‹ Notre jeunesse...: comédie en quatre actesChapitre 98 sur 144 · ACTE TROISIÈxME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈxME

frère m'accablera encore de son indignation et de sa colère, mais ça m'est égal ! quand j'ai commencé une gaffe, il faut que j'aille jusqu'au bout, c'est une manie. D'ailleurs, j'ai le pressentiment que ce n'est pas une gaffe. Ce que je vais vous dire, il n'yapeut-ôlre pas une autre femme à qui je le dirais dans les mômes circonstances. Alors, voici: la jeune fille dont je vous parle est tout simplement une fille naturelle de voire mari...

HÉLÈNE, stupéfaite.

De Lucien !

LAURE

Il l'a eue au quartier Latin, étant étudiant, d'une ouvrière que mon frère se rappelle parfaitement..! Il n'y a pas le moindre doute. Maintenant, ai-je eu tort ou raison de vous apprendre cela, je l'ignore? En tout cas, ma conscience ne m'adresse pas le plus léger reproche.

HÉLÈNE

Mais vous avez eu raison, ma chère amie, mille fois raison!... Et je vous en remercie

profondémont... C'est curieux : j'ai une assez grosse émotion et je suis incapable de dire pourquoi.

LAURE

C'est l'émotion la meilleure.

HÉLÈNE

Où est-elle, cette jeune fille?

LAURE

Ici, h Trouville. Elle y élait venue prier mon frère de s'occuper d'elle, et de lui trouver une place.

HÉLÈNE

Dans quelle situation est-ello?

LAURE

Dans la pire.

HÉLÈNE

Sa mère?...

LAURE

Est morte... Elle est absolument seule.

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