VITESSE MOYENNE
par chaque paquebot
nœuds
par Com pagaie
nœuds
Nous donnons ce tableau parce qu'il a un caractère officiel, mais nous croyons que les bases sur lesquelles il a été établi ne permettent pas de le considérer comme représentant exactement les vitesses moyennes réalisées par les diverses compagnies de navigation.
C'est ainsi que pour Tannée 1897, d'après des renseignements fournis par la compagnie Cunard, la Lucaïiia, pour vingt-quatre traversées, a donné une vitesse de 20 nœuds 43 et la Campania, pour vingttrois traversées, 20 nœuds 6o.
La durée des traversées des paquebots qui font le service postal entre l'Europe et New- York peut être comptée et se compte effectivement de diverses manières.
Pour les passagers, cette durée doit s'étendre du temps écoulé entre le moment où le navire quitte le port de départ, et celui où il débarque ses voyageurs au point d'arrivée.
Pour le service postal, elle doit être comptée entre le moment où le courrier est déposé à bord au départ et celui où le navire le remet à la poste du port d'arrivée.
Dans ces deux cas, la durée du trajet comprend le temps employé à franchir les passes d'accès des ports, parfois à attendre que les formalités d'entrée aient été remplies, etc., en tout. cas, à effectuer un parcours d'assez grande longueur qui ne peut être accompli qu'à vitesse réduite : c'est par exemple le chemin à faire pour descendre le canal de Soient à partir de Southampton, ou pour remonter l'estunire de l'Hudson en arrivant à New- York.
Aussi, toutes les Compagnies, désireuses de faire
apparaître de belles vitesses, ont-elles cherché à éliminer ces parties de parcours à vitesse réduite. Les capitaines ont soin, pour cela, de prendre l'heure au moment où le navire franchit au départ ou reconnaît à rarrivée certains points entre lesquels il peut donner toute sa puissance.
Cette manière de faire s'impose quand les paquebots sont astreints par un contrat postal à des conditions de vitesse déterminées : c'est ce qui existe en particulier pour la Compagnie transatlantique. La vitesse de ses navires est comptée entre l'alignement des feux du côté du Havre à 3 milles de l'entrée du port, et celui des feux de Sandy-Hook, du côté de New- York, h 13 milles de l'entrée du port. La distance entre ces deux points a été calculée par le Ministère de la Marine et comptée à 3171 milles. 11 n'y a plus dès lors qu'à relever exactement l'heure au moment du passage du navire entre ces points extrêmes du parcours en route libre pour calculer, à l'aide de la distance réglementaire de 3171 milles, la vitesse postale.
Pour les Compagnies étrangères, les points extrêmes sont, pour toutes les lignes, le bateau-feu de Sandy- Hook, situé à 20 milles de New-York, soit 7 milles plus loin que l'alignement 'des feux, ce qui constitue un avantage pour ces Compagnies par rapport h la Compagnie transatlantique, car on ralentit parfois entre ces deux points, du côté de l'Europe : pour les lignes partant de Liverpool (Cunard, Vithe Star), Daunt's-Rook, à 7 milles du port de Queenstown où le paquebot prend le courrier; pour les lignes partant de Southampton à ce port (American Line, Norddeutscher Llyod, Hamburg-American-Line), les NeedleS;
roches situées à l'entrée du canal Soient, à 21 milles de Southampton.
C'est entre ces points que les capitaines de paquebots comptent la longueur du trajet, obtenue en totalisant les distances franchies chaque jour et relatées en détail, avec le point relevé chaque jour à midi, dans les absiract of log publiés par les Compagnies. En rapportant la longueur du trajet de sa durée résultant des heures relevées au passage des points extrêmes et corrigés de la différence des temps résultant de la différence des longitudes, on obtient la vitesse moyenne en route libre de la traversée, qui est la base de toutes les réclames des Compagnies et qui sert à établir les records de la vitesse.
L'exactitude des chiffres ainsi obtenus dépend naturellement de la sincérité des relevés d'heure et de de chemin parcourus, c'est-à-dire, en définitive, de la conscience des capitaines qui ne sont à cet égard l'objet d'aucun contrôle et qui, ayant entre les mains les deux éléments du calcul, ont une double possibilité de l'altérer.
En tout cas, il est certain que les vitesses ainsi déterminées ne sont jamais au-dessous de la réalité.
Le Post-Office anglais publie chaque année un état donnant la durée des traversées comptée au point de vue postal, c'est-à-dire entre le moment de la réception du courrier à bord et celui de remise au Post- Office destinataire.
En la rapprochant de la longueur du trajet parcouru d'après les abstractoflog, augmenté des trajets complémentaires des extrémités de la traversée, on obtient des chiffres un peu inférieurs qui sont consi-
gnés dans le tableau ci après et qui répondent à un ordre d'idées différent de celui de la vitesse en route libre, mais peut-être plus pratique au point de vue du service postal.