PLAINTE
France, mère des arts, des armes et des lois, Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores ‘?, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nôm les antres-et les bois.
[4. Foisonne, abonde. — 2, Le chaud, la chaleur (l'emploi de l'adjectif subs- ;
tantivé est fréquent chez les poètes de la Pléiade). — 3. Assaisonneé, accommode à la saison, fait mürir (ce sens, voisin de l’étymologie, a disparu), — 4. Le rüus-
tique. le paysan. — 5. Les ondoyants cheveux : les épis. — 6. D'ordre, avecordre. 4
— 7. Javelle, petits tas d'épis qu'on laisse sur le sillon jusqu’ à ce qu'on en fasse des gétbes, = 8, De peu à peu, peu à peu. — 9. Tant que, jusqu ’au moment où. — 10. Les reliques, les restes. — 44. Ce qui va lombant, ce qui tombe, comme précédemment : va pillant, pille (voir p. 283, note 4).]
[42. C’est en Italie que du Bellay écrivit ces vers mélancoliques Goir Biographie, p. 286). — 13. Ores, maintenant.|
Si tu m'as pour enfant avoué ! quelquefois, Que ne me réponds-tu maintenant, Ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle ? : Mais nul, sinon Echo, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine, Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las ! Tes autres agneaux n'ont faute® de pâture, Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure : Sit ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
(J. du Bellay, Les Regrets, IX.)