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II. — LES LUTTES RELIGIEUSES ET LA LITTÉRATURE

Le conflit du catholicisme et du protestantisme ne se borna pas malheureusement à des discussions entre théologiens. Il:aboutit à la guerre civile, surtout à partir de la conjuration d’Amboise (1560) : en 1569 eut lieu le massacre de Vassy, en 1563 l’assassinat du duc de Guise, et dans la nuit du 24 août 1572 la Saint-Barthélemy. Aussi la polémique religieuse s’étendit-elle et gagna la littérature proprement dite. Parmi les écrivains, qui intervinrent dans cette passionnante querelle, il y eut surtout Ronsard du côté des catholiques, et Agrippa d’Aubigné du côté des protestants. Au-dessus des deux partis en lutte il s’en forma un troisième, celui de la tolérance et de la paix, representé par Michel de l’Hospital:

1° Le parti catholique : Ronsard.

Ronsard (voir chap. x1) ne s’est pas laissé absorber toute sa vie par l'étude et l’imitation de l’ antiquité ; ; il s’est mêlé aux luttes de son temps et a composé quelques poèmes où retentit encore aujourd” hui un vibrant écho des polémiques contemporaines. Voici les principaux : Elégie à Guillaume des Autels sur le tumulte d’Amboise (1560), Discours des misères de ce temps à la reine mère (juin 1562), Continuation du discours des misères (oct. 1562), Institution pour l'adolescence du roi tres chrétien Charles IX de ce nom (1562), Remontrance au peuple de France (1563): Ses attaques contre les pos lui valurent d’être attaqué à son tour dans un pamphlet violent qui s’en prenait même à sa vie privée : Le Temple de Ronsard. Il y répondit par un discours intitulé : Réponse de Ronsard aux injures et calomnies de je ne sais quels prédicantereaux el ministreaux de Genève (1563). C’est dans ces poèmes inspirés de l'actualité (dont le dernier L'Hydre défait ou Louange de Monseigneur le duc d'Anjou date de 1569) que Ronsard, se dégageant de la froide mythologie et du pédantesque appareil de son érudition classique, fait entendre les accents les plus personnels et les plus vigoureux.

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