‹ Notre jeunesse...: comédie en quatre actesChapitre 109 sur 144 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

heures sont dures à passer, va, je te le jure!... Quelles longues et dangereuses solitudes une femme traverse parfois, même dans un ménage aussi uni que le nôtre!... et quelles luttes contre sa propre imagination, contre toutes les déceptions, petites ou grandes, mais fatales de la vie! Comprends-le, Lucien, comprendsle. Eh bien! ce compagnon qui me manque, il est là, c'est ta fille. Je ne suis pas mère, que j'aie au moins l'illusion maternelle! Tu n'as pas pu me donner un enfant, prête m'en un!

LUCIEN, touché.

Hélène!

HÉLÈNE

Tu veux bien, alors, n'est-ce pas?

Hélène, réfléchis encore, je t'en supplie...

HÉLÈNE

Nous sommes libres, nous sommes riches...

Nous ne dépendons de personne...

LUCIEN

Tu dis que nous ne dépendons de personne, notre fortune dépend de tout le monde, au contraire... de Popinion... Que dira Topinion?... Tu hausses les épaules!... Et toutes les complications delà loi!... Non, non! ce sérail une folie !...

HÉLÈNE

Une folie! tant mieux!... Ah! quel besoin j'ai de faire une folie, laisse-moi faire cellelà!...

LUCIEN

Et puis, et puis, je ne peux pas prendre une décision pareille sans consulter mon père...

HÉLÈNE, avec véhémence.

Ton père! Encore Ion père! Qu'a-t-il à voir là-dedans? C'est ta conscience qu'il faut consulter et non lui!... Tu vas donc trembler toujours devant tous les événements, toutes les responsabilités de la vie, comme un enfant qui attend les verges!

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