‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 212 sur 532 · II[.:— SES ADVERSAIRES · texte numérisé non relu

II[.:— SES ADVERSAIRES

19 Mie de Gournay.

2° Régnier.

3° Théophile de Viau.

Au début du xvu® siècle, au sortir d’une longue période d’agitation, un besoin d’ordre et de règle se fait sentir en France. L’esprit d'autorité va s’introduire en littérature comme en politique ; la raison va s'installer partout en souveraine maîtresse. C’est à ces aspirations nouvelles que répond la réforme de Malherbe, célébrée par Boileau avec une admiration légitime sans doute, mais injuste pour les prédécesseurs qui avaient préparé la voie au premier représentant du classicisme en France :

Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence,

D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,

Et réduisit la Muse aux règles du devoir.

Par ce sage écrivain la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée ; Les stances avec grâce apprirent à tomber,

Et le vers sur le vers n’osa plus enjamber.

Tout reconnut ses lois ; et ce guide fidèle

Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.

(Boileau, L'Art poétique, L°191.)

Page 1