‹ Notre jeunesseChapitre 16 sur 135 · ACTE PREMIEI T · texte numérisé non relu

ACTE PREMIEI T

pas encore abîmée par loutes les drogues d'aujourd'hui... (Tapant d'un air prolecteur Eur [■cp'.uie de son fils.) Va, mon garçon, repose-loi, prends des forces... et ne t'inijuièle pas de moi...

LUCIEN

Oh! mon père, si je ne vous avais pas!...

(Il lui serre la main.)

HÉLÈNE, à part, à Laure.

Quand on pense que c'est Lucien, au contiaire, qui fait tout! Son père ne fait rien... absolument rien!...

LitliE, mfme Jeu, riant Vraiment?

CHARTJER, à Monsieur Btiant .

Quoi qu'il en soit, nous fâcherons, cher Monsieur Briant, de ne pas vous laisser une Irop mauvaise impression de notre Trouville.

38 NOTRE JEUxNESSE

MONSIEUR BRIANT

Et je ne suis pas fâchd, d'ailleurs, de voir ce que c'est qu'une ville de plaisir au commencement du vingtième siècle.

CHARTIER

Vous m'avez permis, n'est-ce pas, de vous présenter tout à l'heure quelques-uns de nos amis?... Nous aurons Monsieur de Clénord.

(A Lucien.) Au fait, GlénorJ est notre camarade d'école.. Te rappelles-tu Clénord?

LUCIEN

Fort vaguement...

CHARTIER

Nous aurons Serquy... (A MoDsieur Briant.)

Serquy...

MONSIEUR BRIANT

J'entends bien...

Aciéries... Forges... Hauls-Foumeaux, métallurgie... comme vous...

ACTB PREMIER 39

LLXIËS

En rcnl fois plus granJ...

CIIABTIEB, i Monsieur Briant.

Tenez, en voilà un qui a une organisation de fer... C'est un pelit bonhomme de rien dii tout... Eh bien! moi qui vous parle... je l'ai vu autrefois...

LAURE

Du temps que lu faisais la noce...

Oui... il avait à peine vingt ans à ce momenl-Ià... il est beaucoup plus jeune que nous... Je l'ai vu se coucher à cinq heures tlu matin, dormir une heure, ôtro à fix heures et demie au bureau où son père l'allcndait, trfivaillcr jusqu'à midi... déjeuner... redormïr une demi-heure et travailler jusqu'au soir... El depuis la mort du père Serquy, il conduit tout seul une afTuirc colossale... ce qui ne l'empêche pas de passer un mois par an à

Trouville, quinze jours à Aix-les-Bains, trois semaines dans le Midi, d'aller en automne chasser en Ecosse, de jouer, de souper...

Oui, c'est l'industriel fôtard, une des merveilles de rindustrie contemporaine. Mais il est probable que si le père Serquy avait vécu comme son fils, il n'aurait pas fondé la maison colossale que ce jeune homme dirige en soupant et en allant chasser en Ecosse.

CHARTIER

Mais ça ne rempeclie pas d'être très sérieux... Je suis sûr qu'il vous plaira beaucoup... (Regardant par la baie.) Ah! le Voici qui

arrive par la côle... avec Madame de Bernac

(Se retournant vers Monsieur Briant.) J'allais oublier

de vous dire que nous dînions avec Madame de Bernac, sa cousine...

MONSIEUR BRIANT

Ahl

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