‹ Notre langue et ses droits [microforme]Chapitre 15 sur 24 · Ibid., Compte rendu, p · texte numérisé non relu

Ibid., Compte rendu, p

a plus )ccupe éconilaise!.

estrics pro- > prenada,

il est t, prot l’anpays ; je une tile et s de la o que °omme

d’insa lieu, 'esser ; effore proanne en

. déjà out en 1 fasse

émoires Alberta,

une étude plus approfondie et garde toujoursl ’amour et le culte privilégiés de sa langue maternelle.

S'il y a place pour de tels desiderata dans la sphère civile, des réformes non moins importantes s'offrent à la prudence et au souci des chefs dans l’ordre religieux. Le bilinguisme canadien, si parfaitement fondé en droit, et si raisonnable, crée une situation dont il serait, d’après nous, imprudent et périlleux, au point de vue catholique, de ne pas faire état.

Le bien de la foi requiert que les Canadiens français gardent soigneusement l'usage d’une langue qui s’est identifiée, dès l’origine, avec les progrès du christianisme, et qui constitue un rempart puissant contre le danger des mariages mixtes et la pénétration des idées protestantes. Et l’on peut donc attendre, à bon droit, des autorités ecclésiastiques, qu’elles s’emploient de tout leur pouvoir à soutenir: et à protéger: la minorité française partout où celle-ci se sent opprimée.

L'intérêt de la religion exige que la répartition des charges pastorales se fasse, autant que possible, dans des proportions conformes à celles de la diffusion, parmi les catholiques, des deux langues officielles du pays, et que, dans les diocèses en majorité français, des évêques soient nommés dont la pensée, !es aspirations, le parler, les mettent en rapports de pleine sympathie avec la masse

des fidèles. C’est là du reste l'esprit et la pratique traditionnelle de l'Eglise.

Le bien de la religion demande également que, dans une lutte où des droits aussi naturels et aussi sacrés que ceux de la langue maternelle sont en jeu, ni le clergé séculier ni le clergé régulier ne puissent être taxés d’indifférence par le peuple, et que dans l’occasion, l’un et l’autre, avec réserve sans doute, se mêlent à un mouvement national si légitime, pour le contrôler et le diriger. L'œuvre sociale catholique, si hautement patronnée par l'Eglise, se présente en chaque pays sous les aspects les plus variés ; et la question des langues n’est pas, chez nous, l’un des moindres aspects de cette œuvre.

Tout effort tenté contre le bilinguisme canadien, soit pour en restreindre les droits, soit pour en amoindrir les effets, ne peut qu’engendrer des troubles et des haines. Ce n’est pas en meurtrissant des âmes, et en broyant sous la roue des chairs palpitantes, qu’on façonne une nation.

Page 1