‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 349 sur 532 · LA CONVERSION DE TURENNE · texte numérisé non relu

LA CONVERSION DE TURENNE

Ce combat intérieur où M. de Turenne n'avait que Dieu pour spectateur, où il avait mille ennemis secrets qui s’opposaient à son salut, où il s'agissait non d’une couronne qui se flétrit sur la tête du vainqueur, mais de cette couronne immortelle que Dieu a préparée à ceux qui le servent en esprit et en vérité, a été l’occasion de sa plus noble victoire et de son triomphe le plus illustre. [1 employa, pour se vaincre lui-même, plus d’art, plus de sagesse et plus de courage qu'il n'en avait jamais déployé à vaincre les autres ; et, comme le premier pas vers la victoire est de bien connaître l'ennemi qu’on doit combattre, M. de Turenne n'oublia rien durant un long temps pour reconnaitre le fort et le faible de sa première religion, qui, par une grâce singulière de Dieu, lui était devenue suspecte. Îl écouta tous les avis qu'on lui donna ; 1l frappa à la porte de la vérité par les prières et par Jles larmes ; 1l se défia d'autrui et de lui-même, et, s’abandonnant tout entier à la conduite? de Dieu qu'il cherchait avec tant de sincérité, 1l triompha dans son esprit de la vieille erreur que le malheur de son éducation y avait établie, il triompha dans son cœur de la mauvaise honte, qui, parmi les hommes, fait passer pour faiblesse un changement, lors même qu'il RG à la vérité ou à la vertu ; il mit sa gloire à brûler ce qu il avait jusqu'alors adoré, 7 à entrer avec autant d’humilité que de courage dans le sein de cette Église qui, charmée de ses vertus, soupirait depuis si longtemps après l'acquisition d’un tel fils.

(Mascaron, Oraison funèbre de Turenne.)

° Fléchier :.

Outre ses sermons Fléchier a prononcé sept oraisons funèbres, en particulier celle de la duchesse de Montausier, qu'il connaissait pour avoir

[4. Il était calviniste par sa naissance et son éducation, — 2, À la conduile, à la direction.]| 3. Fléchier, né à Pernts, près d'Avignon, en 1632, mort en 1710. Fut évêque

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fréquenté l'Hôtel de Rambouillet (voir p. 394-395), ct celle de Turen

(que l’on peut comparer avec celle de Mascaron).

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