‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 257 sur 532 · LA BELLE MATINEUSE · texte numérisé non relu

LA BELLE MATINEUSE

[Ce thème, déjà traité au xvr° siècle par François Ie dans une ballade et par J. de Bellay dans un sonnet de L'Olive (voir p. 291), fut repris au xvn® par Voiture et Malleville. Boileau donnait à ce dernier la préférence.]

Des portes du matin l’amante de Céphale?

Ses roses ? épandait dans le milieu des airs,

Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts

Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale,

Quand la nympbhe divine, à mon repos fatale, Apparut, et brilla de tant d’attraits divers, Qu'il semblait qu'elle seule éclairait l'univers Et remplissait de feux la rive orientale.

Le soleil se hâtant pour la gloire des cieux Vint opposer sa flamme à l’éclat de ses yeux Et prit tous les rayons dont l’Olympe se dore.

L'onde, la terre et l’air s’allumaient à l’entour. Mais auprès de Philis on le prit pour l’Aurore, Et l’on crut que Phüïlis était l’astre du jour.

(Vincent Voiture “.)

[4. Superbe, orgueilleuse (sens étymologique : superbus).] [2. Céphale fut enlevé par l'Aurore. — 3. Ses roses épandait : inversion fréquente au xvur siècle, — 4, Sur Voiture voir p. 44G.]

308 LE XVIIe SIÈCLE

Le silence régnait sur la terre et sur l'onde, L’air devenait serein et l’'Olympe vermeil,

Et l’amoureux Zéphire, affranchi du soirée Ressuscitait les fleurs d’une haleine féconde.

L’Aurore déployait l'or de sa tresse blonde, Et semait de rubis le chemin du soleil ;

Enfin ce Dieu venait au‘! plus grand appareil Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde,

Quand la jeune Phylis au visage riant, Sortant de son palais plus clair que l'Orient, Fit voir une lumière-et plus vive et plus belle.

Sacré flambeau du jour, n’en soyez point jaloux : Vous parütes alors aussi peu devant elle Que les feux de la nuit avaient fait? devant vous.

(Claude de Malleville 3)

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