‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 176 sur 532 · LA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

LA VIEILLESSE

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, dévidant® et filant?,

Direz !°, chantant mes vers, et vous émerveillant :

« Ronsard me célébrait, du temps !‘ que j'étais belle. »

[4. Sur Hélène voir p. 276, note 3. — 2. Cybèle, déesse de la terre. — 3. À l'envi de, en rivalisant avec. — 4. Gelle, gèle. — 5. Flageollant, chantant sur le flageolet (voir p. 284, note 6). — 6. Aveine, flûte (du latin aveng). — T7. Un tableau : en ex-voto (voir p. 285, note 9).]

[8. Dévidant, mettant en écheveau le fil qui est sur le fuseau. — o. Filant, tordant les brins du chanvre enroulé à la quenouille pour en former le fil. — 40. Direz : ellipse du pronom. — 11. Du temps que, au temps où.]

Lors!, vous n’aurez servante oyant ? telle nouvelle, Déjà sous le labeur à demi sommeillant,

Qui, au bruit? de Ronsard, ne s’aille réveillant #, Bénissänt votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et, fantôme sans os, Par les ombres myrteux° je prendrai mon repos ; Vous serez au foyer une vieille accroupie",

Regrettant mon amour et votre fier 8 dédain.

Vivez, si m'en croyez”, n’attendez à demain ; Cueillez :° dès aujourd'hui les roses de la vie !!.

(Ronsard, Sonnets à Hélène, XLIL.)

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