L'ORIGINE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Jamais peuple ne fut si jaloux de l’autorité de sa langue comme fut l’ancien Romain... De cette même opinion vint que les Romains ayant vaincu quelques provinces, ils y établissaient préteurs, présidents ou proconsuls annuels, qui administraient la justice en latin. Bref, saint Augustin, au 19° livre de la Cité de Dieu, nous rend très assurés de ce discours ?, quand il dit au chap. 7: « Opera data est ut imperiosa civilas non solam Jugum, verum etiam linguam suam domilis gentibus imponeret. » Qui * est à dire « On besogna # de telle façon que cette superbe ville non seulement ne se contenta d’asservir, mais aussi voulut épandre
sa langue par 5 toutes les nations subjuguées. » Cela ae cause
que les Gaulois sujets à cet empire s’adonnèrent, qui 7 plus, qui moins, à parler et entendre” la langue bia tant pour
4. Biographie. — Claude Fauchet (1530-1601) fut premier RE de la Chambre des Monnaies et, sous Henri IV, historiographe de France.
Edition. — Œuvres de Claude Fauchet (1610).
À consulter. — Simonnet : Le président Fauchet, sa vie et ses ouvrages (1864).
[2. Très assurés de ce discours, très sûrs de ce point. — 3. Qui est à dire, ce qui veut dire. — 4, On besogna, on travailla. — 5. Par, à travers. — 6. Sujets, souris. — 7. Qui plus, qui moins, les uns plus, les autres moins. — 8. Entendre,
comprendre.]
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* se rendre obéissants que pour entendre leur bon droit! ; et à tant?, empruntèrent des Romains une grande partie de leurs mots : et trouverez ès * endroits auxquels le Romain établit plus longuement son empire (comme en un pays de Provence et contrées circonvoisines), le langage approcher beaucoup plus de celui de Rome. Ainsi s’échangea * notre vieille langue gauloise en un vulgaire romain : tellement que là où nos vieux Gaulois avaient leur propre langage, que l’on appelait wallon *, ceux qui leur succédèrent appelèrent le langage plus moderne roman”, parce qu’il semblait avoir pris son origine des mots romains que l’on avait ou adoptés ou naturalisés' en ce pays avec l’ancienne grammaire gauloise.
(Etienne Pasquier, Recherches de la France, livre VIIT, chap. r.)