‹ Notre jeunesseChapitre 110 sur 135 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

HliLÉJiE

Après la scîine que vous savez, nous avoiH déjeuné, comme vous savez, dans le pavillon, mon beau-père, mon mari et moi, déjeuner rapide el à peu près silencieux. A la fin, mon beau-père a dit tranquillement, comme s'il ne s'était rien passé : « Je vais finir ma malle, nous partons à quatre heures cinquante. » J'ai répondu avec la même tranquillité : « Je n'ai pas le temps de faire la mienne, je prendrai un autre train. » Alors, il est sorti en haussant les épaules, pendant que Lucien, la tête entre ses mains agitait fébrilement ses pieds sous la table. Il est comme hypnotisé, c'est le mot. Il s'agit de le secouer jusqu'à ce qu'il se réveille. Sur ces entrefaites votre frère est entré et je les ai laissés seuls...

Nous pouvons compter sur mon frère, il est tout à fait pour nous, maintenant.

nÉLÈNE

Savez-vous ce que j'ai découvert pendant

ce déjeuner, et qui, à défaut d'autres raisons, suffirait à rendre désormais intolérable la vie commune entre mon beau-père et moi? Vengeance combinée avec une bonne action, c'est-à dire le plaisir suprême...

LAURE

Et quelle est cette découverte?

HÉLÈNE

Ma chère, je suis convaincue que Monsieur Briant s'est livré, à propos de moi et de Monsieur de Glénord, à des insinuations plus ou moins vagues, plus ou moins directes...

LâURE

Oh! il aurait été capable...! Ce n'est pas possible...

Capable d'une perfidie, non certainement, mais de sournoiseries destinées à irriter son fils contre moi, ce n'est pas douteux. J'ai senti ça à la façon brusque dont, à deux reprises, le nom de Clénord a été jeté, comme

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