À consulter. — Ph. Godet: P. Viret
8. À consulter. — Bernus : Théodore de Bèze à Lausanne (1900). — Henry Martyn Baird : Théodore de Bèze (New-York, 1900). — A. Picard : Théodore de Bèze ; ses idées sur le droit d'insurreclion et son rôle pendant les premières guerres de
religion (1906).
écrit en français une Vie de Calvin (1563), — dont il fut le disciple et l’ami avant de devenir son successeur comme chef de l’Église Réformée en France — et une Histoire ecclésiastique des Églises réformées au royaume de France (1521-1563).
Philippe du Plessis, seigneur de Mornay (1549-1623), surnommé « le pape des huguenots », qui fut le compagnon de Henri IV et le chef des réformés français après l’Édit de Nantes (1598). Parmi ses nombreux ouvrages, il faut citer, outre ses Mémoires (voir p. 233): Discours de la vie et de la mort (1575); Traité de l'Église (1579); Traité de la vérité de la religion chrétienne (1581), sa principale œuvre ; Institution, usage et doctrine de l'Eucharistie (1598).
À ce groupe d'écrivains protestants on peut rattacher Henri Estienne, qui fit de la polémique religieuse dans la seconde partie de son Apologie pour Hérodote (1566), dont le ton licencieux déplut à Calvin; et Philippe de Marnix?, seigneur de Sainte-Aldegonde, l’auteur du Tableau des différends de la religion (1598), pamphlet érudit et mordant.
À l’attaque protestante répondit la défense catholique. Le Concile de Trente, tenu de 1545 à 1553 pour maintenir et consolider l'unité du catholicisme, organisa la résistance à la Réforme, en fortifiant l’autorité pontificale, en consacrant la puissance des Jésuites, en mettant l’art au service de l’Église #. Mais les théologiens tte furent loin d’égaler les théologiens protestants. « Les huguenots écrivent mieux que nous », reconnaissait Blaise de Monluc. Tandis que les protestants, pour gagner l'opinion, composent leurs ouvrages de théologie en français et y mêlent une part de satires et de plaisanteries, la plupart des écrivains catholiques traitent gravement en latin les questions religieuses : tels Pierre Doré dans son Anti-Calvin (1551) ou Claudes de Saintes dans sa Méthode contre les sectes. Quand ce dernier écrit en français sa Déclaration d'aucuns athéismes de Galvin et de Bèze (1563), il s'excuse dans sa préface d'offrir de semblables matières « au peuple qui pour la plupart n’est capable de telles difficultés ». Quelques catholiques ont pourtant essayé de composer, à l'exemple des protestants, des pamphlets en langue vulgaire : par
4. À consulter. — P. F. Martin : Un chrétien du XVIe siècle: du Plessis- Mornay (Cahors, 1898). — Gaufrès : Philippe Mornay ou L'éducation d'un gentilhomme protestant au XVIe siècle (1898). — P. Moussiegt : Hotman et du Plessis- Mornay : théories politiques des Réformés du XVIe siècle (Cahors, 1899).
2. Né à Bruxelles en 1538, mort à Leyde en 1598, il joua un grand rôle politique en secondant Guillaume d'Orange dans sa lutte contre les Espagnols (voir Edgard Quinet: Histoire de la fondation de la République des Provinces-Unies. Marnix de Sainte-Aldegonde, 1854).
3. À consulter. — Dejob : De l'influence du Concile de Trente sur la littérature et les beaux-arts chez les peuples catholiques. Essai d'introduction à l'histoire du
siècle de Louis XIV (Paris, Thorin, 1884).
160 LE XVIe SIÈCLE
exemple, Antoine Cathelan, l’auteur du Passavant parisien, réponse au Passavant de Théodore de Bèze, et Arthus Désiré, l’auteur de la Singerie des Huguenots et des Dispates de Guillot Does et de la bergère de Saint-Denis contre Jehan Calvin, prédicant de Genève. Mais il faudra arriver aux premières années du xvr® siècle pour rencontrer en saint François de Sales (voir p. 537) un reprérenien de la littérature religieuse catholique digne d’être opposé aux écrivains protestants du xvi° siècle.