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APPENDIGE,
Nous tenons à mettre sous les yeux de nos lecteurs quelques documents qui se rapportent particulièrement à la colonisation dn Nord. Ils feront voir toute l'importance que nos hommes d'Etat les plus distingués attachent à cette œuvre et la politique qu’ils attendent suivre pour la protéger efficacement,
Voici d'abord une lettre de l'honorable M. Chapleau, secrétaire d'Etat du Canada, adressée à M. le curé Labelle,
New-Yonx, 17 Mai 1883.
Mon cner Monsreun LE CURÉ,
Au milieu des préoccupations stériles d’une société mondaine, au-des. sus des clameurs discordantes d’une politique d’égoïsme et de haine, malgré les obstacles qui rebutent et l’apathie qui décourage, vous conti. nuez, avec la foi d'un apôtre, votre grande mission de la colonisation, Je viens vous en féliciter. 1} est vrai que les éloges des hommes vous importent peu maintenant que l'Eglise est venue confirmer votre œuvre et récompenser vos efforts par une sainte et solennelle bénédiction,
J'ai lu avec une profonde émotion le récit de cette touchante cérémonie, gage éclatant de l'inaltérable sollicitude de l'Eglise envers la patrie.
Votre courage ne demandait pas un stimulant nouveau, mais votre labeur méritait cette récompense.
De tels spectacles fortifient et consolent. Les voix qui encouragent, les mains qui bénissent font oublier les voix qui maudissent, les mains qui déchirent.
La satisfaction d’avoir fait le bien n'est que le prélude du concert de louanges, de bénédictions que le triomphe de Ja vérité réserve à ceux qui, au lieu de dénoncer, de décrier et détruire, ont encouragé, travaillé, édilié,
Les contradictions, les dificultés, les jalousies, les haines ne peuvent durer toujours. L'ouragan peut rugir, tes éléments déchainés peuvent bouleverser, noircir, déchirer l'atmosphère ; attendez, et bientôt l'azur* calme et serein du ciel apparaitra par delà les nuages, sublime image de l'éternité derrière le temps ! Votre œuvre restera et grandira et votre nom æestera et grandira avec elle, Votre grand cœur a réuni les âmes, votre æersévérance a surmonté les obstacles, Le succès est maintenant assuré.
Je me rappelle que, dans les rares moments d'incertitude où l’incrédulité des uns, l'indifférence des autres venaient parfois vous jeter, vous mo disiez, dans votre modestie, que vous étiez résolu d'aller vous ensevelir, fignoré, oublié, dans cette solitude que voire zèle d’apôtre voulait peupler «le chrétiens, de citoyens ; et voilà aujourd’hui que les gouvernements ‘eux-mêmes, que vous avez devancés dans votre course, se mettent à votre suite dans la voie lumineuse du progrès'que vous leur avez montrée !
Vous me pardonnerez de m'associer ainsi au succès de votre cause, vous qui m'avez associé à ses débuts, à ses diflicultés, à ses espérances,
J'aurais voulu être présent, dimanche dernier, pour donner, avec les autres, mon ofrande à votre sociüté ; je vous l'envoie par la présente, avec mes vœux les plus ardents pour le bonheur de vos colons ; c'est une obole que j'ajoute au denier du pauvre que je vous offrais au commencement de l'œuvre.
Mon cher Monsieur le Curé, Votre toujours dévoué,