‹ Notre jeunesse...: comédie en quatre actesChapitre 105 sur 144 · ACTE TR0IS1È\JK · texte numérisé non relu

ACTE TR0IS1È\JK

(S'approrhant d'el'e et très doucement.) Je ne SUis pas

Madame Salandra, Lucienne... Je suis Madame lîriani, Lucien Briant, et la femme de votre père...

LUCIENNE, se reculant brusquement.

Ohl

HÉLÈNE

Eh bien ! voilà que vous vous éloignez de moi?... Voilà que vous me regardez avec de grands yeux de colère?...

LUCIENNE, très froidement.

Je m'en vais, Madame. Je ne sais pas pourquoi Madame de Roine et vous, m'avez tendu ce piège. Mais je vous prie d'oublier lout ce que je vous ai dit. Soyez tranquille, vous n'entendrez plus parler de moi.

HÉLÈNE

Ce n'est pas un piège que Ton vous a tenilu, Lucienne!... C'est moi qui ai tenu à vous voir...

LUCIENNE

Vous ne pouvez que me délester.

HÉLÈNE

Vous détester, vous!... Ah! la petite folle... Mais c'est vous qui me détesteriez bientôt, si je n'y mettais pas bon ordre... (Se rapprochant d'elle.) Allez, Lucienne, je ne suis jalouse ni du souvenir de votre mère, ni de vous. Et si votre mère vivait encore, j'irais lui tendre la Tiiain, car elle a dû souffrir plus que moi. Ah ! ma pauvre enfant, vous êtes bien jeune, vous ne connaissez pas encore la vie, le cœur des autres, ni votre propre cœur. Vous détester, moi!... Il n'est pas nécessaire pour s'aimer, d'avoir le môme sang dans les veines, d'être de la môme famille, et l'on voit des frères et des sœurs se haïr. Mais la nature crée parfois entre des ôtres une famille mystérieuse dont les liens sont aussi puissants.

Non, non, votre ^mslinct ne vous trompait pas tout à l'heure. C'est bien à moi que vous deviez venir, petite aveugle. N'ayez pas peur, il ne vous sera fait aucun mal...

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