‹ Notre jeunesseChapitre 100 sur 135 · SCÈNE IX LUCIEN, HÉLËNE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX LUCIEN, HÉLËNE

Allons, c'est fini, il ne manquait plus que ça!... Tu sais, alors, tu sais?..,

HÉLÈNE

Que celle enfant est ta fille?... Mon Dieu, oui, Je le sais...

LUCIEN, se désolant.

Mais par quelle série de fatalités? Oh! ne cherchons pas. C'est la fatalité, voilà !...

HÉLÈNE

Bah! re cherchons pas, en effet. Ce n'est pas la peine... Je la connais, c'est Fimportant. D'ailleurs, il n'y a plus que toi, aujourd'hui, qui ne la connaisse pas.

LUCIEN, allant à sa femme et la serrant dans ses bras.

Ma pauvre chérie, ma pauvre chéri'^, je ne sais plus que te dire, moi, je ne sais plus... Il ne faut pas m'en vouloir... Il faut me pardonner... Je ne t'avais jamais parlé de cotte histoire, moi! J'étais arrivé à ne plus y penser. Kst-ce que je pouvais prévoir? Et puis, hier, quand j'ai tout appris, brus(iaement... j'ai eu une telle secousse! Je t'aime ma chérie, je n'ai jamais aimé que toi ! Ah ! quel désastre !

HÉLÈNE

Mais où vois-tu un désastre là-dedans?

T'en vouloir, moi, et pourquoi? Parce que tu

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as UQe fille? Tu es bien heureux, et je voudrais pouvoir en dire autant. Mais nous allons essayer d'arranger tout ça.

C'est déjà, arrangé à peu près... Ne t'en in(|uièto plus... Je viens de m'entendre avec Chartieràqui je laisserai une cerlaine ï^onime d'urgenl... que celte petite linira bien par accepter à un moment donné... Ali ! que j'ai élé coupable de ne pas t'avoir racojiié ça plutôt... Laisse-njoi l'expliquer... Il(5lône.

Ne m'explique rien, mon ami, c'est inutile... Je sais tout : qui était la nièri', où celle enfant a été élevée... et j'ai appi'is en mOnie temps que tu as élé jeune, ce doit je ne me doutais pas et ce qui me fait espéii r que lu- pourras le r.'devûnir... K(^oule-moi, niainlenanl, car tout à l'heure, tu ne m'as pns comprise. Tu l'es imaginé que j'allais le faîn' des reproches!... Ah! mon ami, s'il y a une cliose que je ne songe pas à le reprocher, c'csl Lien celle-là! ;

•J16 NOTIŒ JELNESSE

LUCIEN

Je t'adore, Hélène... Alors tu oublieras?...

lu me promets d'oublier?

HÉLÈNE

Le mal que Ton a fait, I^ucien, il ne, faut pas Toublier, il faut le réparer. Ce nVst pas moi qui t'en empêcherai, au contraire, sois-en sûr. Et je ne f en empêcherai pas plus aujourd'hui, que je ne t'en aurais empêché autrefois, si tu m'avais mise au courant.

LUCIEN

Que veux-tu dire Hélène?... Je n'y suis pas, moi!...

HÉLÈNE

Je veux dire que nous ne pouvons plus maintenant, dans l'état actuel, laisser cette jeune fille s'en aller à l'aventure, loin de nous... surtout une jeune fille pareille, de la nature la plus droite et la plus finel..,

LUCIEN étonné.

Hélène I Hélène I

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