DE LA TROISIÈME ÉDITION
Dans la préface de la première édition du tome I de Motre littérature étudiée dans les texles (juin 1920) nous avions expliqué
ainsi notre but et notre méthode :
« Les instructions ministérielles de 1902 ont proscrit des classes de lettres le cours d’histoire littéraire et déclaré que
- « l’enseignement de la littérature doit sortir de l’étude des
textes ». Juste condamnation de méthodes artificielles, qui avaient surtout pour résultat d’encombrer de formules l’esprit des élèves ; louable invitation à l’étude vivante des
œuvres... Mais comment cette réforme a-t-elle été appliquée?
Et quelles en ont été les conséquences ?
À l'exposé sec et abstrait de l’histoire littéraire on a
. trop souvent substitué une succession décousue d’explica-
tions fragmentaires. Aussi les élèves terminent-ils leurs
- « humanités » sans avoir une vue nette et précise de l’en- - semble de notre littérature : tous les examinateurs au bac-
calauréat constatent, chez les candidats qu’ils s’avisent d’in-
- terroger sur notre histoire littéraire, les plus étranges lacunes
et les erreurs chronologiques les plus inattendues. C’est à
» quoi l’on a abouti, pour avoir oublié — principe de péda-
gogie pourtant essentiel — que la vie intellectuelle s’organise seulement à la condition de rattacher entre eux tous les éléments dont elle se compose. Assimiler, n'est-ce pas
coordonner? Sans coordination, il n’y a plus dans l'esprit
. qu’une poussière éparse de souvenirs voltigeant au gré des . associations d idées capricieuses.