LA COULEUR LOCALE
Le point le plus nécessaire et le plus rare pour un historien est qu'il sache exactement la forme du gouvernement et le détail des mœurs de la nation dont il écrit l’histoire, pour chaque
[4. Allusion évidente au Misanthrope, auquel Fénelon adresse le même reproche que J.-J. Rousseau dans sa Lettre à d'Alembert (voir vol. IT, p. 189-141). — 2. L'Art poétique (HIT, 399).] - [8. Si Fénelon veut dire que l'historien doit être impartial dans ses jugements, on ne peut qu'approuver son idée. Mais il n'est guère possible et il n’est point désirable qu'il demeure impassible, — 4, Talbot commandait l’armée anglaise au temps de Jeanne d’Aro.].
804* er S LE XVIIe SIÈCLE
siècle’. Un peintre qui ignore ce qu’on nomme il costume? ne peint rien avec vérité. Les peintres de l’école lombarde, qui ont d’ailleurs si naïvement représenté la nature, ont manqué de science en ce point : ils ont peint le grand prêtre des Juifs comme un pape, et les Grecs de l’ antiquité comme les hommes qu'ils voyaient en Lombardie. Il n’y aurait néanmoins rien de plus faux et de plus choquant que de peindre les Français du temps de Henri IT avec des perruques et des cravates, ou de peindre les Français de notre temps avec des barbes et des fraises ?. Chaque nation a ses mœurs, très différentes de celles des peuples voisins. Chaque peuple change souvent pour ses propres mœurs. : |
(Ibidem, chap. vu : Projet d'un traité sur l'histoire.)