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4. « Quand Bourdaloue parut, Bossuet ne passa plus pour le premier prédicateur. » (Voltaire, Siècle de Louis XIV, chap. xxxu).

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mais d’une suite presque nécessaire, que la même raillerie qui attaque l'une intéresse l’autre, et que les traits dont on peint celle-ci figürent celle-là, à moins qu'on n'y apporte toutes les précautions d’une charité prudente, exacte et bien intentionnée, ce que le libertinage! n’est pas en disposition de faire. Et voilà, chrétiens, ce qui est arrivé, lorsque des esprits profanes ?; et bien éloignés de vouloir entrer dans les intérêts de Dieu, ont entrepris de censurer l'hypocrisie, non point pour en réformer l'abus, ce qui n'est pas de leur ressort, mais pour faire une espèce dé diversion dont le libertinage pût profiter, en concevant ét faisant concevoir d'injustes soupçons de la vraie piété par de malignes représentations de la fausse. Voilà ce qu'ils ont prétendu, exposant sur le théâtre et à la risée publique un hypocrite imaginaire,

ou même, si vous voulez, un hypocrite réel, et tournant dans sa personne ee choses les he saintes en bi la crainte des jugements de Dieu, l'horreur du péché, les pratiques les plus louables en He et les plus chrétiennes. Voilà ce qu ils ont affecté, mettant dans la bouche de cet hypocrite des maximes de religion faiblement soutenues, au même temps qu'ils les sup-

posaient fortement attaquées ; lui faisant blâmer les scandales du

siècle d’une manière extravagante ; le représentant consciencieux jusqu'à la délicatesse et au scrupule sur des points moins importants, où toutefois il le faut être, pendant qu'il se portait d’ailleurs aux crimes les plus énormes ; le montrant sous un visage. de pénitent, qui ne servait qu’à couvrir ses infamies ; lui donnant, selon leur caprice, un caractère de piété la plus austère, ce semble, et la plus exemplaire, mais, dans le fond, la plus mercenaire et la plus lâche? ;

(Bourdaloue, Sermon sur l’hypocrisie, 1670.)

[4 Le libertinage, la disposition d'esprit des libertins ou esprits forts. — 2. Allusion à Molière et à sa pièce du Tartuffe. = 3, Molière, dans sa Préface du Tartuffe (1669), s’est énergiquément défendu d’avoir Youlu porter atteinte à la religion : « Si l’on prend la peine d'examiner de bonne foi ma comédie, on verra sans doute que mes intentions y sont partout innotentes, ét qu'elle ne tend nullement à jouer les choses que l’on doit révérer, que je l'ai traitée avec toutes les précautions que demandait la délicatesse de la matière, et que j'ai mis tout l’art et tous les soins qu'il m'a été possible pour bien distinguer le personnage de l’Hypocrite d'avec celui du vrai Dévot, »]

20 Fénelon'.

Nous connaissons bien par ses trois Dialogues sur l'Éloquence (1684) l'idéal oratoire de Fénelon ; mais nous connaissons mal la façon dont il l’a réalisé, car nous n’avons de lui que deux sermons complets (le Sermon pour la fête de l’Épiphanie, prêché dans l’église des Missions Étrangères le 6 janvier 1685, en présence des ambassadeurs de Siam, sur la Vocation des Gentils, et le Discours prononcé au Sacre de l’Electeur de Gologne dans l’église collégiale de Saint-Pierre à Lille, le 1° mai 1707) et quelques fragments d’autres sermons (Sermons pour la fête de sainte Thérèse ; sur les avantages et les devoirs de la vie religieuse).

4. Biographie. — Né en 1651 au château de Fénelon, dans le Périgord, François de Salignac. de la, Mothe-Fénelon, à sa sortie du séminaire de Saint-Sulpice, fut chargé, en 1678, de diriger, en qualité de Supérieur « la Maison des nouvelles catholiques » de Paris, où Pon catéchisait des jeunes filles protestantes converties plus ou moins volontairement au catholicisme. C’est là qu'il acquiert ses connaissances de psychologie féminine qui lui permirent de composer en 1683 son traité de l’Educalion des filles (voir p. 758-763).

Après la révocation de l'Édit de Nantes (1685), on lui con$e une autre mission de propagande religieuse parmi les protestants ea Aunis et en Saintonge. En 1689 il est choisi comme précepteur du duc de Bourgogne : fonctions qu’il exerça jusqu'en 1695 (voir p. 743-750). IL avait été élu à l’Académie française en 1698.

En 1697 il est nommé archevêque de Cambrai. Mais ses démèlés avec Bossuet à propos de l'affaire du quiétisme (voir p. 571-573) et la publication faite à son insu du Télémaque-en 1699 (voir p. 861-865) compromettent son crédit à la cour. Son dernier espoir de rétablir sa situation lui échappe à la mort de son ancien élève (1712). Désormais, à part la rédaction de sa Leltre sur les occupations de l'Acadèmie française en 1714 (voir p. 799-804 et 830-833), il ne s'occupe plus que de l’administration de son diocèse. Il meurt en 1715 à Cambrai. Outre ses œuvres oratoires, pédagogiques, théologiques et de critique littéraire, nous avons de lui une correspondance volumineuse.

Portrait. — Saint-Simon a fait dans ses Mémoires deux portraits de Fénelon, l’un en 1711, à propos de la mort du Dauphin (éd. Chéruel et Régnier, t. VIII, chap. xvin), l’autre en 1715, à l’occasion de sa mort (même éd., t. XI, chap. mm). Voici un fragment du dernier, qui est le plus connu :

« Ce prélat était un grand homme maigre, bien fait, pâle, avec un grand nez, des yeux dont le feu et l’esprit sortaient comme un torrent, et une physionomie telle que je n’en ai point vue qui y ressemblât, et qui ne se pouvait oublier, quand on ne l’aurait vue qu'une fois Elle rassemblait tout, et les contraires ne s’y combattaient pas. Elle avait de la gravité et de la galanterie, du sérieux et de la gaieté ; elle sentait également le docteur, l'évèque et le grand # seigneur; ce qui y surnageait, ainsi que dans toute sa personne, c'était la

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