LE MATIN
.… Les oiseaux, d’un joyeux ramage, En chantant sembient adorer
La lumière qui vient dorer
Leur cabinet * et leur plumage.
La charrue écorche la plaine ;
Le bouvier, qui suit les sillons, Dresse de“ voix et d’aiguillons * Le couple de bœufs qui l’entraine.
[4. Par, à travers. — 2. Il faut noter chez Théophile de Viau cet amour de la solitude, qu'il a célébrée dans une pièce fameuse :
[3. Cabinet :
Dans ce val solitaire et sombre,
Le cerf, qui brame au bruit de l’eau, Penchant ses yeux dans un ruisseau, S'amuse à regarder son ombre,
De cette source une Naïade Tous les soirs ouvre le portal a De sa demeure de cristal
Et nous chante une sérénade.….
Un froid et ténébreux silence Dort à l’ombre de ces ormeaux, Et les vents battent les rameaux D'une ? amoureuse violence.
(La Solitude.)
dans le sens où l’on dit encore un « cabinet de verdure », un
berceau de verdure. — 4. De — par (voir p. 335, note 6). — 5. Voix et aiguillons : la suppression de l’article était alors très fréquente, surtout dans les phrases générales et devant les substantifs abstraits.]
[a. Portal, portail. — b, D'une, avec une.]
LAR FORME pe MALHERBE RSR | 389
[4. Fait, prépare. — 2. Qui: le relatif est souvent séparé de son antécédent chez les écrivains du xvnre siècle, — 3. Ois : impératif du verbe ouir, entendre. — 4. Dessus :
Alix apprête son fuseau; Sa mère, qui lui fait! la tâche, Presse le chanvre qu’elle attache À sa quenouille de roseau.
Une confuse violence Trouble le calme de la nuit.
Et la lumière avec le bruit Dissipe l’ombre et le silence.
Les bêtes sont dans leur tanière, Qui ? tremblent de voir le soleil.
L'homme, remis par le sommeil, Reprend son œuvre coutumière.
Le forgeron est au fourneau ; à Ois? comme le charbon s'allume ! .
Le fer rouge, dessus * l’enclume, À Etincelle sous le marteau.
(Théophile de Viau.)
voir p. 822, note 5.]