LA MORT DE TURENNE
N'attendez pas, messieurs, que j'ouvre ici une scène tragique, que je représente ce grand homme étendu sur ses propres trophées, que je découvre ce Corps pâle et sanglant auprès duquel fume encore la foudre qui l’a frappé ; que Je fasse crier son sang comme celui d’Abel?, et que j'exposeà vos yeux les tristes images de la religion et de la patrie éplorées. Dans les pertes médiocres on surprend ainsi la pitié des auditeurs; et, par des mouy ments étudiés, on tire au moins de leurs yeux quelques larm vaines et forcées. Mais on décrit sans art une mort qu’on pleure sans feinte. Chacun trouve en soi la source de sa douleur rouvre lui-même sa plaie ; et le cœur, pour être touché, n’a pas besoin que l'imagination soit émue.
Peu s’en faut que je n’interrompe ici mon discours. 19” me trouble, messieurs : Turenne meurt, tout se confond, la fortun chancelle, la victoire se lasse, la paix s'éloigne, les bo inte tions des alliés se ralentissent, le courage des troupes est abati par la douleur et ranimé par la vengeance ; tout le camp d meure immobile. Les blessés pensent à la perte qu'ils ont faite et non pas aux blessures qu'ils ont reçues. Les pères mourants® envoient leurs Gls pleurer sur leur général mort. L'armée € deuil est occupée à lui rendre les devoirs funèbres, et la Reno mée, qui se plaît à répandre dans l’univers les cadets extra
de Lavaur et de Nîmes. A part ses œuvres religieuses, il a laissé des Mémoir sur les Grands-Jours d'Auvergne (voir p. 466).
Editions. — OEuvres complétes de Fléchier, par l'abbé Ducreux (Nime 1782, 10 vol.). — Mémoires sur les Grands-Jours d'A par Gonod (84) par Chéruel (1856).
A consulter. — A. Fabre : 2; Jeunesse de Fléchier (1882, Didier) ; Fléchi orateur (1886, Perrin).
[4. Tué à Salzbach (27 juillet 1675) par un boulet, qui a été a trouve aux Invalides: Musée de l’Armée, salle Louis XIV). Sa mort fut un. national. — 2, Tué par Caïn. — 3. Tel le général Saint-Hilaire disant à fils : « Ce n'est pas moi qu'il faut pleurer, c’est la mort de ce grand homm e
dinaires, va remplir toute l'Europe du récit glorieux de la vie de ce prince et du triste regret de sa mort.
(Fléchier, Oraison funèbre de Turenne.)
5° Massillon !,
Des oraisons funèbres de Massillon la plus célèbre est celle de Louis XIV (1715). Parmi ses sermons il faut citer surtout ceux qui forment les deux recueils : le Grand Carême et le Petit Carême, prèché
devant Louis XV enfant (1718).