‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 228 sur 532 · LE MATIN · texte numérisé non relu

LE MATIN

.… Les oiseaux, d’un joyeux ramage, En chantant sembient adorer

La lumière qui vient dorer

Leur cabinet * et leur plumage.

La charrue écorche la plaine ;

Le bouvier, qui suit les sillons, Dresse de“ voix et d’aiguillons * Le couple de bœufs qui l’entraine.

[4. Par, à travers. — 2. Il faut noter chez Théophile de Viau cet amour de la solitude, qu'il a célébrée dans une pièce fameuse :

[3. Cabinet :

Dans ce val solitaire et sombre,

Le cerf, qui brame au bruit de l’eau, Penchant ses yeux dans un ruisseau, S'amuse à regarder son ombre,

De cette source une Naïade Tous les soirs ouvre le portal a De sa demeure de cristal

Et nous chante une sérénade.….

Un froid et ténébreux silence Dort à l’ombre de ces ormeaux, Et les vents battent les rameaux D'une ? amoureuse violence.

(La Solitude.)

dans le sens où l’on dit encore un « cabinet de verdure », un

berceau de verdure. — 4. De — par (voir p. 335, note 6). — 5. Voix et aiguillons : la suppression de l’article était alors très fréquente, surtout dans les phrases générales et devant les substantifs abstraits.]

[a. Portal, portail. — b, D'une, avec une.]

LAR FORME pe MALHERBE RSR | 389

[4. Fait, prépare. — 2. Qui: le relatif est souvent séparé de son antécédent chez les écrivains du xvnre siècle, — 3. Ois : impératif du verbe ouir, entendre. — 4. Dessus :

Alix apprête son fuseau; Sa mère, qui lui fait! la tâche, Presse le chanvre qu’elle attache À sa quenouille de roseau.

Une confuse violence Trouble le calme de la nuit.

Et la lumière avec le bruit Dissipe l’ombre et le silence.

Les bêtes sont dans leur tanière, Qui ? tremblent de voir le soleil.

L'homme, remis par le sommeil, Reprend son œuvre coutumière.

Le forgeron est au fourneau ; à Ois? comme le charbon s'allume ! .

Le fer rouge, dessus * l’enclume, À Etincelle sous le marteau.

(Théophile de Viau.)

voir p. 822, note 5.]

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