‹ Notre nord-ouest provincialChapitre 27 sur 30 · UNE GRANDE ENTREPRISE NATIONALE · texte numérisé non relu

UNE GRANDE ENTREPRISE NATIONALE

L'histoire de nos progrès depuis 1854, de notre développement national dans l'ordre matériel, est courte ; on pourrait la retracer en faisant l'histoire de nos grandes entreprises de chemins de fer.

Le Grand-Tronc a fait les cantons de l'Est, dont l'agriculture améliorée peut à bon droit se montrer orgueilleuse, car c'est certainement la partie la plus avancée et la plus prospère de notre pays. Et les cantons du Nord, soit dit en passant, ressemblent par plus d'un côté à ce grand jardin de la province de Québec.

LTntercolonial, depuis une vingtaine d'années, a changé la face des comtés du bas Saint-Laurent ; le chemin du Nord, de Québec à Ottawa, développe, à vue d'œil, une contrée trop longtemps privée de communications rapides et régulières ; ses bienfaits se font sentir jusque loin à l'intérieur des Laurentides où les paroisses, les villages et les villes surgissent comme par enchantement. Depuis dix ans, les produits de l'agriculture et de l'industrie, les transactions du commerce ont doublé sur tout le parcours de ce Grand-Tronc du Nord et de ses embranchements.

Le chemin de fer de Québec au lac Saint-Jean n'est pas encore tout à fait terminé — il ne s'en faut que de dix milles — et pourtant l'activité de l'homme lutte déjà avec la puissance des machines pour se disputer l'exploitation des produits divers de la terre et des forêts qu'on livre à un cornmerce qui eût depuis longtemps enrichi Québec, si cette voie ferrée eût relié plus tôt la capitale de la Nouvelle-France à la petite mer intérieure du vieux royaume de Saguenay, ce grand pays connu dès le temps des premiers fondateurs de la colonie.

Que de bienfaits incalculables va répandre cette entreprise enfin bientôt terminée du lac Saint-Jean, et sur le vieux

Québec qui a tant besoin de régénérescence, et sur ce groupe héroïque de pionniers de la forêt, qui se sont fixés là-bas à quelque trois cent milles des grands centres habités, comme les précurseurs d'une œuvre de régénération, de vitalité, peut-être de salut pour la région de Québec si pitoyablement réduite à quelques lieues de bonnes terres entre des montagnes incultes d'un côté et de l'autre les flots du Saint- Laurent !

Aujourd'hui que cette entreprise est terminée, quel est l'homme politique qui va regretter les sacrifices qu'elle a coûtés au trésor provincial ? Il n'en est auaun ; car tout le monde comprend que la vraie politique, ici, dans un jeune pays où tant de choses sont à créer, consiste principalement dans l'accaparement et l'exploitation du sol qui^est à l'heure actuelle à moitié, plus qu'à moitié, inoccupé, inexploité. Il y a place chez nous pour des millions additionnels d'habitants et cette place on ne la découvrirait pas I on la tiendrait éloignée, presque inaccessible, on la cacherait pour ainsi dire, de crainte, sans doute, que les milliers de vigoureux compatriotes qui s'en vont enrichir des étrangers, des ennemis, ne s^n emparent et n'y vivent heureux, certains du présent pour eux-mêmes, assurés de l'avenir pour leurs enfants 1 Non, cela ne peut être, cela n'a pas été pour le bassin du lac Saint- Jean, cela ne sera pas pour la vallée de l'Ottawa.

Si l'opinion publique était chez nous plus sensible qu'elle ne l'est; si l'on s'étudiait tant soit peu à regarder les phénomènes qui se passent dans notre chère province, on ne serait pas lent à découvrir tout ce qu'il y a de hideux dans cette plaie de l'émigration qui nous ronge, qui nous épuise et nous emportera, alors même qu'à deux pas de nous, avec des communications rapides et faciles, comme il en existe partout, aux Etats-Unis, à Ontario, il y a de l'espace pour faire autant de riches paroisses et de villes florissantes que l'agriculture et l'industrie de nos pauvres émigrants pourraient en désirer.

Ce que l'on a vu dans les cantons de l'Est, ce que l'on voit dans nos comtés maritimes, sur la rive nord du Saint-Lau-

rent, dans les profondeurs d'à territoire saguenayen ; ce que montre le Pacifique dans l'immense Nord-Ouest, c'est-à-dire colonisation rapide d'un domaine presque incommensurable ; ce que nous avons vu de tout temps, en tous lieux, quand la civilisation moderne entreprend de coloniser quelque part, nous pouvons, nous devons le voir dans la vallée de l'Ottawa, aussi vite, avec les mêmes succès, les mêmes résultats bienfaisants, si l'on a recours au même moyen. Et ce moyen n'est autre qu'un chemin de fer.

C'est une entreprise considérable, puisqu'il s'agit d'une voie ferrée de 150 lieues environ de Saint-Jérôme au Témiscamingue ; mais c'est une belle, grande et bonne entreprise, puisque cette ligne traverserait, en la conpant par le milieu à environ trente lieues de l'Ottawa, la plus étendue, la plus riche et la mieux située vers l'ouest, au nord de Montréal et d'Ottawa, de toutes les vallées qui restent à coloniser, à exploiter, non seulement dans la province de Québec, mais dans le Dominion même tout entier. Nous n'avons qu'à jeter uncoupd'œil sur notre carte provinciale pour rester frappés de l'importance, de la nécessité urgente d'un chemin de fer, si nous voulons coloniser ce territoire dont l'éloignement à l'intérieur est en moyenne de trente lieues de Saint-Jérôme, Papineauville, Buckingham,. Pointe-à-Gatineau. et Hull. Trente lieues, quatre-vingt-dix milles I c'est peu, sans doute, si l'on tient compte de la richesse de ce sol vierge prêt à livrer ses trésors au travail, si l'on considère les ressources multiples de ce grand pays qui nous tend les bras ; c'est peu si l'on songe que' chaque jour de courageux travailleurs s'en vont à des centaines de lieues, sous des climats inconnus, au milieu de populations quelquefois inhospitalières, planter leurs tentes loin de nous, dans Ontario, dans le Nbrd-Ouest, un peu partout au Canada. C'est peu encore, c'est encore moins, si l'on veut se rappeler que des milliers de compatriotes quittent chaque année le sol sacré de la patrie pour se livrer au gouffre américain et se perdre à jamais pour nous, pour leur race, souvent pour leur foi.

" Qu'on nous donne de l'ouvrage, des terres, de l'argent,

— Bi-

nons disent plusieurs d'entre eux, et nous resterons au pays."

C'est à nos gouvernants, à notre presse, un peu, beaucoup à chaque classe de notre société qu'il appartient de répondre à cette demande que posent généralement la mauvaise conduite, la paresse, l'amour des aventures, des désirs de richesse immodérés, les folies de jeunesse, mais que profèrent aussi, souvent, la misère et le plus complet dénuement.

Et puis tant de séductions, tant d'attraits, ceux de l'inconnu surtout attirent nos compatriotes loin de nous! Tant de mirobolants récits leur sont faits sur ces contrées lointaines, qu'ils abandonnent, chez nous, un pays pour le moins aussi favorisé que ceux qui les attirent, mais où il n'y a guère d'aventures, guère d'inconnu, à attendre que le travail dur, sévère, au fond des retraites isolées de la foret.

Ces retraites isolées, dans les profondeurs de la forêt, ce . travail dur, sévère, loin de tout monde civilisé, comme dit le colon découragé, voilà ce qu'il faut faire disparaître au moyen d'un chemin de fer, pour garder ces concitoyens qui veulent nous laisser.

Si le vaste et riche territoire de l'Ottawa se trouvait un bon jour transporté sur les rives américaines ou môme ontariennes, il serait vite mis en communication journalière avec la civilisation et nos compatriotes y accourraient en foule, sans trop s'occuper de la longueur du chemin que l'on ferait à la vapeur, et ils s'écrieraient qu'ils ont trouvé un eldorado. Mais ce pays est chez nous, à trente lieues seulement; on n'y peut aller à pied, on n'ira pas en voiture, c'est trop fatiguant, c'est ce qui fait qu'on n'y va pas du tout: il n'y a pas de chemin de fer, voyez-vous, et aujourd'hui on ira partout, au bout du monde, pourvu que ce soit en chemin de fer. Et un pays qui touche à Montréal, qui est limitrophe de nos comtés les plus avancés, est aussi délaissé que s'il se trouvait arrosé par les flots de la baie d'Hudson ! On ne le connaît pas, ou on le méconnaît ; les braves, et les plus braves parmi les braves, osent seuls s'y fixer.

11 faut donc un chemin de fer pour mettre la vallée de l'Ottawa, dans sa partie centrale, à la portée de tout le monde

et non-seulement des intrépides, des héroïques, car les intrépides, les héroïques, seront toujours le petit nombre, aujourd'hui surtout, qu'il est si facile d'aller s'établir à la vapeur, #u Haut-Canada, au Nord-Ouest, aux Etats-Unis ; là on n'aura guère que l'embarras du choix de son établissement, presque pas de frais de transport, et dans tous les cas, il sera aisé de se tenir chaque jour, au moyen des chemins de fer, en rapport avec sa famille, ses amis, la société en général.

En un mot, n'est-ce pas ridicule de vouloir coloniser en grand aujourd'hui, à pied ou avec la charrette, le canot ou la traîne en hiver, quand partout on colonise à la vapeur ?

N'est-ce pas même un fait extraordinaire que tant de progrès ,se soient réalisés dans de pareilles conditions ? Et ce fait n'estil pas particulier à cette race éminemment vigoureuse du colon canadien-français ? Mais faut-il éternellement se reposer sur ces qualités nationales, sur cet héroïsme du défricheur, du soin d'ouvrir notre pays ?

Le chemin de fer est devenu l'une des nécessités de la vie moderne, au Canada comme ailleurs, peut-être plus qu'ailleurs encore, car eu égard à sa population, il n'est pas un pays qui ait construit autant de chemins de fer depuis une quinzaine d'années que le nôtre. Notre Nord-Ouest, malgré son immense étendue, en est traversé ; Ontario en est couvert et Québec possède son réseau qui ne le cède guère à ce que Ton voit chez nos voisins. Le sud du Saint- Laurent aura peu de choses à désirer quand les entreprises, actuellement en voie, seront complétées. Il n'en est pas ainsi de la rive nord du grand fleuve ; ici il y a lacune, car une seule ligne ferrée la traverse dans toute son étendue d'Ottawa à Québec, mais dans la partie la plus étroite de son territoire habitable, c'est-à-dire entre la rive du fleuve et les Laurentides, tandis que l'espace, les vastes horizons sont plus à l'intérieur, s'étendant du versant nord des Laurentides jusqu'à la crête de la hauteur des terres, soit un espace de 300 lieues, si l'on compte du Témiscamingue au lac Saint-Jean,

«et de 150 lienes environ si l'on veut s'en tenir au bassin arrosé par l'Ottawa et ses affluents.

C'est là qu'est l'avenir, le salut peut-être, car c'est là, dirons-nous encore, " qu'est le territoire immense, riche, le M plus à notre portée, et qu'aucun changement, aucune ré- "volution politique ne pourra jamais sérieusement nous u disputer." Eh bien! n'est-ce pas là aussi que doivent se reporter maintenant toutes nos attentions, tous les efforts de notre politique, de notre colonisation ?

Et comment va-t-on espérer l'établissement d'une aussi vaste contrée, si elle n'est pas sous le plus bref délai traversée par un chemin de fer ?

C'est dans la foret, dans les pays nouveaux, que la loco* motive opère le plus de transformations étonnantes. C'est sous le souffle créateur de l'infatigable machine qu'ont surgi les cantons de l'Est, les principaux centres américains, ces jeunes villes pleines de vie et d'activité de l'Ouest. La vapeur fait plus en un an que la voiture en dix ans et que le pied ou le canot en trente ans. La règle qui a présidé à la fondation des colonies modernes est la même qui présidera àJL'établissement de notre vallée de l'Ottawa.

Pour coloniser efficacement, c'est-à-dire, garder nos gens, les arracher à l'étranger, les conserver ici, pour bénéficier •du travail de leurs bras et de leur intelligence, pour fonder des paroisses, des villages, des villes — c'est là la véritable colonisation— non pour établir fentement et péniblement quelques courageux colons disséminés ça et là, destinés à végéter plus ou moins dans l'isolement, suivant les difficultés de communications, il faut pouvoir, chaque jour, jeter une vie nouvelle, abondante venant de tout côté, dans les jeunes colonies, et l'on ne peut arriver à cet objectif tant désirable que par le moyen d'un chemin de fer.

Autrement, dix années, vingt années se passeront, le demisiècle viendra et des villages charmants destinés à former des villes importantes resteront stationnaires ; et des paroisses capables de nourrir une population double de ce qu'elles possèdent se dépeupleront, comme cela se voit trop souvent de

nos jours, et Ton n'aura toujours qu'une colonisation languissante, étique, qui possédera bien le souffle delà vie, mais jamais cette force, cette vigueur, cette exubérance que l'on remarque dans les colonies où le sang se renouvelle chaque jour, fourni par les grands centres qui sont le cœur de tout pays.

Au reste pourquoi insister là-dessus, quand tous les faits les plus palpables, les plus évidents s'unissent pour nous démontrer qu'il ne faut pas songer à coloniser autrement qu'à la vapeur un pays immense comme le nord de la vallée de l'Ottawa?

Pour s'emparer efficacement d'une contrée, il faut pouvoir y transporter rapidement et commodément tous ceux, de quelque état qu'ils soient, qui veulent s'y établir, les courageux, comme les moins braves et les plus timides ; car chacun aujourd'hui n'a que l'embarras du choix, aux Etats-Unis, à Ontario, au Nord-Ouest dont les domaines encore inoccupés sont tous, même les plus éloignés, reliés par les chemins de fer aux grandes villes qui fournissent et commandent au commerce, à l'industrie, à l'état agricole, en un mot, aux besoins réels et impérieux de la vie de chaque jour.

Inutile donc de parler de coloniser ce grand, cet immense territoire inoccupé de l'Ottawa, si le pays, si nos gouvernants ne veulent pas faire comme les autres pays, comme les" autres gouvernants qui créent des colonies par tous les moyens, au prix de tousses sacrifices imaginables ; car il faut à une nation qui se multiplie, un champ d'émigration, de déversement; autrement elle déborde et s'écoule au profit de l'étranger, souvent de l'ennemi. Ce champ, si une nation ne le possède pas sous la main, elle le trouvera, elle l'inventera jou le conquerra au besoin par les armes ; elle y mettra des ^millions, soit, mais elle l'aura ; elle y sacrifiera des milliers de vies humaines pour en défendre l'entrée et en garder la possession. Ce champ nous l'avons près de nous, qui nous touche ; mais il faut le mettre en communication journalière avec le reste de la civilisation, le rapprocher de la société, lui infuser une nouvelle et plus grande vie, en un

mot le relier par un chemin de fer avec les grands centres de population de la Province.

L'idée d'un chemin de fer à travers le nord de la vallée de l'Ottawa, depuis St-Jérôme jusqu'au lac Témiscamingue n'est pas nouvelle. M. le curé Labelle et celui qui écrit ces lignes la lançaient dans le public à une réunion tenue à l'hôtel Beaulieu, à St-Jérôme, en décembre 1831. Ces messieurs trouvaient, là, pour tout le pays de nouveaux et vastes horizons ouverts à la colonisation, avec lesquels s'étendraient bien loin derrière nous les limites connues de notre pays habitable. Le plan général frappa l'imagination de tous les assistants et distança d'un grand bout les plus modestes proportions du chemin de St-Jérôme à Ste-Agathe.

Le 14 février 1882, à la suite d'une grande assemblée politique tenue par l'honorable M. Ghapleau, à Ste-Adèle, M. le curé Labelle revient de nouveau à la charge et fit connaître ce projet de la manière suivante:

" Le chemin de fer que je voudrais voir construit, partirait de Montréal (il est déjà fait jusqu'à St-Jérôme) et irait jusqu'au lac Témiscamingue ; de là il pourrait se souder aux voies de l'Ouest ; de là encore, et ce serait le point le plus rapproché, l'on pourrait pousser un embranchement jusqu'à la Baie d'Hudson. Voilà pour l'Ouest. Du côté de l'Est, qui nous empêcherait de traverser les Laurentides pour arriver jusqu'à la région du lac St-Jean. Notre chemin trouverait là une descente jusqu'à Québec ; il pourrait en trouver encore une autre en deçà par le chemin des Piles à Trois-Rivières.

Cette voie serait ainsi la plus courte pour tout l'immense trafic de l'Ouest. Vous pouvez concevoir de quelle importance serait cette ligne, sans parler du travail local et du développement incomparable qu'elle créerait sur son parcours tant pour la colonisation et l'agriculture que pour l'industrie, car la plupart des rivières que l'on rencontre à cette distance sont coupées de rapides et de chutes qui forment des pouvoirs hydrauliques d'une valeur incalculable.

Voilà l'idée, voilà le plan, il est grand comme l'avenir de la Province, mais un jour il sera réalisé. Les Laurentides auront leur Pacifique comme les Provinces de l'Ouest et comme Ontario. Gela prendra du temps sans doute, mais un jour on verra le couronnement de cette grande œuvre. Et cette ligne, M. le Président et Messieurs, nous donnera tant de forces, qu'on ne saurait les calculer et qu'il n'y aura aucune puissance sur terre pour nous disputer l'empire de cette Province de Québec, notre patrie."

En mars 1882, l'on présenta à la Législature, une requête rédigée par M. Labelle, signée par presque tous les colons du nord de Terrebonne et de la Rouge demandant de l'aide pour un chemin de fer s'é tendant jusqu'à Maniwaki et du lac Témiscamingue. On y remarque le passage suivant :

" Que cette grande amélioration changerait la face des Laurentides en y plaçant une population prospère, féconderait l'industrie, activerait l'exploitation des mines, donnerait à Montréal, un commerce immense par la création de 200 à 300 nouvelles paroisses et contribuerait puissamment à arrêter le fléau de l'émigration qui sévit dans les vieilles paroisses faute de routes, d'arpentages, de voies faciles de communication pour établir le domaine de la couronne par ses propres enfants, qui sont doués au plus haut degré de toutes les qualités nécessaires pour défricher ces excellentes terres."

En 1883, tous les pouvoirs de la compagnie constituée en 1869 sous le nom de "La Gie de chemin de Colonisation du Nord de Montréal " furent conférés à la compagnie actuelle connue sous le nom de U Gie de chemin de fer Montréal et Occidental."

Voici ce que nous trouvons au chapitre 62, Statuts du Canada, de cette annnée :

« Considérant que la compagnie de chemin de fer de Montréal, Ottawa et Occidental a représenté, par sa requête, que pour promouvoir les intérêts de la Colonisation dans cette partie de la Puissance du Canada située au nord et à l'ouest de la rivière Ottawa, il est nécessaire d'y bâtir un chemin de fer, etc, etc

« lo. La dite compagnie est par le présent autorisée à prolonger sa dite ligne de chemin de fer depuis la paroisse de Ste-Agathe, dans le comté de Terrebonne, en passant parla valléé de rivière Rouge jusqu'à la Gatineau, dans ou près le canton de Maniwaki, dans le Icomté d'Ottawa, et de=

là jusqu'à un point de raccordement avec le chemin de fer du Pacifique entre les lacs Nipissingue et Témiscamingue, avec pouvoir d'acquérir par achat ou autrement toute ligne ou partie de ligne de chemin de fer entre la ville de St-Jérôme et la cité de Montréal."

Depuis cette époque, le projet a fait du chemin. Le gouvernement fédéral (Ottawa) a reconnu l'importance majeure de la ligne et l'a dotée de $5,161.00 par mille jusqu'à la Chute aux Iroquois, soit une distance de soixante et dix milles.

La môme année, le gouvernement Ross (Québec) complétait le subside en argent jusqu'à Ste-Agathe, soit 30 milleSj en le portant à $4, 000.00 et s'engageait aussi à mettre la compagnie sur le môme pied que celle du lac St-Jean, aussitôt le chemin de cette dernière terminé, c. a. d. qu'il devait donner $5,000.00 par mille pour 70 milles et 5,000 acres de terre,, aussi par mille sur le même parcours.

Si nous sommes bien renseigné, le gouvernement provincial actuel vient de remplir cette promesse de son prédécesseur, ce qui assure la construction du chemin jusqu'à la Chute aux Iroquois. Nous souhaitons qu'il en soit ainsi et dans ce cas, nous devons dire aux deux gouvernements avec la moitié de la population de cette Province qui est intéressée à la réalisation de ce grand projet national, qu'ils ont bien mérité du pays en prenant ainsi la cause de l'établissement de notre Nord-Ouest provincial.

L'entreprise est actuellement entre bonne mains puisqu'elle est confiée à l'un de nos hommes de chemins de fer, jeune •encore mais qui a déjà fait sa marque et a su monter au premier rang dans le monde de ceux qui se dévouent à cette branche difficile, souvent ingrate, dans notre pays, de l'industrie humaine. ÎTous voulons dire M. H. J. Beemer qui aura fini tantôt la construction du chemin du lac St-Jean et de celui de Jonction du Pontiac et Pacifique. Ces deux entreprises conduites à bonne fin, en très peu de temps, quand plus d'un entrepreneur avait échoué, font mieux que toutes nos paroles l'éloge de M. Beemer.

Le bureau de direction de la compagnie est, en outre de M. Beemer, composé de

L'honorable M. J. A. Chapleau. président.

J. A. Desjardins, V.-P.} M. P.

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