‹ Notre jeunesseChapitre 98 sur 135 · ACTE TUOISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TUOISIEME

LLXIENHB

H<3aiicoup...01i?je vous demande pardon, ,.

11 n'y a pas de ma).., El pourquoi est-ce que je vous plais?... Vous en rendez-vous un peu compte?...

Non, madame, c'est d'instÎDCt. Il me semble que je suis comme une petite aveugle laissée seule sur la grande route. Je vais, je talonne, mais je suis guidée par une espèce d'intuilion... par quelque clio?e d'obscur qui me dit : « Là, il y a un danger, et là, au contraire, la route est libre »,

HÉLÈNE, lui prenant la main.- Oui... oui... vous me plaisez aussi.

LLXIENNE, joyeuseniL'Qt.

Vrai?

HÉLONS

Vrai.

LUCIEP9NE

Quelle chance ! Vous m'emmenez alors?

HÉLÈNE

Oh!

LUCIENNE

Vous m'emmenez?...

HÉLÈNE

Mais... mais... il faut que nous soyons d'accord... sur les conditions de ce départ.

LUCIENNE

Oh! Madame... les conditions que vous voudrez...

HÉLÈNE

Pourtant...

LUCIENNE

Vous verrez, Madame... Si vous me prenez, vous ne vous en repentirez pas... C'est bizarre ! L'obéissance qui me paraissait une chose odieuse, va me devenir très facile et très douce avec vous, je vous le promets. Je

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rêvais d'indépendance, tout à Theure encore, mais la véritable indépendance, n'esl-ce pas de vivre avec les êtres qui vous plaisent?

Est-ce que nous partons bientôt, Madame?

HÉLÈNE

Cela dépendra de diverses circonstances...

J'aurai à vous faire la lecture... Oui., je sais... Justement je ne lis pas trop, trop mal... On dirait que j'en avais le pressentiment. Je me suis souvent exercée à lire à haute voix, toute seule !...

HÉLÈNE

Voyons... voyons, ne faites pas trop de projets...

LUCIENNE

Enfin... il est toujours convenu que vous me gardez, n'est-ce pas, Madame?

HÉLÈNE

J'espère que cela sera possible,

LUCIENNE

Ce n'est pas sûr?... Excusez-moi de vous questionner, Madame, mais ce serait si triste pour moi, si affreusement triste!... (La regardant.) Mais je me fissure que vous n'êtes plus aussi bien disposée pour moi que tout à riieure...

HÉLÈNE

Si ! si ! ne croyez pas cela...

Est-ce la manière dont je vous ai parld qui vous a déplu?... Oui... ce doit être cela...

C'est de ma faute... J'étais si contente que j'ai du... ouï, j'ai dû parler à tort et à travers... et dire des choses maladroites... (Prête à pleurer.) à moins que ce ne soit la silualion particulière où je me trouve qui ne vous offre peut-être pas toutes les garautiessuf lisantes... C'est cela? Oh ! mon Dieûl...

HÉJJÈNE

Mais non... mais non... au contraire..

(S'approchant d'el'e et Itès doucement.) Je ne suis pas Madame Salandra, Lucienne... Je suis Madame HiiaBl, Lucien liriant, et la femme de votre père...

LUCIENNE, se reculant brusqua ment.

Ohl

HÉLÈNE

Eh bien! voilà que vous vous éloignez de moi?... Voilà que vous me regardez avec de grands yeux de colère?...

LUCIENNE, très froidement.

Je m'en vais, Madame. Je ne sais pas pourquoi Madame de Roine et vous, m'avez fendu ce piège. Mais je vous prie d'oublier iout ce que je vous ai dit. Soyez tranquille, vous n'entendrez plus parler de moi.

HÉLÈNE

Ce n'est pas un piège que l'on vous a tenilu, Lucienne!... C'est moi qui ai tenu à vous voir...

LUCIENNE

Vous ne pouvez que me détester.

HÉLÈNE

Vous détester, vous!... Ah! la petite folle... Mais c'est vous qui me détesteriez bientôt, si je n'y mettais pas bon ordre... (Se rapprochant d'elle.) Allez, Lucienne, je ne suis jalouse ni du souvenir de votre mère, ni de vous. Et si votre mère vivait encore, j'irais lui tendre la 3[iain, car elle a dû souffrir plus que moi. Ah ! ma pauvre enfant, vous êtes bien jeune, vous ne connaissez pas encore la vie, le cœur des autres, ni votre propre cœur. Vous détester, moi!... Il n'est pas nécessaire pour s'aimer, d'avoir le même sang dans les veines, d'être de la môme famille, et l'on voit des frères et des sœurs se haïr. Mais la nature crée parfois entre des êtres une famille mystérieuse dont les liens sont aussi puissants.

Non, non, votre ^mslinct ne vous trompait pas tout à l'heure. C'est bien à moi que vous deviez venir, petite aveugle. N'ayez pas peur, il ne vous sera fait aucun mal...

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