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Tlamand, dans le Saint-Maurice et la frontière nord-ouest de la province, Cette aire renferme tout le territoire dont les eaux s’écoulent dans la rivière des Outaouais, qui la limite à l’est et au sud, à partir de la tête du lac Témiscamingue.”
Quant au climat, voici des données absolument certaines qui démontrent victorieusement que loin d’être inhospitalier il est tout à fait favorable à la culture des céréales, des
| | ER Vi | | | | | | légumes et des arbres fruitiers.
: | “ Des observations faites avec soin durant l’année 1845.46 au lac Témis. | camiague par le facteur de la compagnie de la baie d'Hudson, au lever du soleil, le midi et au coucher du soleil, donnent le tableau suivant de la température moyenne de cette localité:
JANVIPT rss setoocass soseossos 9223 Juillet... 67° 28 LU] FOIE Lu naiss IBO44 Août... 05258 | MANE tree 24941 Septembre... … 53 © 39 | Avril.........................39 904 Octobre... 10° 83 | MA Catmsarnseesenarrennee 19935 Novembre 25 © 97 IE sere rene tend css sponpas sta 62975 Décembre... 1768 | Moyenne pour l’année. RTE TE TR EPL IEEE crosses 38 © 58 | ; Moyenne pour les 3 mois d'hiver... 15 02 | | Moyenne pour les 8 mois de printemps... 38 © 58 É | Moyenne pour les 3 MOIS d'été uses ss secs sors. 65 © 25 {. | Î Moyenne pour les 3 mois d'automne... ss ss. ss 10©07 | ! | Ces chiffres assurent une température moyenne qui diffère peu de selle | ll de Québec et de Montréal, ainsi que l’alteste le tableau suivant : {| | ; I Témiscamingue Québec Montréal | {| 1845-46 1870-71 1870-71 | | |! Moyenne de l'année... 38 © 58 10 23 4598 EL À Moyenne de l'hiver.…..….......,.15 © 02 1490 1796 | | loyenne du printemp:. 37958 38°8 4595 | | Moyenne de l'été .…....,......,63 © 25 6395 6902 | | | Moyenne de l'automne... 40 © 07 4499 51©0 Re | | | 4 “M, Symmes, explorateur du gouvernement, dit: L'on récolte, avec k [l “ succès les légumes au grand lac Victoria, ainsi qu'au poste de la com- È | 1! # pagnie de la Baie d'Hudson près du lac Abbitibi.” || Ce témoignage est confirmé par M. l'abbé Proulx, dans le 1 | | récit de son voyage à notre extrème-nord, en compagnie de n | | | | |
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Mgr Duhamel, archevêque d'Ottawa, en 1881, et de Mgr Lorrain en 1887, Or, il faut remarquer que le lac Abbhitibi se trouve entre le 49ème et 48ème degré de latitude tandis que la région qu’il s’agit de coloniser est entre le 47ème et le 46ème degré et même plus au sud,
Qu'on écoute bien ce qu'écrit, à la date du 9 juin dernier, cet observateur judicieux.
M. Proulx se trouvait alors au Grand-Lac, c’est-à-dire plus près du 48ème degré que du 47ème degré de latitude, soit au moins 45 lieues plus au franc nord que ne sont situés les établissements en voie de colonisation du curé Labelle sur la Rouge et la Lièvre. .
4“ Avant de quitter les rives de l'Ottawa, dit-il, je me demande : serontelles un jour peuplées par une population qui tirera sa vie des produits du sol ? les champs de blé remplaceront-ils la forêt ? les bateaux à vapeur sillonneront-ils ces beaux lacs, au lieu des canots d'écorce ? Le sifflet de la locomotive se fera.t-il entendre à (ravers ces piaines sans montagnes ? Des villes naïîtront-elles là où on ne voit aujourd'hui que des rassemblements passagers de wigwams ? Et pourquoi pas ?
Le sol est excellent, Sans doute il y a des endroits rocheux, d’autres sablonneux, d'autres marécageux, Nommez-moi au monde le pays de Cocagne où la charrue peut mordre dans chaque pouce de terre ? Au dire de ceux qui habitent ce pays depuis longlemps, les terrains propres à l'agriculture ne manquent pas ; ils comprendraient les deux tiers du territoire, La Bretagne, qui fait vivre six millions d'habitants, serait heureuse qu'on en pt dire autant de ses cinq départements. Pour nous rendre au lac Barrière, sur un espace de vingt lieues de chemin, nous avons traversé six portages, L'ün était de rochers granitiques, un autre de sable stérile, les quatre autres de terre jaune et de terre grise, très friable, riche, sans roche aucune ; et l’on sait que les grèves le long des rapides sont généralement pierreuses. Gette proportion entre les terrains rebelles à la culture et ceux qui y sont propres, par toute la contrée, nous a paru être celle que nous offraient les portages, deux à six, un à trois. Le foin à feuille large et noire a la meilleure mine ; l’avoine est haute de trois pouces : l'année dernière, M. Edwardson, de six minots de patates en a recueilli cent cinquante ; en supposant qu'une telle récolte soit une exception, il faut avouer que bon nombre die nos cullivateurs se contenteraient à moins. Navets, carottes, choux tout est aussi avancé que dans nos paroisses. Depuis le vingt mai que nous sommes entrés dans ce pays nous n'avons pas rencontré une seule gelée, comme il en arrive quelque
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féis tard au printemps : et en fait de chaleur, le soleil de par ici n'en cède pas au soleil de par chez nous, Je ne crois pas que ce climat soit beaucoup en arrière de celui de Montréal. Pour conclure, je suis d'avis que la colonisation s'avancera, petit à petit, de ce côté, et que dans cent ans (et qu'est-ce qu'un siècle dans la vie d'un peuple ?) la race canadienne aura étendu ses rameaux jusque dans cette partie éloignée de ses domaines.
Le Nord, voilà le champ ouvert à l'activité et au développement des Canadiens-Français, Eux seuls aimeront à y vivre. Les populations étrangères, que l'immigration transatiantique vomit tous les ans par milliers sur nos borcs, préfèreront toujours se diriger vers les prairies de l'Ouest, où les premiers travaux de défrichement sont moins pénibles. La vigueur de nos colons ne recule pas devant les arbres de la forêt, le cli. mat leur est salutaire, et leur tempérament est fait à la rigueur de nos hivers. Sachons profiter du mouvement colonisateur qui agile le pays; que le gouvernement ouvre de bonnes vaies de communication, même qu'il ne craigne pas de pousser des lignes de chemin de fer dans les régions de l’intérieur, et avant longtemps, le surplus de notre population aura remonté le cours de toutes les rivières, échelonnant des établisse. ments continus sur les rives du Saint-Maurice, de la Rouge, de la Lièvre et de la Gatineau, Bientôt des colons courageux, après avoir pénétré la chaine des Laurentides, parviendront aux larges plaines qui s'étendent le long de la hauteur des terres, et dérouleront une succession non interrompue de paroisses, depuis la vallée du lac Saint-Jean jusqu'aux rivages lointains du lac Témiscamingue,
Dans ce temps-là, comme le disait, il y a près de quarante ans, un conférencier prophétic=e, la patrie canadienne, restreinte au midi et au sudouest, s'étendra vers le nord, embrassari des espaces plus vastes que ceux qu'elle occupe aujourd'hui, Le nord sera le domaine, la forteresse de notre nationalité. Quelle puissance au monde pourrait anéantir ce peuple homogène, jeune et plein de sêve, défendu par cette position isolée, à l’extrémité d’un continent, position inexpugnable qui fait ressembler le Canada français à une Île, bordée de toutes parts par d'énormes banquises, radoutées de l'ennemi ?"
Et dire qu'il se trouvera des gens capables de pousser l'absurde assez loin pour prétendre que le climat de nos nouvelles colonies n’est pas tolérable, quand une région située à quarante lieues plus au nord possède et le climat et le sol qu'il faut pour se prêter à une active e: florissante exploitation agricole ?
Voilà pour la zone septentrionale de l'Ottawa jusqu’à la hauteur des terres.
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Eh bien! si cette région peut être si favorablement colonisée, que faut-il penser de celle qui est située plus au sud et qui forme la région centrale ou dite des lacs, dont nous nous occuperons un instant ? ‘
On peut affirmer, d’après M. Langelier, que la contrée située immédiatement au sud du 47% 45 de latitude pourrait # être colonisée avec succès et faire vivre une nombreuse “population agricole si elle était reliée par un chemin de fer “ aux grands centres de commerce les plus rapprochés.”
Et plus loin : ‘ l’on peut dire sans crainte d’être démenti t par l'expérience que des 15,000 milles ou 9,600,000 acres de # terrain compris dans cette zone, au moins 10,000 milles ou 4 6,400,000 acres seront établis et cultivés lorsque les terres 4 situées plus au sud auront été toutes livrées à la coloni- # sation.”
Nous voici arrivés à la région méridionale qui est précisément celle qui est l’objet de la présente étude et qu'il s’agit de faire connaitre avec soin et de livrer, en grande partie, à la colonisation,
“ La zone dans laquelle se trouvent ces terres, continue M. Langelier, est bien mieux connue que les deux régions que nous venons d'examiner. Elk comprend toutes les parties habitées et soigneusement explorées de 1: vallée de l'Outaouais, entre le cours de cette rivière, à partir de la décharge du lac Beauchône, et la limite orientale de ce grand bassin, le long de la \ rivière de l’Assomption, et au delà jusqu'au lac Sapin, dans le comté de Berthier. La superficie comprise dans ces limites mesure à peu près 16,000 milles ou 10,240,090 acres carrés. De toute cette étendue, le recensement de 1871 constate qu'à cette époque ?,109,134 acres étaient occupés et 1,041,234 acres améliorés, en sorte qu’il restait 8,130,866 acres à occuper et 9,198,266 acres à améliorer, ou à livrer à la culture. Comme l’étendue moyenne occupée par chaque personne de la population de cette région était de treize acres, les 8,130,866 acres qu'il restait à occuper forment une aire suffisante pour établir encore 625,451 personnes dans cette région. Et ce chiffre n'est pas au dessus de la réalité,”
“ Observons de suite que dans les comtés d'Argenteuil et d'Ottawa, les
terrains qui avoisinent la rivière sont loin d'être aussi avantageux sous le li rapport du sol que ceux qui se trouvent plus loin, dans l’intérieur, c’est-à- li dire qu'ils sont plus accidentés, plus montueux, plus rocheux et moins c fertiles que les terrains situés en arrière et plus au nord. Cela s'explique facilement. C'est dans cette région que la principale chaîne des Lauren- ‘4 tides est traversée ou plutôt coupée par la rivière des Outaouais, et par ré conséquent les terrains les plus rapprochés des bords de cette rivière F ce appartiennent au système laurentien et en ont tous les caractères, tandis re que la région située plus au nord n’est pas atteinte par ces montagnes et ri offre raturellement un sol plus plan et plus fertile.” ce “Tous les explerateurs qui ont parcouru cette région située plus au et nord s'accordent à dire qu’elle constitue sous tous les rapports une des pa plus belles contrèes agricoles de la Province, Elle est accidentée par des ta, collines de peu d'élévation, d’un sol léger mais fertile, et séparées les unes da des autres par des vallées où l’on trouve beaucoup de terrain d’alluvion, en de la glaise, parfois sablonneuse, de la terre franche et de la terre jaune
de la plus grande richesse. Souvent ces terres sont recouvertes de débris végétaux, de terroirs qui forment un sol des plus propices aux exploitations agricoles. Aussi les colons recherchent de préférence les terres de cette espèce surtout dans les vallées des rivières Gatineau et du Lièvre, où il y a des établissements considérables à plus de soixante milles dans l'intérieur. L’excellente qualité du sol compense amplement l'éloigne. ment des grands centres et la difficulté des communications. ”
Après avoir cité les rapports de différents arpenteurs sur quelques cantons de cette contrée, M. Langelier, ajoute :
« Ces citations sont longues et nombreuses; mais nous les mulliplions à dessein, pour établir d’une manière incontestable que la région située immédiatement au nord de la partie actuellement habitée de la rive gauche de l'Outaouais possède en général un sol de première qualité et couvert de forêts dont les bois attestent la Couceur et l'excellence du climat dont jouit ce pays au point de vue agricole. Comme partout ailleurs, il se rencontre dans coite région quelques accidents de terrain, des parties un peu rocheuses, des collines et des terrains bas: mais, en général, c'est un beau pays agricole, aussi avantageux sous ce rapport que les plus belles parties des cantons de l'Est, et la preuve que cette région offre des avan tages incontestables à la colonisation, c'est que presque partout les colons s’empressent de prendre des terres dès que le gouvernement fait ouvrir des chemins pour y donner accès. Enfin, il y a suffisamment d'espace et de bons terrains dans celte région pour former une centaine de belles paroisses, le long de la ligne que nous avons indiquée en commençant l'étude de cette riche et fertile contrée,”
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“# Examinons maintenant la région qui s'étend plus au nord, jusqu'à la limite méridionale de la zone des lacs que nous avons étudiée en deuxième lieu, limite qui s'étend depuis l'embouchure de la décharge du lac Beauchène jusqu'au lac Sapin.
“ Cette région n’a été bien explorée que dans sa partie centrale, c’est-à-
‘dire dans les limites du comté d'Ollawa; mais s’il faut en juger par les résultats de cette exploration partielle, on peut dire sans crainte qu'elle constitue uns des plus belles parties de la valléo de l'Outaouais, Sion retranche, à l'extrémité nord-est, l’espace occupée par les hauteurs où la rivière Rouge et ses affluents du nord-est ont leurs sources, le reste de cette région peut être représenté en général comme un bon pays agricole et susceptible d'une exploitation facile et lucrative. L'étendue traversée par la rivière Rouge est moins bonne, mais possède néanmoins des avan. tages incontestables, ainsi que le constatent MM. L. Russell et H, Leber, dans leur rapport sur l'exploration de cette contrée. Voici ce qu'ils disent en terminant :
“ Si les terrains sont propres à la colonisation, on ne doit cependant pas compren(re que je veuille les comparer aux terres si unies et si fertiles qui bordent le Saint-Laurent, dans la province de Québec ou dans Ontario. Cependant, les connaissances, que j'ai acquises par une longue suite d'années passées à explorer ces cantons dans toutes les directions, me justifient de dire que cette partie du pays renferme les meilleures terres de la Couronne qui soient offertes à la colonisation sur le côté nord de l'Outaouais, au-dessus de Grenville.”'
On admettra que cette description est loin d'indiquer un pays stérile, Pourtant, la contrée ainsi décrite par MM, Russell et Leber est la partie la moins avantageuse de: la région que nous étudions.
La vallée de la rivière du Lièvre, plus à l’ouest, renferme de bien plus beaux terrains, s’il faut en juger par les rapports des explorateurs qui l'ont parcourue, M. John Bignell, homme des plus compétents, en parle dans les termes suivants:
“ Depuis Cheval Blanc jusqu'aux Fourches (de la rivière du Lièvre), le terrein, dans le voisinage de la rivière, est plan et le sol généralement bon ; on rencontre plusieurs terres là où le grain et le fourrage sont récoltés pour alimenter les chantiers. Les bords de la rivière sont bas et le courant est assez fort, brisé çà et là par des rapides. Les bois sont l'épinette, le pin, le sapin, le merisier, l’orme, le cèdre et le frêne.”
Ces essences, notamment l'orme, indiquent un excellent sol et leur existence simultanée atteste que dans cette région la vallée de la rivière du Lièvre offre à la colonisation un champ d'opérations très avantageux.
La vallée de la rivière Gatineau, plus au couchant, est encore plus riche. Les cantons Aumond, Kensington, Maniwaki, Egan et Lyl{on renferment
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&es lerrains de première qualilé sous tous les rapports et sont déjà en partie établis, bien qu'ils soient éloignés et situés à plus de soixante et quinze milles au nord de le ville d'Ottawa,
‘“ À ces renseignements, nous pouvons ajouter ceux que ‘nous fournit le recensement de 1871 sur les produits agricoles des cantons Bouchette, Cameron et Kensington, qui se trouvent dans la région qui nous occupe en ce moment. Nous condensons ces renseignements dans le tableau suivant :
Bouchette. Cameron. Kensington.
Acres en CUILTUTB see sovove soosoese 2,117 1,493 3,314 Blé récolté, minots......... 887 502 2,220 Dada le en es dsces te Due 112 317 AVOÏINEB ee sonvus vovese POS SNS ANT Tes 6,557 5,284 23,511 BOiglB sn sésse ess ocena vins rscses UT :202 28 45 PR It Let diet 947 969 1,617 RÉVAS S S se 8 7 36 S@TTASIN oc so cvos rose von enr te 102 , 954 221 MALE SN TU in Nas À CAN RS opus sun ve 58 3 104 Pommes de terre... 9,26) 4,441 16,138 NAYOS sion verse ee cevnes sacs JS 08D 300 2,652 RAGINO8:2 08 riens dusvse rire ese Le 856 Fe 211 Tonneaux£de foin... 565 416 1,183
C'est-à-dire que dans ces trois cantons, les 4,543 acres de terrain, ensemencés er orains et plantes racineuses, ont produit 81,671 minots de grains et racines, ou une moyenne d'environ 18 minots à l'acre, el que les 2,381 acres cultivés en foin ont produit 2,164 tonneaux de .oin, ou un peu moins d’un tonneau à l'acre, C'est plus que n'accuse le recensement pour certaines parties de la vallée du Richelieu, qui passe pour être la contrée la plus fertile et la mieux cultivée de toute la province. Cela prouve beaucoup en faveur de la vallée intérieure de l'Outaouais et montre clairement que cette vallée offre à la colonisation et au défrichement un des champs les plus vastes et les plus avantageux.
Nous n'avons pas de données bien précises sur la nature des terrains situés dans le comté de Pontiac et dans la même zone que celle que nous étudions; mais, comme ïüls appartiennent aux mêmes formations géologiques et sont couverts des mêmes bois, nous devons naturellement en conclure qu'ils sont d'aussi bonne qualité, sans compter que le climat est plus doux et plus favorable aux opérations agricoles. Le blé-d'inde, qui ne mûrit que très diflicilement dans les environs de Québec et ne mürit pas du tout plus loin, atteint sa maturité complète dans toute la partie du comté de Pontiac que nous étudions, même dans la vallée du cours supérieur de la rivière Noire, D'ailleurs, on sait que le climat
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s'améliore sensiblement à mesure qu’on avance vers l’ouest, ot celui de la partie inférieure du comté de Pontiac bénéficie de cette loi de la nature, Le sol est bon, le climat est bon aussi, ét ce qui manque à cette région lointaine pour attirer la colonisation et développer ses immenses ressources, ce sont les moyens de communication rapide, régulière et peu dispendieuse, Qu'on construise un chemin de fer pour relier ce pays | éloigné aux grands centres de commerce et il se couvrira d’établisse.
ments prospères et florissants. be) À
Enfin conclut M. Langelier:
«Il ne nous reste plus qu'à résumer tout ce que nous venons de dire | sur cette immense région de l'Outaouais. En analysant les faits et les | renseignements que nous avons puisés aux meilleures sources, nous | trouvons : | “10 Que dans la province de Québec, le territoire formé par le bassin | de l'Outaouais renferme une étendue de 39,948.53 milles, ou 25,567,060 | acres carrés ; | “ 2a De ces 25,667,060 acres de terrain, 2,109,134 acres étaient occu- | æés et 1,041,234 acres étaient améliorés ou en état de culture en 1871, en | sorte qu’à cette époque il restait encore 23,457,926 acres à occuper et 24,525,826 acres à mettre en culture; | “ 30 Aux différents points de vue des facilités d'accès, de la qualité du | sol et du climat, ce territoire se divise naturellement en trois zones dis- | inctes: la zone septentrionale, la zone des lacs ou zone centrale et la |
zone méridionale.
“4o La zone septentrionale, comprise entre la limite occidentale de la province, au nord du lac Témiscamingue, la ‘ hauteur des Lerres,'” une ugne tirée du nord au sud jusqu'au lac Eshwaham, et au sud une autre ligne tirée de ce dernier point à la décharge du lac Des-Quiuze, renferme une aire de 8,948 milles, ou 5,727,060 acres cerrés. A raison de son éloignement, de la qualité inférieure de son sol en beaucoup d'endroits, | 4 et de son climat un peu froid et humide, de l'absence à peu près com- . plète des bois de commerce, cette zone n’est pas susceptible d’établissement dans toute son étendue et n'offre qu'environ un million d'acres de terrain susceptible de colonisation, c'est-à-dire de quoi établir une population d'environ 20,000 âmes qui devra surtout compter sur les pâturages et l'élevage du bétail pour pourvoir à sa subsistance;
“ 50 La zone des lacs, située immédiatenfènt au sud de la précédente
4 et bornée au midi par-une ligne tirée du confluent de la décharge du lac Beauchène, dans l'Outaouais, au lac Sapin, dans le comté de Berthier, puis à l'est et au nord-est par une ligne partant du lac Sapin, passant par le lac Menjobagoos et se prolongeant vers le nord-ouest jusqu'à la
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. hauteur des terres, à mi-distance entre les sources de la rivière Gatineau
et celles du Scint-Maurice, renferme une aire de 15,000 milles, ou 9,600, 000 acres carrés, dont les deux tiers, ou 6,400,000 acres, peuvent être établis et cultivés avec succès, Cette zone renferme tous les plus grands lacs du bassin de l'Outaouais et elle est traversée du nord au sud par
tous les grands afluents de cette rivière, C'est là en grande partie que ‘
s’alimente le commerce de l’industrie forestière, qui offre tant d'avantages aux colons, Le climat de cette zone est assez chaud pour faire mürir tous les grains qui sont cullivés dans la vallée du Saint-Laurent, Les meilleurs terrains se trouvent, au centre, dans la vallée de la rivière Gatineau, et les plus mauvais au nord-est, La qualité du sol varie; mais il est généralement bon, un peu sablonneux, rocheux en beaucoup d’endroits, et la surface du terrain est accidentée, formée par des collines qui alternent avec des bas-fonds qui seront cultivables, lorsqu'ils seront égouttés. Les 6,400,000 acres de terre arable que renferme cetle zone peuvent supporter une population de 200,000 âmes, et les chantiers qui s’y feront pendant longtemps constituent une grande source de richesse pour les colons ; car les forêts de pins, d’épinettes et certains autres bois d'exportation qui se trouvent dans cette région sont presque inépuisables ;
“ 60 La zone méridionale,—située plus au sud et formant la partie inférieure du bassin de l'Outaouais, —a une superficie de 16,000 milles, ou 10,240,000 acres carrés, dont ?,109,134 acres étaient occupés et 1,041,234 acres étaient en culture en 1871, ce qui laissait 8,130,866 acrez à occuper et 9,198,766 acres à livrer à la culture. Cette zone, notamment dans le centre, c'est-à-dire dans toulo l'étendue du comté d'Ottawa, possède un sol de qualité supérieure et jouit d’un climat très favorable aux opérations agricoles. Elle est bion égouttée par un grand nombre de lacs et de rivières, plus rapprochée que les autres zones des grands centres de commerce, renferme des terrains comparativement plans, principalement dans l’intérieur, et renferme des mines de fer et de phosphate de chaux d’une grande richesse. Les terrains Les plus rocheux, les plus accidentés et les moins fertiles se rencontrent dans les parties déjà habitées, immédiatement en arrière des seignenrios et des anciens établissements, depuis Grenville jusqu’en arrière de Hull. Les 8,130,866 acres
‘qui restaient à occuper dans celte zone en 1871 peuvent faire vivre dans
l’aisance et le confort une population d'au moins 325,000 âmes, en supposant une moyenne de vingt-six acres par personne, au lieu de treize acres, chiffre qui représente l'étendue occupée par chaque colon dans les établissements actuels;
« To En résumant tous ces chiffres, on constate que le bassin de l'Outaouais renferme encore, en sus de celles qui sent déjà occupées et exploitées par l’industrie agricole, 15,530,866 acres de terres susceptibles
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‘“ Tel est l'avenir réservé à la colonisation dans le bassin de l'Outaouais, qui est déjà une des parties les plus populeuses, les plus riches et les plus florissantes de la province, et qui le sera bien davantage quand l'œuvre féconde et patriotique de la colonisation aura transformé ces solitudes en un riche pays agricole.” ;
A tous ces témoignages déjà peut-être trop longuement cités nous pouvons ajouter ceux de MM. Beaubien et Benoit, sur le territoire de la Rouge et de la Lièvre, du Rév. P. Gendreau, président de la société de colonisation d'Ottawa, et du P, Paradis sur celui du Témiscamingue, qui ne font que confirmer les notions générales que nous venons de développer et qui prouvent au delà de tout doute que la région méridionale de la vallée de l’Ottawa possède encore une étendue immense de terres fertiles et bien boisées, essentiellement propres à la culture, favorisée autant par son climat sain et tempéré que par ses ressources naturelles, pour le commerce, Findustrie et surtout l’agriculture.
Voici, par exemple, ce que dit M. P.B. Benoit sur le bassin de la Lièvre : ‘
‘“ La qualité du sol est très varienis. Le long des rivières, sur une profondeur qui varie d’un arpent à une dizaine d’arpents el peut-être dfantage, c'est de la glaise bleue sur la rivière Kiamika et de la glaise mêlée de sable sur la Lièvre. Sur les hauteurs, de la terre jaune et de la terre noire, de la terre de montagne. Les abords des rivières sont inondés quelquefois le printemps, mais l’eau se retire assez vile, excepté dans quelques merécages, pour le pacage et les prairies. Lors de mon premier voyage j? suis arrivé à la Ferme Rouge au commencement de juin, et les bœufs de chantier de M. McLaren étaient à l'herbe depuis quelque temps dans d'immcases pâturages, dans le bois où jamais un coup de hache n'a été donné. Chaque colon peut, en général, avoir l’extrémité de son lot sur les rivières, en terre de même nature.
“ Le long des rivières, on ne voit que l’aune, l’orme, le frêne, le noyer tendre et quelquefois la plaine. Dès que le sol s'élève, outre les bois ci-dessus qui diminuent en nombre, on trouve un peu d'’épinette, le mexisier et surtout lo sapin.
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4“ Je vous avoue que la vue du sapin m'a causé une certaine appréhension relativement à la valeur du sol. Cependant il n'indique ici que de la terre glaiseuse. Il faut se rappeler que la région du lac Sairt-Jean est couverte de sapins et cependont ces sapins abritent une terre grise, de deux ou trois pieds de profondeur, préférable même au sol si vanté de Manitoba.”
Ce que nous avons dit de la Gatineau est suffisant pour faire voir que c'est sur le cours supérieur de cette magnifque et grandiose rivière que sont les plus beaux cantons du Nord. L'arpenteur McArthur dit :
“ Dans aucune autre partie de la région de l'Outaouais il y a une étendue de terre réellement bonne et fertile aussi grande que celle qui se trouve dans les cantons Maniwaki, Egan, Aumond, Sicotte et Lytton.”
Un mot sur la région du Témiscamingue, emprunté au Rév. P. Paradis, qui a visité minutieusement ce pays :
“ Sol d’une richesse sans égale dans toute la vallée de l'Otiawa. Terre ‘ grise, noire et jaune ; pas une seule pierre sur des étendues de vingt à “ trente milles carrés. Des étendues semblables ne sont que des prairies “ dénuées de bois et faciles à égoutter, ou bien encore de vastes brûlés où “ les arbres sont déracinés et jetés à la renverse; chose remarquable, en ‘“ très peu d’endroits la terre paraît avoir souffert des ardeurs de l’incen- “ die; l’humus y est parfaitement intact et d’une profondeur dépassant “ partout six à huit pouces ; cetie riche couche de terre noire repose tou- “ jours sur une terre grise profonde très friable et douée elle-môme d'une ‘“ grande fertilité... Le fait est que la terre y est de première qualité, « arrosée, çà et là, par de jolis petits ruisseaux, et exposée en pente douce ‘ au soleil du midi.” :
, Et M. L, O. Armstrong, agent de la Gie du Pacifique qui a visité souvent le Nord-Ouest, n’est pas moins positif à faire l'éloge de cette contrée : ‘ Je n’ai rien vu, disait-il, au Nord- ‘ Ouest de plus beau que ce sol, c’est une terre à blé et à “ pois des plus belles.”
Au tour maintenant du Père Gendreau qui est l’âme de colonisation du lac Témiscamingue. Voici ce qu’il écr le 17 juillet 1885 :—
“ [l n’y a donc plus rien qui s'oppose au succès de notre société di
colonisation, Nous avons : 1° un sol très fertile et comparable aux prairies du Nord-Ouest ; 2° terre facile à défricher. M. Larouche, de Ghicoutimi,
arrWvé à Témiscamingue le 4 juin dernier, a eu le temps de défricher, sans laisser une souche, 6 ucres de terre et ensemancer 10 minots de grains ; 80 climat favorable, Nous ne remarquons pas de différence notable entre Ottawa et Témiscamingue. Le 6 juillet, nous avions des bleuets nûrs et des patates nouvelles bonnes à manger ; 4° communication facile et économique ; 5° marché excellent pour la vente de nos produits. Les nombreux chantiers de bois, qui se fent à quelques milles en arrière, offrent aux colons un excellent marché pour ses produits et un travail rémunerateur pendant la saison de l'hiver.”
Et le douze août 1887 il nous écrivait à nous-mème :
“ Avec plaisir je vous donnerai toute information concernant Témiscamingue dans l'espérance que votre brochure fera connaître ce pays si plein d'avenir. Dans toute la Province de Québer, js ne crois pas qu’il y ait de place plus avantageuse pour la colonisatior. que le Témiscamingue, à cause de la qualité du sol, de la facilité du défrichement et des moyens faciles de communication.” ,
En voilà assez, croyons-nous, pour fixer tout le monde sur la richesse agricole de la vallée de l’Ottawa. Veut-on savoir ce que valent ses ressources forestières, ce qu’elles donnent annuellement de revenus au trésor de la Province ? En voici un tableau compilé depuis 1875 jusqu’à 1886:
RECETTES DE LA PROVINCE PROVENANT DU DÉPARTEMEMT DES TERRES DE LA \ COURONNE :
Montant total perçu en 1875 $532,734.87 sur lequel le territoire d'Ottawa fournit $349,272.70 ‘ ue 1876 386,774:18 261,939.17 1877 39r,618.8s 254,609.26
Il est facile de voir que le territoire de l’Ottawa a fourni
à la Province beaucoup plus que les deux tiers de tous ses revel 3 provenant du louage de ses terrains forestiers.