‹ Notre jeunesseChapitre 63 sur 135 · ACTE DEL'XIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEL'XIÈME

Hein ! Que te disais-je une heure peut-être auparavant quand nous parlions de notre jeunesse? Rien ne m'arrive comme aux autres, à moi, à moi!... Je fais une faute, elle retombe sur moi au moment ofi je m'y attends le moins I Si je commets une erreur, une imprudence, je la paye plus cher que n'importe qui... Et il y a des gens au contraire, à qui leurs propres maladresses réussissent... Enfin ! c'est comme ça... c'est

comme ça!... (Marchant avec agililion.) Oui... oui...

j'ai fait une faute autrefois, jamais je ne me le suis dissimulé... Mais à qui n'en Jchappet-il pas de ces fautes-là? J'ai donné ce que je pouvais à la mère pour qu'elle élevât la petite... Tu sais pourtant que je ne pouvais pas épouser Lonlon, lu le sais, toi!... Je ne le lui avais pas promis d'ailleurs, ni fait espérer... II n'en avait jamais élé queslion... elle ne m'en avait jamais parlé. Elle avait eu des amants avant moi. Nous nous étions pris comme on se prend à notre âge, dans le besoin du plaisir, dans l'insouciance du lendc-

maîni... Quand elle a eu son enfant, crois-tu que je n'ai pas été secoué! Crois-tu que je ne me suis pas demandé à ce moment là : « Où est le devoir? » Voyons, qu*aurais-tu fait à ma place, toi?

CHARTIER

Ah! mon pauvre ami, est-ce que je le sais moi-même? Trouver son devoir, il y a des heures où c'est aussi difficile que d'avoir du génie !

LUCIEN

Ah! parbleu ! je sais biea ce que je pouvais faire! Je pouvais renoncer à me marier, f énoncer à toute carrière normale et, sans épouser la mère, reconnaître l'enfant, le garder ou le partager avec elle! Je pouvais cela, certes !... C'était très bien, très bien... MaJheusèment on n'est pas seul... on a des passions et des intérêts... on est jeune... on ne sait pas encore que l'avenir n est qu'un amas obscur de remords et de pièges!... On sent, aulour de soi, la vie qui menace et qui gronde, et on n'ose pas se lier les bras !... Et un jour, on se

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