‹ Notre FranceChapitre 2 sur 65 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Au même moment, comme s'il y avait entente entre les universitaires, le directeur de l'enseignement supérieur, M. Dumont, en me remerciant d'un exemplaire que je lui avais offert, m'écrivait ceci :

« C'est cette intensité de flamme pour les choses de l'intelligence et du cœur qu'il faudrait donner à nos enfants. Sans cela, nous n'aurons rien fait, malgré les sacrifices de l'État et tant de bon vouloir de tous les côtés. Nous vous sommes donc très reconnaissants de tout ce que vous faites de si effectifs de si réel pour le progrès de l'instruction et de l'éducation. A vrai dire, éducation et instruction sont une même chose en notre pays... »

Cette lettre, qui sanctionnait la valeur pédagogique de mes travaux, m'invitait, plus loin, à les continuer. Venant d'un homme de si grande valeur, — hélas! depuis nous l'avons perdu, — cette invitation était presque un ordre.

Je me décidai donc à différer la publication du volume des Souvenirs pour faire droit aux légitimes réclamations de ceux qui

PRÉFACE Vil

m'écrivaient encore : « Travaillez pour nous qui avons si grand besoin de nous retremper, de recevoir l'aliment moral que nous donnons, à notre tour, à la jeunesse. »

A vrai dire, ma besogne eût été facile si / je m'étais bornée à la réimpression pure et simple du Tableau de la France. Mais j'avais pour l'étendre et le compléter des ^ matériaux laissés par M. Michelet dans ses cartons : il eût été grand dommage de ne pas les utiliser.

Parmi ces notes, il en est une qui devait me servir de guide dans mon travail, parce qu'elle expose, à merveille, la méthode que M. Michelet eût suivie lui-même pour développer sa première esquisse trop rapide et trop brève :

« Je voyais, dit-il, si vivement les lieux et les hommes que je mettais en scène, que j'ai fait cela sans tâtonnements, tout d'un trait, sans reprendre haleine , juste le temps nécessaire pour l'écrire. C'est, en réalité, un voyage immense, à tire-d'aile,

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