ACTE QUATRIEME
à la fois, sa mère et sa maîlresso? Les deux femmes s'étaient même liées, à cette occasion, et aujourd'hui, parait-il, elles sont inséparables.
Cela ne vautîl pas mieux que si l'une des deux avait chassé l'aulre et que mon ami lïll mort faute de soins? Mon Dieu, cher Monsieur Itriant, je n'ai évidemment aucune qualité pour prendre la défense de noire époque. Le monde est plein de gens qui la déclarent, chaque matin, sans grandeur morale, sans noblesse et Fans beauté, et qui semblent avoir pour mission sacrée de nous dégoûter dos autres hommes, de la vie et de nous-mêmes. Si quelqu'un ose insinuer que nos anc(^tres ne valaient pas mieux que nous, on le traite de cerveau déJiile ou de mauvais citoyen; et il faut aujourd'hui, pour louer ses semblables, plus d"audace qu'autrefois pour les flétrir. F.h hienl moi, Monsieur Briant, je ne sais pas si noire époque laissera dans l'histoire une éclatante répulaliou d'héroïsme et de beauté, mais je la trouve,
malgré ses tares et ses vices, plus cordiale et plus habitable que la vôtre. Nous n'avons plus certaines vertus que vous aviez, mais nous avons une sensibilité que vous n'aviez pas; et nous sommes plus émus que vous par la souffrance, l'inégalité et la misère.
Ceci compense cela. Voilà pourquoi, je vous le déclare très nettement, je suis dans cette affaire, avec Madame Briant, contre vous et contre Lucien.
MONSIEUR BRIANT
Ceci regarde mon fils. Je lui ai dit ma façon de peuser et ma résolution formelle. Je n'ajouterai plus un mot, ne voulant pas avoir l'air de m'acharner sur une personne à qui je ne conteste aucune des qualités que vous lui prêtez, mais qui m'est parfaitement indifférente. Remarquez d'ailleurs, cher Monsieur Chartier, — et cela va vous faire plaisir — que je n'ai pas la moindre illusion sur le résultat.
LUCIEN
Quoil mon père! Que dites-vous?