IV. — AUTEURS DE MÉMOIRES
La littérature des mémoires est déjà très riche au xvre siècle, comme il est naturel en un siècle de mouvement et d’action, qui vit l’élan renouvelé des guerres d'Italie et la longue agitation des guerres civiles, qui vit tant de batailles, d’intrigues et de tueries entre citoyens.
Le Loyaz SERvITEUR (ainsi s’est lui-même appelé le secrétaire de Bayart, Jacques de Mailles) écrivit, après la mort du Chevalier sans peur et sans reproche (1524), sans doute à la demande de sa famille, La très Joyeuse, plaisante et récréative histoire du gentil seigneur de Bayart”*, dont l'édition originale porte la date de 15237.
Le protestant Francois DE LA Noue (1531-1591), dit Bras de Fer (blessé au siège de Fontenay-le-Comte en 1570, il fut amputé d’un bras, qu'on lui remplaça par un bras de fer), employa les loisirs de sa capti-
(4. Eniendre leur bon droit, être capables de soutenir leur droit (devant les tribunaux). — 2, À tant, alors. — 3. Es, dans les. — 4. S’échangea, se transforma (en réalité la vieille langue gauloise disparut devant le vulgaire romain, qui, lui, s’altéra peu à peu, comme nous l'avons montré au chapitre 1). — 5. Le wallon n'était pas le gaulois, mais un dialecte français parlé en Belgique. — 6. La langue parlée en France au moyen âge s'appelle, en effet, le roman, — 7. Naturalisés, transportés. — 8. La grammaire gauloise, dont Etienne Pasquier parle comme s’il la connaissait, n’avait, pas plus que les mots gaulois eux-mêmes, subsisté dans la langue romane issue du latin.]
9. Une édition en a été donnée en 1878 par J. Roman pour la Société æ l'Histoire de France.
vité au château de Limbourg (il avait été fait prisonnier en 1580) à écrire ses Discours politiques et militaires! (publiés à Bâle en 1587),
qu’anime l’esprit de tolérance, de modération et de sagesse patriotique.
BLaise De Moniuc (1502-1577), — après avoir pendant plus de cinquante ans fait la guerre sous François [® et Henri II, et gouverné durement la Guyenne sous Charles IX —, consacra les dernières années de sa vie (à partir de 1570, date du siège de Rabastens, où il reçut une horrible blessure au visage) à rédiger ses Commentaires?, publiés en 1992.
Prerre DE BourpeiLes, abbé et seigneur DE BRANTÔME (1 540-1614), qui après de multiples aventures fut obligé par une chute de cheval, en 1584, de passer plusieurs années au lit dans son château de Richemond, profita de ce repos forcé pour écrire de nombreux ouvrages, publiés pour la première fois en 1665, et dont les plus connus sont : Vies des grands capitaines étrangers, Vies des grands capitaines français, Recueil des Dames galantes, Recueil des Dames illustres ?.
Citons aussi, — après avoir rappelé les mémoires déjà signalés (p. 163) d’AcrippA D'AUBIGNÉ : Sa vie à ses enfants et L'Histoire universelle,
simple histoire générale de son temps —, les Mémoires de Marcuemre
pe Vazois # (1552-1615), qui vont jusqu’à l’année 1582, ont été écrits
4. Ces mémoires ont été réimprimés dans les collections Petitot et Michaud.
A consulter. — H. Hauser : François de la Noue (1892).
2. La meilleure édition est celle qu’a publiée Alphonse de Ruble de 1864 à 1867, en 3 vol., pour la Sociélé de l'Histoire de France.
A consulter. — Ch. Normand : Monluc (Collection des classiques populaires, 1892). — P. Courteault : Blaise de Monluc historien. Étude crilique sur le texte et la valeur historique des Commentaires (1907). — Joseph Lo Gras : Blaise de Moniluce, héros malchanceux et grand écrivain (A. Michel, 1927).
3. Editions. — Les œuvres complètes de Brantôme ont été publiées à Leyde.
en 1665-1666, et rééditées de nos jours par Mérimée et Lacour (Bibliothèque elzévirienne, 1858-1895) et par L. Lalanne (Société de l'Histoire de France, 1864-1882, 12 vol.).
À consulter. — Pingaud : Brantôme historien (Revue des questions historiques, janvier 1876). — Marquis de Bourdeilles : Votice sur P. de Bourdeilles abbé et seigneur de Brantôme (Périgueux, 1890). — L. Lalanne : Brantôme, sa . et ses écrits (Société de l'Histoire de France, 1896). — Doumic : Brantômeet l'ho :nête galanterie (Revue des Deux Mondes, 15 mai 1897). — H. Omont : Motie sur les manuscrils originaux et aulographes des œuvres de Brantôme offerts par M. le baron James de Rothschild à la Bibliothèque Nationale (1904). -
4. Ne pas confondre cette Marguerite de Valois, fille de Henri II et de Cath»rine de Médicis, sœur de François Il, de Charles IX et de Henri III, et première femme de Henri IV (elle avait épousé en 1572 le roi de Navarre qui fit annuler son mariage en 1599), avec les deux autres princesses connues qui au xvi siècle ont aussi porté le nom de Marguerite : Marguerite d'Angoulême ou
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