‹ Notre nord-ouest provincialChapitre 26 sur 30 · RENSEIGNEMENTS, QUESTIONS ET REPONSES · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS, QUESTIONS ET REPONSES

Comme l'on nous a témoigné le désir d'avoir des renseignements très minutieux sur tout ce qui se rapporte à la colonisation de l'Ottawa, nous croyons, dans les quelques pages suivantes, devoir, au risque de nous répéter, résumer les informations qui nous semblent d'une utilité plus générale et plus journalière. Voici un certain nombre de questions que nous reproduisons telles que posées et auxquelles nous allons nous efforcer de répondre :

le Question. Quels sont les modes de transport et les princi-

pales voies de communication soit de Montréal, soit d'Ottawa, aux postes les plus importants du Nord où se trouvent les cantons à coloniser, ainsi que le nom et l'adresse des agents auxquels il faut s'adresser pour la concession des lots f

R. Nous répondrons brièvement pour chacun des quatre grands districts de colonisation de la vallée de l'Ottawa, que nous prendrons sur nous de classifier comme suit : lo celui de Joliette ou Mantawa, plutôt Mattawin ; 2o celui de Terrebonne et Argenteuil, ou de la Nord et de la Rouge ; 3o celui d'O Ma wa, ou de la Lièvre et de la Gatineau; 4o enfin celui de Pontiac ou de la Goulonge et du lac Témiscamingue.

Premier district : — M. J. B. Delfausse, de la ville de Jo. liette, est l'agent des terres de la Couronne dont les plus belles sont situées dans la vallée de la Mattawin, car c'est là qu'on trouve Brandon, Brassard, Cherfcsey, Chilton, Joliette, Lussier, Peterborough, Provost, etc., ainsi qu'une étendue de terrain non arpentée, très belle et très fertile que M. l'abbé Provost décrit dans l'opuscule que nous citons à la page 65.

On se rend à Joliette par le Pacifique qui se prolonge même à l'est jusqu'à St-Félix de Valois où l'on passera pour atteindre St-Gabriel de Brandon et de là les différents points de la forêt qui peuvent fournir de bons établissements ; si l'on veut aller au nord-ouest de ce district de colonisation, l'on se rend en voiture de Joliette à Brandon, puis à Chilton, Ghertsey, Lussier, cantons situés dans Montcalm, et où l'on peut monter encore par Saint-Lin et Sainte-Julienne de même que par St-Jérôme. Directement en arrière de Joliette, se trouvent Cathcart, Cartier (St-Côme), Joliette (canton) et une étendue de terrain non occupé et non arpenté qui ne saurait tarder longtemps à se coloniser.

Deuxième district : — Pour pénétrer dans ce district, la route la plus courte et la plus facile est celle de St-Jérôme qui est à 33 milles de Montréal et où l'on trouvera des lignes de diligence fort régulières et des voitures de louage pour convenir à tous les goûts et à toutes les bourses.

La diligence en destination de la Rouge et du Nomimingue

part tous les jours pour se rendre directement à Ste- Agathe : prix $1.25 ; de là, le lundi, mercredi et vendredi, elle vous rend, pour 81.25 à St-Jovite, d'où elle fait deux voyages par semaine à la Chute-aux-Iroquois, les mardis et vendredis, prix $1.00 ; de ce point elle va une fois par semaine, le mercredi, au Nominingue et le même jour à l'Annonciation.

De St-Jérôme la diligence postale se rend à St-Hippolyte, Ste-Marguerite et Ste-Lucie — Doncaster — tous les lundis, mercredis et vendredis. De Ste-Marguerite et de Ste-Lucie on peut très commodément se rendre à St-Donat — Lussier — à Chertsey et Ghilton ; c'est même le chemin le plus court et le plus direct en partant de Montréal.

De St-Jérôme on se rend encore à Wentworth par les Mille-Isles et mieux par St-Sauveur, de même qu'à Howard— St-Adolphe— et à Archambault par Ste-Agathe.

Le chemin de Papineauville au Nominingue sera fini, dit-on, bientôt et conduira à Preston, Fontaine, Lesage et Loranger.

Les agents pour ce district sont MM. G. J. Marchand et A. B. Filion. Voir page 18 de cet ouvrage.

Il y a ici deux sociétés de colonisation, celle de Notre- Dame de Montfort ou Wentworth, dont le secrétaire est M. F. Froidevaux, 264, rue Saint-Laurent, Montréal et celle de la Minerve dont les lots pourront être concédés par l'entremise de M. Jos. Lefebvre, notaire, Waterloo, P. Q.

Troisième district : — Le grand chemin Chapleau est maintenant terminé jusqu'à la Kiamika où l'on peut se rendre ainsi qu'à la Lièvre par St-Jérôme.

Voici ce que M. Benoit écrivait en 1884, à ce sujet :

Il y a quarante-six lieues de Montréal à Montarville par la voie de Saint- Jérôme et plus de soixante par voie de Buckingham. Le chemin de Saint- • Jérôme est le plus direct; malheureusement il ne se rend pas encore à la Lièvre. Il reste cinq à six lieues de chemin à construire.

Nos députés devront engager le gouvernement à faire parachever le chemin Chapleau, au moins jusqu'à la Lièvre, pour le mois de septembre prochain, afin de pouvoir rendre nos effets à l'automne pour permettre aux

colons de s'y rendre. Sinon 1 ...Ne faisons pas de supposition au

sujet d'un retard qui serait désastreux ; le chemin s'ouvrira.

En effet, ce chemin est ouvert depuis deux ans.

M. John A. Cameron, Thurso, est le maître de cette agence où sont situés la plupart des cantons arrosés par la Lièvre et parmi lesquels nous mentionnerons Addington, Kîamika, Preston, Fontaine, Lesage, Montigny, Montarville, sur la Lièvre, fondé par M. P. B. Benoit et ses concitoyens de Ghambly.

La vallée de la Gatineau est ouverte sur les deux rives jusqu'à Maniwaki, Notre-Dame du Désert, où l'on se rend en bons chemins carrossables en toute saison de l'année, d'Ottawa, de Hullou de la Pointe à Gatineau ; la distance est de trente lieues. Du grand chemin carrossable partent une quantité de routes qui conduisent à l'intérieur des terres et que chacun pourra connaître en s'informant sur les lieux.

Cette diligence part chaque matin de la ville d'Ottawa et prend deux jours pour monter : passage, $5.00.

L'agent de cette division est M. Jos. Comeau, de Maniwaki, qui a sous sa surveillance les cantons Aumond, Baskatonge, Bouchette, Bouthilier, Gameron, Egan, Kensington, Lytton, Maniwaki, Sicotte, Wabassee, tous dans le comté d'Ottawa et Ghurch et Dorion, dans Pontiac.

Quatrième district : — Rien de plus facile maintenant que de se rendre à la région du Témiscamingue ; la compagnie du Pacifique vous accordera toutes les facilités de confort et de prix imaginables pour favoriser l'établissement de ce beau pays.

De Montréal elle vous transportera à Mattawan pour $5.30 et d'Ottawa pour $3.30. Ayez soin seulement pour obtenir ces prix de faveur de vous procurer un certificat de colon soit du Président de la société du lac Témiscamingue, qui n'est autre que le Rév. P. Gendreau, O. M. I, d'Ottawa, soit de M. L. O. Armstrongy agent d'émigration de la Gie du Pacifique, dont l'adresse est 523 rue St-Jacques, Montréal.

De la Mattawan vous vous rendez par steam-boat et par un petit chemin de fer, qui vous fait éviter les Chutes du Long-Sault, jusqu'à Témiscamingue pour la somme de $2.50, si vous avez un pareil certificat de colon. Les steam boats

partent de Mattawan les mardi, jeudi et samedi matin pour arriver le môme soir à Témiscamingue, distance, cent milles.

Pour avoir des lots ici, dans les cantons de Guigues et de Duhamel, il faudra s'adresser au Père Gendreau et dans le reste de l'agence de la Goulonge, il faudra avoir recours à M. Wil. Clark, Bryson, agent du gouvernement auquel vingt-trois cantons sont confiés, tous plus ou moins propres à la culture, d'après les rapports officiels, entr'autres Onslow, Cawood, Chichester, Glapham, Duhamel, Pontefract, Sheen, Guigues, etc.

Mais Duhamel et Guigues sont surtout d'une qualité supérieure pour la culture. Ils renferment l'établissement de St-Emilion, fondé par Lucien Bonaparte Wyse, MM. Reclus et autres, ainsi que les établissements du Père Gendreau et de la société de Colonisation du Témiscamingue.

De plus, on peut pénétrer maintenant à l'intérieur du comté de Pontiac, par le chemin de fer de Jonction du Pontiae et du Pacifique qui part d'Aylmer et se rend jusqu'à l'Ile des Allumettes où il devra traverser l'Ottawa vis-à-vis Pembroke. Ce chemin, très important, construit par M. Beemer, fait déjà le service de la poste jusqu'à Aylmer.

2e Q. Quel est le capital nécessaire pour un colon qui veut de suite s'établir au Nord ?

R. Tout dépend de l'éloignement de l'établissement en vue, des prix de transport, des provisions, des premiers défrichements et de la construction des bâtiments indispensables.

Dans les conditions ordinaires on a vu des colons s'établir très aisément, très au large avec $250.00 à $300.00. Quelquesuns ont très bien réussi, qui n'avaient rien autre chose que leur courage et une force physique et d'endurance au-dessus de toute épreuve.

9 Qu'un colon actif et intelligent monte, disons au Nomi-

ningue, à l'automne, avec $150.00 et ses provisions d'hivernement et il se trouve dans les conditions favorables de succès ; il se fera dix arpents de terre, aura une vache ou deux dès la première année et des bâtiments suffisants pour

sa famille et ses animaux. Avec dix arpents défrichés et bien ensemencés, il peut subvenir à son entretien et ne fera que progresser, d'année en année, si sa besogne est bien conduite.

Au bout de quatre ou cinq ans il sera en état de se bâtir définitivement, car il est bien entendu que les premières bâtisses du colon ne doivent toujours être que temporaires à cause de la proximité de la forêt et du danger des incendies de terre neuve.

3e Q. Y a-t-il beaucoup de rivières et pouvoirs d'eau dans cette partie des cantons du Nord ?

R. Gomme cette région est ondulée et en beaucoup d'endroits montueuse, il y a une quantité considérable de pouvoirs d'eau et sur les grands cours et sur presque chaque décharge de lac.

Or, il suffit d'examiner la carte pour voir le nombre de lacs que l'on trouve partout dans le Nord ; c'est de fait le pays des lacs. C'est dire combien il y a de pouvoirs d'eau puisque chaque lac se décharge par un ruisseau et souvent deux, ou par une petite rivière, lesquels se fraient un chemin à travers un pays inégal et tourmenté, formant ainsi presque toujours les rapides et les chutes qui fournissent des pouvoirs hydrauliques.

4e Q. Quelles sont les espèces d'arbres que Von y trouve ?

R. Les bois francs dominent, tels que l'érable, le merisier, le frêne, l'orme, le noyer. Le canton Montcalm est à peu près le seul qui en soit dépourvu.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas sur chaque lot une quantité au moins suffisante de bois de charpente et de menuiserie pour les besoins de la ferme. On trouvera toujours du pin, de l'épinette, de la pruche et du cèdre pour se bâtir et se clôturer tout à son loisir.

5e Q. Le sol est-il très variable ? Peut-on trouver une assez grande quantité de lots contigus composés d'excellentes terres? Quelle est la dimension des lots ?

R. Ainsi que nous l'avons vu dans le corps de cette brochure, il y a. de très grands vallons de terres jugées excellen-

tes, capables de contenir plus d'une paroisse et qui pourraient satisfaire ainsi les plus difficiles. Aujourd'hui, il faut s'éloigner pour trouver de pareils vallons.

Les lots ont cinq acres de large sur vingt acres de longueur, ce qui équivaut à peu près à 120 arpents, l'acre valant un peu plus que l'arpent, puisque dix acres représentent un peu moins que 12 arpents.

6e Q. Les chemins de colonisation sont-ils tous terminés ? quels sont les cantons où il en reste à faire, quel est Vétat de ces derniers l'automne et le printemps?

R. Nous avons vu que les grandes artères conduisent aux principaux centres de colonisation ; il reste à faire, dans presque chaque canton, beaucoup de chemins vicinaux. L'automne et le printemps, à part quelques régions de terre forte ou noire, les chemins ne sont pas mauvais, encore moins dangereux, car la terre en général est une terre jaune retenant très peu l'eau et les chemins sont du reste presque toujours en pente suffisamment inclinée pour permettre aux eaux de s'égoutter rapidement.

7e Q. Quelles sont les formalités à remplir pour se rendre propriétaire d'un lot du gouvernement? Y a~t-il des déboursés à faire autres que ceux de l'achat pur et simple?

R. Il faut d'abord s'adresser à l'agent du district de colonisation où se trouve l'établissement projeté ; ensuite remplir toutes les conditions d'occupation, de construction et de défrichement, énumérées pages 15 et 16; puis vous demandez votre titre de concession ou patente qui vous est accordé, si vous êtes bien en règle avec le département, (sur le rapport de l'agent,) lequel vous charge $4 pour sa visite.

8e Q. Quelle est la manière la plus prompte et la moins coûteuse de faire le défrichement ?

R. A l'automne, effardochez c'est-à-dire coupez toutes les broussailles jusqu'à six pouces de terre et les arbrisseaux qui entourent les arbres de futaie. A l'hiver abattez ces derniers. Au printemps ramassez avec l'aide de vos bœufs et faites brûler à temps. Sur tout cela, demandez toujours l'avis de vos aînés en colonisation pratique et expérimentale.

9e Q. Quelle est la grandeur de terrain qu'un homme peut défricher par jour soit dans le bois dur, soit dans le bois mou ?

R. Pour le défrichement, il y a d'abord le bûchage et ensuite le nettoyage. On dit que la première de ces opérations prend la semaine d'un homme ordinaire par arpent, s'il travaille dans le bois dur, et une journée, môme deux de plus, s'il travaille dans un bois mou bien embarrassé. Le nettoyage et le brûlage prennent la moitié du même temps.

10e Q. Comment se fait le premier ensemencement?

R. Généralement on soulève la terre neuve, le brûlé, avec un grattoir ou une herse en -branche de bois franc et on sème le grain sur ce sol ainsi préparé que l'on peut ramener ensuite sur la semence par un second tour de ce hersage.

Ile Q. Quelle est la moyenne du rendement d'un acre de terreyiouvellement fait ?

R. On calcule qu'un acre de terre donne généralement en avoine, en. sarrasin $15.00, en blé jusqu'à $25.00 ; en légumes, patates surtout, si elles sontlrien semées et bien soignées, de $15.00 au moins à $20.00, $25.00, et même jusqu'à $35.00.

12e Q. Quels sont les prix des grains, légumes et du foin dans les cantons du Nord ?

R. Ils sont aussi élevés que sur le marché de Montréal et même plus élevés quelquefois, car les chantiers consomment tout et souvent les nouveaux colons ne peuvent suffire à la demande.

13e Q. Quel est le prix d'un cheval, d'une vache, d'un veau, d'un mouton, d'un porc engraissé ou non f

R. Un bon cheval de trait se vend de $60.00 à $125.00 ; une paire de bœufs domptés $25.00 à $50.00; un veau $1.50 en montant jusqu'à $8.00 et $10.00 suivant l'âge, la race et la beauté de l'animal ; de même pour le mouton et les cochons. Le lard jusqu'à' Saint-Jovite se vend de S 1.00 à $2.00 plus cher qu'au marché de Montréal et de Saint-Jérôme ; plus haut que Saint-Jovite, il est plus cher encore et au Nominingxie on l'a payé jusqu'à 15 centins la livre, dans les premiers temps de rétablissement. Aujourd'hui les colons ayant des vaches et de bonnes récoltes de légumes, patates et navets,

font leurs engrais eux-mêmes en général et s'en trouvent très bien. Les jeunes cochons pour élever et engraisser sont très rares à cet endroit et se vendent jusqu'à §1.00 la tête à Pâge de quinze jours et trois semaines.

14e Q. Un colon ayant dix acres de terre défrichés et ensemencés et sa famille se composant de cinq membres, pour quel montant doit-il se pourvoir de provisions en attendant sa récolte ?

R. Il devra avoir des provisions pour cinq mois, de mai à octobre disons. Dans ce cas calculez suivant l'appétit de vos gens et la qualité de nourriture qu'ils prendront. Il est impossible de répondre à cette question. Il suffît de savoir que le lard, au Nominingue, se vend au moins $10.00 le cent, la fleur de sarrasin de $2.00 à $2.50 ; la fleur de blé do $4.00 à $4.50, et que ces prix diminuent avec la distance des grands marchés. Nous mentionnons la colonie du Nominingue pour donner un point de repaire qui puisse aider à faire le calcul pour les autres endroits suivant leur éloignement.

15e Q. Quels sont les marchés les plus près et les débouchés les plus faciles pour se défaire de ses produits ?

R, Joliette, Saint- Jérôme ou Montréal, Papineauville, Hull et Ottawa si l'on veut, par les chars, pour les cantons déjà avancés et produisant un surplus considérable sur la consommation locale. Pour les cantons plus jeunes et moins développés, les chantiers consomment tout et même au delà de ce que les colons peuvent avoir à vendre. Sur la Gatineau, la Lièvre, la Rouge et la Mattawin on vend aux marchands de' bois, sans se déplacer et pour un très bon prix.

16e Q. Quels sont les cantons où Von trouve moins de roches nuisibles à la culture ?

R. Les bons cantons recommandés de la Mattawin ; plus à l'ouest, Doncaster, Lussier, Archambault, Salaberry — Wolfe est rocheux, mais il y a d'excellents vallons ; Amherst, Arundel, Glyde sur les bords de la Rouge ; de même, Joly, Marchand, Mousseau et Lynch ; la Minerve, Loranger, tous les cantons situés sur la Lièvre et la Kiamika, sur le nord de la Gatineau ; et dans la vallée du Témiscamingue, Guigues,

Duhamel et utie grande étendue de terre, située a»ux alen (tours de ces deux cantons et vers le nord-est en suivant le cours supérieur de, la rivière Ottawa.

17e Q. Quels sont les prix des divers instruments aratoires ?

R. Une charrue, $10 à $12 ; une herse, $4.00 à $6.00; une paire de roues, $12.00,sur lesquelles vous montez votre charrette à foin ou votre tombereau ; faulx, $0.90 ; faucille, 60 cts, divers ustensiles, en tout $25.00. Bref, avec moins de $50.00, vous vous procurez aisément tous les intruments agricoles nécessaires au nouvel établissement.

18e Q. Quels sont les cantons destinés à prendre le plus d'importance ?

R. Ce sont ceux que nous avons désignés plus haut comme étant les plus propres à la culture. Gomme centres de population et d'avenir, on peut citer St-Jovite, la Ghute-aux- Iroquois ou Joly sur la Rouge, le Nominingue, Kiamika sur la Lièvre, Notre-Dame du Désert sur la Gatineau, Guigues et Duhamel près du Térniscamingue.

19e Q. Quelle opinion a-ton sur la production du lait, du beurre et du fromage dans ces cantons ?

R. On apprécie bien la valeur de l'industrie laitière en général et nous avons raison de croire que le sang infusé de partout, des cantons de l'Est surtout, dans notre population du Nord, fera qu'on se livrera de préférence à l'élevage des bestiaux, plutôt qu'à la culture des céréales. Du reste, le pays par la qualité de ses eaux et la nature du sol s'y prête admirablement.

20e Q. Est-il bien décidé qu'un chemin de fer doit passer dans les cantons ci-haut nommés ? Quand devra-t-il y passer ?

R. L'entreprise est déjà commencée. Au moins $50,000.00 ont été dépensés pour la localisation du chemin, les travaux du génie, la coupe et l'achat du bois nécessaire. Le terrassement sera commencé cet automne et le chemin fini jusqu'à Ste-Agathe de bonne heure l'été prochain et jusqu'à la Chute-aux-lroquois dans deux ans.

La charte de ce chemin de fer est une des plus complètes qu'ait accordées notre parlement et la ligne de la compagnie

qui doit traverser toute l'immense vallée de l'Ottawa dans sa meilleure partie, est sans ancun doute la plus importante, sous tous rapports, qui reste à construire dans la province de Québec.

•21e Q. Dans quel but le gouvernement se fait-il des réserves de terrain ? Sont-ce les meilleures terres ?

R. Dans le but de protéger ses forêts qui lui donnent le plus clair de ses revenus. Il ne réserve que ce qui ne peut être favorablement livré à la colonisation et qui est impropre à la culture.

22e Q. A quel temps s'étend V exemption de saisie et exécum Hon judiciaires ?

R. Par la loi de 1882, l'exemption de la saisie et exécution ne doit pas s'étendre à plus de cinq ans de la date du billet de location ou permis d'occupation.

Par la môme loi de 1882, cette exemption de dix ans estportée à quinze ans ; mais, si un colon a occupé une terre de la Couronne plus de cinq années avant l'émission des lettres patentes, le surplus de ces cinq années devra être retranché de ces quinze années mentionnées plus haut.

23e Q. Le système des homestead existe-t-U chez vous ?

R. La loi de 1882 a aussi inauguré les patrimoines de famille, ou homestead, à même les terres de. la Couronne, à l'imitation de ce qui se pratique dans le Nord-Ouest. Dans les trois mois qui suivent l'émission de ses lettres patentes, tout concessionnaire de terres de la Couronne pourra se choisir un lopin de terre n'excédant pas cent acres; il fera une déclaration à cet effet, suivant la forme exigée par le statut reconnue devant un juge de paix et enregistrée au bureau de la division d'enregistrement où se trouve situé le dit lopin de terre. Durant les quinze années qui suivront cet enregistrement, ce lopin de terre sera absolument insaisissable, ce sera un patrimoine de famille (homestead) et les privilèges qu'il comporte seront communs au concessionnaire, à sa veuve, ses enfants, héritiers, légataires ou donataires, aussi longtemps qu'il restera entre leurs mains.

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