LES ROSES
Dans cette pièce de vers J.-A. de Baïf a repris le thème déjà traité par .Ronsard dans l'Ode à Cassandre « Mignonne, allons voir si la rose... ».]
O nature, nous nous plaignons Que des fleurs la grâce est si brève Et qu'aussitôt que les voyons!
Un malheur tes dons nous enlève ?.
Autant qu'un jour est long, autant L'âge des Roses a durée ;
Quand leur jeunesse s’est montrée, Leur vieillesse accourt à l'instant.
Celle que l'étoile du jour
À ce matin * a vu naissante, Elle-mème au soir de retour À vu la même vieillissante.
[4 Voyons : suppression du pronom. — 2, Inversion très forte. — 3. Durée : absence d'article, — #4, À ce matin, ce matin.]
298* LE XVIe SIÈCLE - $
Un seul bien ces fleurettes ont, Combien ! qu’en peu de temps périssent, Par succès ? elles refleurissent
Et leur saison plus longue font.
Fille, viens la Rose cueillir, Tandis que sa fleur est nouvelle :
Souviens-toi qu'il te faut vieillir Et que tu flétriras comme elle.
(J.-A. de Baïf, Livre des Poèmes.)