‹ Notre FranceChapitre 39 sur 65 · LE PAYS D'ARMAGNAC · texte numérisé non relu

LE PAYS D'ARMAGNAC

Nous n'en avons pas encore fini avec les Gascons. Cette grande province est presque un royaume pour l'étendue.

Tout près d'Auch, capitale de la Gascogne, vous trouvez des Gascons d'une autre race. Si vous descendez du nord, vous rencontrerez par de là Bordeaux et Toulouse, au coin de l'Aquitaine, en face du Rouergue, un petit pays dont le nom a résumé toutes les haines du Midi et du Nord. Ce nom tragique est celui d'Armagnac. Rude pays, vineux, il est vrai, mais sous les grêles de la montagne, souvent fertile, souvent frappé. Ces gens d'Armagnac, de Fézensac,

moins pauvres que ceux des Landes, furent pourtant plus inquiets. Persécuteurs assidus des églises, surtout pour les piller, excommuniés de génération en génération, ce qui ne les troublait guère, ils vécurent la plupart en vrais fils du Diable.

Saint Louis leur donna plus d'une leçon sévère; ils finirent par comprendre qu'ils gagneraient plus à servir les rois de France et devinrent les capitaines du Midi au service de la royauté. Battant, battus, toujours en armes, poussant la guerre avec une violence inconnue jusque-là, coupant le pied, le poing à ceux qui refusaient de les suivre. Nos rois les comblèrent, les firent généraux, connétables et presque rois. L'un d'eux tint un moment Paris et Charles VI et le dauphin *. Sa police était rapide, à l'italienne. Défense de se baigner dans la Seine, comme à Yenise de nager dans le canal d'Orfano, pour qu'on n'allât pas compter les noyés. Celui-ci fut massacré par le peuple. Louis XI se chargea, plus tard, des autres exécutions. Il atteignit dans son repaire même de Lectoure, le bâtard d'Armagnac, occupé à mettre l'Anglais dans les places qu'il lui avait confiées; il l'y fit poignarder pour qu'il ne trahit plus.

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