ACTE TUOISIEME
LLXIENHB
H<3aiicoup...01i?je vous demande pardon, ,.
11 n'y a pas de ma).., El pourquoi est-ce que je vous plais?... Vous en rendez-vous un peu compte?...
Non, madame, c'est d'instÎDCt. Il me semble que je suis comme une petite aveugle laissée seule sur la grande route. Je vais, je talonne, mais je suis guidée par une espèce d'intuilion... par quelque clio?e d'obscur qui me dit : « Là, il y a un danger, et là, au contraire, la route est libre »,
HÉLÈNE, lui prenant la main.- Oui... oui... vous me plaisez aussi.
LLXIENNE, joyeuseniL'Qt.
Vrai?
HÉLONS
Vrai.
LUCIEP9NE
Quelle chance ! Vous m'emmenez alors?
HÉLÈNE
Oh!
LUCIENNE
Vous m'emmenez?...
HÉLÈNE
Mais... mais... il faut que nous soyons d'accord... sur les conditions de ce départ.
LUCIENNE
Oh! Madame... les conditions que vous voudrez...
HÉLÈNE
Pourtant...
LUCIENNE
Vous verrez, Madame... Si vous me prenez, vous ne vous en repentirez pas... C'est bizarre ! L'obéissance qui me paraissait une chose odieuse, va me devenir très facile et très douce avec vous, je vous le promets. Je
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rêvais d'indépendance, tout à Theure encore, mais la véritable indépendance, n'esl-ce pas de vivre avec les êtres qui vous plaisent?
Est-ce que nous partons bientôt, Madame?
HÉLÈNE
Cela dépendra de diverses circonstances...
J'aurai à vous faire la lecture... Oui., je sais... Justement je ne lis pas trop, trop mal... On dirait que j'en avais le pressentiment. Je me suis souvent exercée à lire à haute voix, toute seule !...
HÉLÈNE
Voyons... voyons, ne faites pas trop de projets...
LUCIENNE
Enfin... il est toujours convenu que vous me gardez, n'est-ce pas, Madame?
HÉLÈNE
J'espère que cela sera possible,
LUCIENNE
Ce n'est pas sûr?... Excusez-moi de vous questionner, Madame, mais ce serait si triste pour moi, si affreusement triste!... (La regardant.) Mais je me fissure que vous n'êtes plus aussi bien disposée pour moi que tout à riieure...
HÉLÈNE
Si ! si ! ne croyez pas cela...
Est-ce la manière dont je vous ai parld qui vous a déplu?... Oui... ce doit être cela...
C'est de ma faute... J'étais si contente que j'ai du... ouï, j'ai dû parler à tort et à travers... et dire des choses maladroites... (Prête à pleurer.) à moins que ce ne soit la silualion particulière où je me trouve qui ne vous offre peut-être pas toutes les garautiessuf lisantes... C'est cela? Oh ! mon Dieûl...
HÉJJÈNE
Mais non... mais non... au contraire..
(S'approchant d'el'e et Itès doucement.) Je ne suis pas Madame Salandra, Lucienne... Je suis Madame HiiaBl, Lucien liriant, et la femme de votre père...
LUCIENNE, se reculant brusqua ment.
Ohl
HÉLÈNE
Eh bien! voilà que vous vous éloignez de moi?... Voilà que vous me regardez avec de grands yeux de colère?...
LUCIENNE, très froidement.
Je m'en vais, Madame. Je ne sais pas pourquoi Madame de Roine et vous, m'avez fendu ce piège. Mais je vous prie d'oublier iout ce que je vous ai dit. Soyez tranquille, vous n'entendrez plus parler de moi.
HÉLÈNE
Ce n'est pas un piège que l'on vous a tenilu, Lucienne!... C'est moi qui ai tenu à vous voir...
LUCIENNE
Vous ne pouvez que me détester.
HÉLÈNE
Vous détester, vous!... Ah! la petite folle... Mais c'est vous qui me détesteriez bientôt, si je n'y mettais pas bon ordre... (Se rapprochant d'elle.) Allez, Lucienne, je ne suis jalouse ni du souvenir de votre mère, ni de vous. Et si votre mère vivait encore, j'irais lui tendre la 3[iain, car elle a dû souffrir plus que moi. Ah ! ma pauvre enfant, vous êtes bien jeune, vous ne connaissez pas encore la vie, le cœur des autres, ni votre propre cœur. Vous détester, moi!... Il n'est pas nécessaire pour s'aimer, d'avoir le même sang dans les veines, d'être de la môme famille, et l'on voit des frères et des sœurs se haïr. Mais la nature crée parfois entre des êtres une famille mystérieuse dont les liens sont aussi puissants.
Non, non, votre ^mslinct ne vous trompait pas tout à l'heure. C'est bien à moi que vous deviez venir, petite aveugle. N'ayez pas peur, il ne vous sera fait aucun mal...