche de paresse à notre génération , sou caractère distinctif étant au contraire une fiévreuse activité ; mais on reconnaît les ravages du luxe à cette circonstance que toute notre activité se tourne presque exclusivement vers la possession de la richesse considérée par le plus grand nombre comme le droit de se reposer.

Un auteur* a proposé une manière aussi neuve qu'originale de moraliser le luxe par le travail.

« — Quand un homme aura vingt et un ans, rÉtat viendra le trouver et lui dira : — « Mon- « sieur, quelle carrière avez-vous embrassée? « Que faites-vous pour les autres hommes? — « Rien, monsieur! — ... Voulez -vous travailler? « — iSon, monsieur, je ne veux rien faire. — Trèsce bien, vous avez donc une fortune ? — Oui, mon- (( sieur. — Eh bien, monsieur, vous êtes libre de « ne pas travailler ; mais alors il faut prendre un « remplaçant. Vous allez nous donner tant par an, « pour que des gens qui n'ont pas de fortune

Page 1