ACTE rUFJUEH
un vieil habitui5 Et eu voyant l'air propre et conforlable de l'établissement, le zèle des garçons, l'ordre qui rf'gae partout, je me dis souvent que si j'avais conservé ma forlune, je n'en aurais pas fait un aussi bon usage.
Aloi's, de tout ça, il ae te reste aucuu
fimpriiiniR ?
Non! un peu do fatigue seulement. Pendant que ces événements s'accomplissaient de mon cûté, il arrivait à ma sœur une aventure qui, dans son f:;enre, n'est pas sensiblement dilTérente de la mienne. Tu sais qu'elle a.vait épousé un Monsieur de Roine, moitié boursier, moitié gentleman. Comme gentleman, il était irréprochable, mais comme boursier c'était un sot. Il s'est ruiné d'abord personnellement. Ensuite, il s'est attaqué h la dot de sa femme; et au moment où, par une étrange coïncidence, il en avait perdu presque les trois quai ts..
18 NOTRE JEUNhSSE
LUCIEN
Comme toi.
CHARTIER
Comme moi.
LUCIEN
A ce moment-là, dis-lu?
CUARllER
A ce momeat-lk, il est mort d'une maladie vague d'homme du monde, anémie, neurasthénie, épuisement. Ma sœur se trouvait veuve à près de quarante ans, moi je me trouvais seul et sans aucun désir de rencontrer une seconde Pervenche. Nous mîmes en commun ce qui nous reslait de nos deux fortunes et depuis dix ans nous habitons ensemble, rhiver à Paris, dans deux appartements conligus; en été, dans cette villa que j'avais achetée jadis. Ma sœur est une de ces créatures de santé et de dévouement pour qui Tégoïsme des hommes semble avoir été inventé. Quand je suis malade, elle me soigne, et elle, elle se
ACiE rnEMiEiî
porte toujours bien. EHe a quelques années de plus que moi, et c'est la seule cliose dont elle soit fière,
Ah ! tu as toujours Ion humeur d'autrefois, ton caractère de jeunesse, c'est ce que je t'envie le plus. Il y a des èlres qui communiquent pour ainsi dire de la frivolité à tous les événements oîi ils se mêlent. Tu es un de ces êtres-là. Moi, au contraire, tout ce qui m'arrive devient immédiatement grave, presque tragique... Aucune de mes aventures de jeune homme n'a bien fini; aucune ne m'a laissé un souvenir joyeux.
Comment ça? Maïs je la connais ta vie de jeune homme et d'étudiant ! Elle a été la même que la mienne, et fort agréable, voyons, sois juste! Rappelle-moi donc le nom de cette papetière de la rue Gay-Lussac chez qui nous allions acheter les journaux tous les malins et qui, le dimanche, fermait sa boutique dès
20 ISOTRE JEUiiESSE
que Le Temps avait paru, pour aller dîner avec nous...?
LUCIEN, avec un mouvement.
Lonlon...
CHARTIER
C'est ça, Lonlon. Je vois encore une figure toute blonde, des mains très jolies. Vous faisiez un gentil couple tous les deux. Celait ta dernière année d'Ecole des mines et ma dernière année de droit... Voilà pourtant un souvenir qui n'est pas désagréable!
LUCIEN
AhJ mon amil... Il faut connaître la fin de ces aventures-là !
CHARTIER
Ça n'a donc pas fini naturellement?
LUCIEN
Qu'appelles-tu naturellement?