‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 230 sur 532 · I. — SES ORIGINES · texte numérisé non relu

I. — SES ORIGINES

À partir de 1629 quelques hommes de lettres, parmi lesquels Godeau, Mallevilie, Gombauld, les deux Habert, Giry, de Serizay, prirent l’habitude de se réunir chaque semaine chez Valentin Conrart. L'abbé de Boisrobert, admis à ces réunions, en parla à Richelieu, dont il était secrétaire, et lui suggéra l’idée de leur donner un caractère officiel, en les plaçant sous le patronage du roi. Ce projet, — bien que répondant au désir d’universelle réglementation, qu’éprouvait le cardinal mimistre, et au besoin d’ordre, qui alors se manifestait partout en France, — fit hésiter Richelieu, qui n’aimait pas encourager la naissance d’associations capables de lui tenir tête un jour. Cependant il se décida à saisir cette occasion d'imposer son autorité dans le monde des lettres comme il l’avait imposée en politique. Conrart et ses amis furent pressentis : très flattés : de l'honneur qu’on leur faisait, ils ne renoncèrent pas sans quelque regrét à la hbre intimité de leurs réunions; mais ils savaient qu’on ne peut résister à une demande de Richelieu. L'Académie fut donc créée : la première séance eut lieu le 13 mars 1634. Toutefois les lettres patentes du roi Louis XIIT, acte de naissance officiel de la nouvelle compagnie, portent la date du 29 janvier 1635 ; et encore fallut-1l attendre deux ans et demi, jusqu’au 10 juillet 1637, pour qu’elles fussent enregistrées par le Parlement, qu'avait travaillé en secret l’Université de Paris jalouse de voirse constituer en dehors d’elle un groupement d'écrivains, et qui lui-même avait craint que l’Académie ne sortit plus tard de ses attributions litté- à raires pour empiéter sur ses prérogatives politiques. 4

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