‹ Notre jeunesse...: comédie en quatre actesChapitre 12 sur 144 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

porte toujours bien. Elle a quelques années de plus que moi, et c'est la seule cliose dont elle soit fière.

LUCIEN

Ah! tu as toujours Ion humeur d'autrefois, ton caractère de jeunesse, c'est ce que je t'envie le plus. Il y a des êtres qui communiquent pour ainsi dire de la frivolité à tous les événements où ils se mêlent. Tu es un de ces êtres-là. Moi, au contraire, tout ce qui m'arrive devient immédiatement grave, presque tragique... Aucune de mes aventures déjeune homme n'a bien fini; aucune ne m'a laissé un souvenir joyeux.

CUARTIER

Comment ça? Mais je la connais ta vie de jeune homme et d'étudiant ! Elle a été la même que la mienne, et fort agréable, voyons, sois juste! Rappelle-moi donc le nom de cette papetière de la rue Gay-Lussac chez qui nous allions acheter les journaux tous les malins et qui, le dimanche, fermait sa boutique dès

que Le Temps avait paru, pour aller dîner avec nous...?

LUCIEN, avec un mouvement.

Lonlon...

CUARTIER

C'est ça, Lonlon. Je vois encore une figure toute blonde, des mains très jolies. Vous faisiez un genlil couple tous les deux. C'était ta dernière année d'Ecole des mines et ma dernière année de droit... Voilà pourtant un souvenir qui n'est pas désagréable!

LUCIEN

AhJ mon ami!... Il faut connaître la fin de ces aventures-là!

CHARTIEK

Ça n'a donc pas fini naturellement?

LUCIEN

Qu'appelles-tu naturellement?

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